Rurrenabaque – virée dans la pampa

Rurrenabaque

Virée dans la pampa

En route donc pour Rurrenabaque. Petite bourgade à la frontière de la forêt amazonienne et point de départ des balades dans la jungle et la pampa. Avant de rentrer dans le vif du sujet, petite parenthèse sur le transport de La Paz à Rurrenabaque – problématique intéressante. Située seulement à quelques 300km à vol d’oiseau, on pourrait penser que s’y rendre est un jeu d’enfant – erreur. 3 alternatives. Avion, décollant de La Paz et allant en un peu moins de 50mn à Rurrenabaque. Seul léger problème, décollage non-garanti parce qu’atterrissage aléatoire. Forcément une piste d’atterrissage en terre en pleine saison des pluies, c’est moins fiable. Bref l’avion va vite, mais pas sur qu’y va tout court… ni ne revient d’ailleurs, la piste d’atterrissage devenant logiquement la piste de décollage au moment du retour.

Route de Rurrenabaque

La route

Autre possibilité, les transports routiers. Avant de rentrer dans les détails logistiques, autre petite mise en contexte. Prenez une petite route de montagne – enlevez l’asphalte et pendant que vous y êtes les rambardes de sécurité. Sur ce, assurez-vous d’affuter de bons ravins de 500m de profondeur et plus, avec de préférence quelques glissements de terrain par ci par là. Prenez maintenant un tronçon de 450km, mettez-y une bonne cinquantaine de camions, une vingtaine de bus et une centaine de voitures. Pour finir, prenez une bonne poignée de poussière, arrosez de quelques bons seaux d’eau, secouez fort et vous avez la route! Sympa, non?

Sur la route de Rurrenabaque

En chemin...

Le choix du véhicule… Le bus met environ… 20h. C’est sans prendre en compte bien sur les accidents et pannes, les routes boueuses et autres incidents possibles (et probables). J’avancerai donc qu’un 20h est probablement optimiste – quand le bus arrive tout court. Et finalement la Jeep, nettement plus rapide puisque la route se fait en 10h. Autre bon côté, peu importe les conditions nous sommes à peu près surs d’arriver (en un morceau il va sans dire). Je sais, pas facile comme choix… Avec Yaël, une française rencontrée pendant une session de résolution du dit dilemme, nous décidons d’opter pour cette dernière option. Et nous nous mettons en chasse de 4 autres personnes pour se joindre à nous. 2 jours plus tard, nous voici en route la fleur au fusil avec comme compagnie un couple d’Australiens, un Anglais et une Américaine.

Arrivée à Beni

Aux alentours de Rurrenabaque

La Jeep était probablement le meilleur choix possible. Il n’empêche que 10h à se taper les chemins de terre pourris de la Bolivie, ça claque son homme (ou sa femme d’ailleurs). Bref après nombre de secousses dans à peu près toutes les directions, quelques glissements de terrains, et glissements tout court, trois péages (vu l’état de la route, un peu dur à comprendre), nous voici arrivés (morts de fatigue) dans cette petite bourgade sympathique (et minuscule) de Rurrenabaque.

Du bateau...

Du bateau...

Après une nuit bien méritée et un petit déjeuner express de 1h pour 2 œufs au plat (l’efficience est fonction de la température – et il fait chaud!), nous nous mettons en route le lendemain matin – d’abord en Jeep pendant 3 heures (un vrai dépaysement), puis en bateau pour un deux heures supplémentaire: notre premier contact avec la pampa. Nous découvrons nos premiers caïmans, oiseaux en tous genres, tortues et autres créatures rampantes ou émergeantes à la surface de l’eau. Je ne cesserai de m’émerveiller devant la grâce des oiseaux et surtout des hérons qui nous offrirons à chaque envol un superbe spectacle, flottant au ras de l’eau et s’élevant dans le ciel en de lents et fiers mouvements. Le temps est superbe, les appareils photo s’emballent, une belle entrée en matière. Nous arrivons au camp de base en milieu d’après midi, et découvrons notre palace des deux prochains jours.

