Puerto Natales est le point de départ pour les randonnées autour du Torres del Paine, l’un des sites les plus célèbres en Amérique du sud pour le trek. Sa principale attraction, 3 tours qui surplombent le massif montagneux, faites de granites avec des parois abruptes. Bien que d’une altitude raisonnable autour de 2,500m, peu peuvent prétendre en avoir fait l’ascension du fait de vents violents et un temps souvent peu clément. Nous arrivons de El Calafate en milieu de journée et nous dirigeons rapidement vers l’auberge Nancy qui va nous accueillir le temps de finaliser notre préparation avant de repartir en trek, cette fois pour 5 jours. Yep, 5 jours de bivouac, jamais j’aurais crut que je m’embarquerai dans une telle entreprise!
L’auberge est un régal d’accueil, toute la famille de Nancy y met du sien, Victor le cadet à la location d’équipement, Andrea qui gère l’agence de voyage, et Guillermo qui tient l’extension de l’auberge qui offre des dortoirs. Le courant passe rapidement et les deux jours que nous y passerons seront très agréables. Session d’information histoire de se mettre dans le bain, et nous voilà en quête des dernières choses qui nous manquent avant le grand départ. Après une journée libre histoire de se dégourdir les jambes, nous nous élançons finalement. 4h de voyage en bus et bateau pour rejoindre le point de départ de la randonnées et nous voilà en position. Le premier jour sera probablement l’un des plus beaux puisqu’après 3h de marche, nous verrons apparaître au fond de la vallée le glacier Grey. Même après le Perito Moreno, les sensations sont incroyables. Le tout couronné d’un bon vent de 100km/h. Nous pourrons l’admirer de très prêt, à peine 50m, et n’en finiront pas de le contempler jusqu’à l’extinction de la lumière. Coucher de soleil superbe sur une glace alliant toutes les teintes possibles et imaginables de bleu. Petite parenthèse pour ceux qui se demandent d’où vient cette magnifique couleur et ses différents tons. La glace telle que nous la connaissons, surtout dans le congélateur, a tendance à prendre la couleur blanche du fait de l’air pris à l’intérieur. C’est également le cas des glaciers à leur surface. À mesure que la neige s’accumule et durcit, elle compresse par son poids la glace du dessous, et en chasse progressivement l’air. Et une glace avec une faible teneur en air… prend la couleur bleu. Ce qui explique que plus on va profond dans la calotte de glace, plus elle devient bleue foncé (héhé, forcément!).
Lendemain, direction vallée des Français à environ 20km de marche. Nous rejoignons le campement Britanico et prenons le lendemain matin la route sans les sacs (pas désagréable) pour nous enfoncer dans la vallée et admirer le cirque des montagnes et glaciers alentours. Le sentiment d’être envahit par le grandiose de la nature est total. Petit moment de contemplation et nous attaquons la descente, récupérons nos sacs et continuons la route jusqu’au prochain refuge, quelques 15 km plus loin. Nuit sous les constellations d’étoiles, et nous repartons le 4e jour pour la partie finale de la randonnée et la découverte des fameuses tours. Arrivée au campement sans encombres, le soleil est de la partie et la marche se fait facilement d’autant que les sacs sont presque vides de nourriture. J’attendrai le lendemain matin pour découvrir ces montagnes aux formes inattendues, à mesure que le soleil se lève. Pas un nuage. Petite déception tout de même, nous n’aurons pas droit aux couleurs rouge orange se reflétant sur les tours comme sur les cartes postales. La photo ci-contre est en fait un généreux don de Raphaël qui restera une nuit de plus et y aura droit le matin suivant (aucune justice!). Mais même sans la lumière le tout est magnifique (et froid!) et aura valut les 4 jours que ça nous a pris pour les voir, et la dernière nuit ou le thermomètre est quand même descendu à -5.
Après la vue des tours, temps de plier bagage et de se remettre en route pour Puerto Natales que nous rejoignons en milieu d’après midi. La première bière et le repas du soir sont un véritable soulagement, l’ambiance est joyeuse autour de la table dans notre charmante auberge. Guillermo se joint à nous et nous festoyons gaiement – pas trop tard quand même, on est bien claqués et les feux s’éteignent peu avant minuit. Nous aurons couvert en 5 jours de marche un peu plus de 100km, pas si difficile du fait de conditions climatiques clémentes.Le lendemain, journée libre pour nous remettre de nos émotions, et le suivant notre petite troupe se met en route pour Punta Arenas, point le plus au sud de mon voyage au bord du détroit de Magellan, d’où nous allons nous séparer. Je rentrerai le lundi matin à Puerto Natales afin d’embarquer sur le ferry qui me ramènera à Puerto Montt et marquera un virage important de mon voyage puisque pour la première fois en presque 6 mois, je ferai route vers le Nord. De là il me restera un peu plus d’un mois avant ma remontée finale vers Quito en Equateur d’ou je m’envole le 6 mai. Le programme reste encore à finaliser, les 4 jours de traversée au milieu des fjords de Patagonie me laissent largement le temps d’y penser…

