Casimir

Casimir

Quelques baraques de contreplaqué, le tout badigeonné de moustiquaires en tous genres et toutes couleurs, nous tendent les bras. Le caïman local, Casimir, nous souhaite la bienvenue de dessous la cuisine. Le pauvre pourrait s’offrir un bon dentier, ça lui donnerait du mordant. Mais il est très sympathique et apparemment n’a aucune intention de nouveau dévorer (pas sur qu’il ait les dents de toutes façons), nous sommes donc rapidement en confiance. Pour le reste quelques hamacs et des douches… Douches qui sont bien sur alimentées par… la rivière. Intéressant puisque malgré le marron de la rivière, l’eau de la douche a presque l’air transparente (juste un air ceci dit). Le bon côté d’avoir une alimentation illimitée est que le volume et la pression sont assez agréables, et la température (ambiante) est bienvenue. La douche permet de faire connaissance avec grenouilles et bestioles errantes, particulièrement sur les murs et plafonds, et les quelques (nombreux) moustiques profitant de l’humidité ambiante. Un vrai plaisir, rendu possible seulement par une transpiration constante et abondante permettant d’apprécier une douche autrement plus que douteuse. Incroyable comme les circonstances peuvent littéralement transformer attentes et tolérance!

Le soir, nous survivons in extrémis à une attaque en règle de moustiques. Nous nous mettons à l’abri derrière nos moustiquaires, faisons une extermination des moustiques ayant osé s’aventurer sur notre territoire protégé, et prenons un malin plaisir à allumer nos lampes de poches. Le bruit de ces charmantes bestioles qui viennent frapper les murs tout autour ou tout simplement caresser la moustiquaire nous fait frémir de plaisir. Après 10mn, les plus téméraires arrivent finalement à se faufiler on ne sait comment, le jeu devient donc tout à coup moins drôle. Temps d’éteindre les feux sur cette première journée dans le « wild ».

En quête de l'anaconda

En quête de l'anaconda

Lendemain matin, l’excitation du groupe est à son comble, l’esprit d’aventure nous submergeant. Nous voici donc embarqués en bateau et après 1 heure à admirer les fauves locaux se réveiller, nous sommes arrivés. Ou, pas certain. Nous nous mettons donc en route à pied cette fois-ci dans un champ qui s’étire à perte de vue. Les herbes hautes rendent la progression difficile, le soleil nous brûle la nuque et nous pouvons rapidement nager dans nos vêtements. Un vrai bonheur! Au bout d’une demi-heure, nous faisons une pause histoire de reprendre notre souffle et l’idée nous vient soudain de demander au guide l’objet de ce supplice de transpiration et de fatigue. Pour apprendre que nous avons encore un bon 30mn de marche pour possiblement éventuellement voir un anaconda, si bien sur nous avons de la chance. Ignorants que nous sommes, personne ne sait vraiment à quoi ressemble cette créature mystérieuse, et nous décidons de garder la surprise pour l’arrivée. Après un autre 30mn de supplice, nous arrivons à un petit groupe d’arbre (l’ombre est la bienvenue) et voyons notre guide se mettre en chasse du fameux animal. Pour revenir 15mn plus tard avec le fameux anaconda… OK, si je suis critique, je dirai qu’on s’est tapé tout ça pour un @#$%#$ de serpent quelconque, qui ne nous a rien demandé et surtout pas qu’on vienne le déranger en plein milieu de sa sieste. Bref on se remet rapidement en route pour le retour, la mine un peu morne et le moral dans les chaussettes de devoir se retaper ce maudit champ sous un soleil de plomb…

Sunset bar

Sunset bar

Retour au camp de base pour reprendre notre souffle, manger et faire une sieste avant l’autre activité phare de la journée, la pêche au Piranha. Excitant, non?! Entre temps petite pause dans un hamac histoire de faire une sieste, avec réveil par la pluie donnant son nom à la forêt (rain forest) – un véritable déluge. Et nous voici repartis en bateau (après avoir écopé toute la flotte qui s’est abattue sur l’embarcation) pour la fameuse pêche aux carnivores. Les appâts, comme de juste, sont de petits morceaux de steak enfilés sur nos hameçons de fortune. Durée de vie de l’appât une fois entré en contact avec l’eau – environ 10 sec. Après nombre de tentatives et quelques centaines de grammes de viande, notre guide va finalement attraper l’une des sales bestioles qui se gavent de nos appâts depuis une heure – au moins 10cm de long! Pas étonnant qu’on n’arrive pas à en prendre, vu que notre hameçon fait un bon 2 cm. Mais tout de même très écologique. La deuxième partie de la journée est donc aussi passionnante que la première, et le groupe cache littéralement sa joie. Quelques piqures de moustiques plus loin, nous voici de retour au camp pour conclure cette incroyable journée d’aventures d’une bonne bière (fraiche! – un luxe qu’on n’apprécie pas pleinement avant d’être au milieu de la jungle, croyez moi).

Héron

Farewell du héron

Dernier jour, avant de nous remettre en route pour la civilisation, nous reprenons le bateau (vous aurez comprit qu’il s’agit du principal moyen de locomotion sur place) pour cette fois-ci aller nager avec les dauphins roses (je sais, inconnu au bataillon avant). Le bon côté de la chose est que ces derniers attaquent les caïmans, nager avec eux est donc une bonne garantie de survie. Après avoir scanné les berges en quêtes de museaux dentés errants malgré la présence de nos amis dauphins, nous nous glissons donc dans l’eau d’un marron trouble (probablement mieux de ne pas voir ce qui se passe en dessous…). Après quelques minutes à profiter de l’eau tiède et des délicieuses (quoi que douteuses) sensations que procure la boue sur laquelle reposent nos pieds, nous sentons tout à coup des assauts rapides et saccadés s’apparentant à de mini-morsures. Là, panique, les filles se mettent à crier, on est certain que les piranhas auront raison de notre peau. Notre guide explose de rire et nous rassure que ce ne sont que de petites sardines. Des sardines en pleine pampa – yeah right. Mais on s’habitue finalement à ces petites chatouilles anonymes. Les dauphins quant à eux ne se laissent pas beaucoup admirer – grande déception de ne pas les voir sauter et faire des galipettes comme dans « Seaworld ». C’est le problème des animaux sauvages, ils manquent clairement de discipline…

Finalement nous nous lancerons sur le long chemin du retour, 2 heures de bateaux, 3 heures de Jeep jusqu’à Rurrenabaque, et un bon 11h de Jeep jusqu’à La Paz. Que du bonheur. De là, nos deux amis Australiens décident de rester quelques jours sur place pour tenter de survivre à la route la plus dangereuse du monde, l’Américaine et l’Anglais se met en route pour le Pérou, et Yaël et moi prenons la route pour les déserts de sel dans le sud ouest de la Bolivie.

Toute une aventure! Et côté animaux, on s’est fait plaisir – les photos en témoignent.

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Lac Titikaka – version péruvienne

Iles de Ouros

Arrivée à Puno après quelques heures dans le bus avec un panorama absolument incroyable. Un désert de steppes parsemé ici et là de lacs – et surprise, des flamants roses! Puno est le dernier point de passage péruvien avant la frontière bolivienne, au bord du lac Titikaka, supposément le plus haut lac navigable au monde (quand même 3,800m). Et je confirme, il est gigantesque (plus de 200km de long), et l’altitude se fait sentir! A tel point que je passerai les 4 jours suivants à dormir, des suites probablement de la fatigue accumulée et de l’altitude. Je trouve quand même la force de suivre mes nouveaux amis néo-zélandais et faire une excursion des îles avoisinantes le lendemain de mon arrivée.

Circulation sur le lac

Circulation sur le lac

Nous nous mettons en route à 7h dans un petit coucou flottant, essentiellement une coque de bois et un moteur, et c’est partit! Après 10mn, le pilote pique du nez, d’où l’importance du copilote qui s’empresse de le réveiller après s’être aperçu du léger changement de direction (à peine 90 degrés). Bref après quelques 30mn, nous arrivons à la première île – Ouros.

Ile de Pachamama

Ile de Pachamama

Habitée depuis des centaines d’années par une poignée de familles venues initialement de la jungle et cherchant à se protéger des autres civilisations pas toujours très amicales, elles ont élues domicile littéralement SUR le lac. Oui, ce sont des îles flottantes reposant sur un lit d’herbes dont la propriété naturelle permet en quantité suffisante d’assurer une flottaison relativement confortable. Le processus de fabrication de ces îles reste cependant assez obscur malgré les explications animées du chef de village, mais le résultat est assez impressionnant puisque chaque île dure en moyenne 60-70 ans. Une fois que l’île perd ses propriétés flottantes, les habitants en construisent tout simplement une autre. Autre fait assez intéressant, il est même possible de DEPLACER les îles! Je serai déçu de ne pas avoir une démonstration de ce dernier fait, mais ça reste quand même très chouette. Donc Ouros est un tas de petites îles avec sur chacune de 6 à 10 familles, un vrai petit village flottant.

Ourosienne...

Ourosienne...

Cela pose quand même des questions sur l’impact du tourisme dans de tels endroits, tourisme qui certainement dégrade les îles et leur flottaison, et quelque part dénature la culture locale et les traditions. Toutes les familles que nous avons vu passent apparemment le plus clair de leur temps à fabriquer de l’artisanat qu’ils vendent par la suite aux touristes qu’ils voient défiler toute la journée. Le tourisme semble être devenu la principale occupation de ces gens, qui certainement vivent mieux depuis mais sont plus devenus des objets du tourisme qu’autre chose… D’un autre côté, est ce que ces îles existeraient toujours sans l’intérêt et les sources de revenus du tourisme?

Ile de Taquile

Ile de Taquile

Nous nous remettons en route dans notre rafiot poussif et 4h plus tard arrivons à l’île de Taquile, au milieu du lac, nous permettant enfin d’apprécier son immensité (je confirme : il est grand!). Là petite balade dans les hauteurs de l’île pour rejoindre la place principale du village ou nous aurons droit à une délicieuse truite locale. L’île en tant que telle est superbe, cultivée sur ses flancs, les habitants sont très sympathiques et leurs habits sont magnifiques de couleurs et de traditions. Les photos sont assez explicites – voir l’album.

Retour sur Puno

Retour sur Puno

Et retour – laborieux – sur Puno. J’agonise dans le fond de mon fauteuil, rêvant juste de me retrouver au lit alors que nous prenons un bon 5h pour rentrer, incluant une pause de 1h histoire de réparer le moteur (forcément). Belle sortie tout de même, avec des paysages splendides sur le retour, mélange de soleil et d’orage qui laisse rêveur.

Le reste du temps à Puno sera repos forcé avant de me remettre en route pour la Bolivie, troisième étape de mon trip. Selon ce que tout le monde me raconte, il semblerait que la véritable aventure commence à partir de là – j’ai en tous cas l’intention d’y passer un bon mois – mois et demi, et d’en profiter pour faire de la jungle, les déserts de sel et une randonnée à cheval de quelques jours. Pour le reste, nous verrons au fur et à mesure! Prochaine étape donc, Copacabana, petit village au bord du lac côté bolivien qui parait-il vaut absolument le détour et point de départ pour l’île du soleil, berceau de la civilisation Inca. A suivre!

Taquiliens

Taquiliens

Petit parenthèse avant de conclure ce post, pour parler rapidement des Péruviens qui sont absolument ADORABLES, d’une gentillesse et d’un dévouement à toute épreuve. Un peuple fier (à juste titre!) de son histoire et son patrimoine culturel, très accueillant et souriant. Bref un vrai plaisir de les côtoyer et définitivement une part importante de l’expérience péruvienne. Merci donc amis du Pérou pour un accueil sans faille!

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Mollendo – Oops

Arequipa

Arequipa

Mollendo… commençons tout d’abord par les attentes – c’est généralement le moteur qui guide une décision, n’est ce pas?! Tout cela a débuté… 2 semaines plus tôt. Vous vous souvenez peut-être de ce petit coin de paradis sur la route de Lima, petit car peu de temps pour en profiter, et une sensation de trop peu dans la bouche. Oui! C’était effectivement Huanchaco, non loin de Trojillo. Bref après le Machu Picchu et des montagnes à s’en faire tourner la tête (quand ce n’est pas l’altitude), je me décide à renouer avec la côté (si attrayante au premier abord) et me la couler douce au soleil. Donc direction Arequipa, ville très sympathique avec de magnifiques décors coloniaux – mais tour quasi-complet fait en quelques heures – puis le lendemain Mollendo. Pourquoi Mollendo? Question pertinente!

Le seul spot de la côte sud dont mon guide parle. Pas qu’il en parle vraiment en bien ceci dit, mais à défaut d’autre chose, ça a le mérite d’exister sur la carte et le Lonely Planet ne le déconseille pas, c’est déjà ça. Peut pas toujours être positif quand même! J’en parle à l’auberge à Arequipa, et quand je demande comment c’est, on me regarde avec ce petit air pensif du genre « vais-je lui pêter sa bulle tout de suite, ou juste après? ». On m’explique donc que ce n’est pas vraiment la saison, c’est mieux à la mi-décembre, mais c’est sur qu’il y a la mer… (j’avais deviné). Là je fais mon gringo arrogant qui n’a peur de rien et se dit qu’ils ont rien compris. Franchement, un patelin pas trop grand, au bord de la mer, ça ne peut être que terrible! Je me mets donc en route.

Belle traversée du désert pendant 2 heures. Comme tout bon désert, il n’y a rien, simplement quelques maisons ici et là au bord de la route et… du sable. J’en viens à me demander ce que peuvent bien faire les gens au milieu du désert, ou il n’y a absolument rien. J’en viens également à comprendre pourquoi le milieu naturel est décisif quand les gens considèrent ou s’installer (vraiment un voyage plein de surprises).

J’arrive donc à Mollendo, champignon au milieu… du désert (vous l’attendiez pas, je sais). Sérieusement absolument rien avant, après, à côté… le sable, la ville, le sable. Si on change un peu la perspective, on tombe dans l’eau mais c’est tout. Le terminal de bus – un furoncle poussé arbitrairement sur un bord de la ville. Et la ville. Jusque là, ça va. Si je suis objectif, je dirai que j’ai probablement influencé votre perception un tantinet, mais pas tant que ça, right?

Mollendo - rue principale

Mollendo - rue principale

Je grimpe dans un taxi, et hop me voici partit en direction de la rue Arequipa, pour retrouver l’une des deux seules auberges recommandées par mon guide – fermée. OK, j’essaie l’autre – existe pas. Génial. Je me sens aventureux et me dis que je vais faire mon marché. Après 3 auberges choisies aléatoirement, je me résous à me contenter de très peu. Ce qui est problématique, quand on pense que pour les back-packers, l’auberge est LE point de stabilité, ou on peut laisser ses affaires tranquille (s’posé) et partir se balader, revenir quand on est fatigué et se poser, etc. Je fais donc une croix sur ma tranquillité et m’installe dans une chambre avec vue sur la mer (quand même), eau froide (quand elle coule), mur en papier mâché de 4m de haut et climatisation écologique (je vous laisse visualiser ce dernier point). Pas vraiment rassuré. Je comptais passer une semaine dans ce patelin, pas moyen je mets les voiles demain!

Place principale

Place principale

Dans un élan de bonne volonté je sors de ma chambre pour explorer le dit patelin, tourne la clé (pas que ça serve à grand-chose, mais par principe au moins), pête la clé dans la serrure, vais voir le gars de la réception (pas gaie le bonhomme), ce dernier me tire en 6-4-2 une pince de la poche, me sors le morceau de clé d’un tour de poignet et de me répondre naturellement qu’il a un double. Logique.

La plage

La plage

Mollendo. Le guide décrit l’endroit comme « old-fashioned beach resort ». Bon résumé, ca fait station balnéaire des années 70, conservée en l’état, en fait non pas vraiment conservée. En gros, aucun intérêt notable si ce n’est pour le restaurant de la place principale qui est reconnu comme un très bon ceviche (ce que j’aurai l’occasion de confirmer le soir). Autrement… la plage est ok, la mer aussi, le reste, disons, a un gros potentiel d’amélioration, super. Histoire d’en rajouter une couche, le temps est gris et lourd, il n’y a pas grand monde dans les rues, un vrai bonheur. En parlant de gens, en temps normal on est toujours fatigué de se retrouver avec des touristes un peu partout. On se dit qu’on a qu’une envie, c’est de se retrouver « off the track », dans les coins les plus typiques… Après le premier jour, je n’ai croisé AUCUN autre gringo. Finalement les compatriotes, ça a du bon! Donc pour résumé, pas très rassuré, avec sur le dos toutes mes affaires de valeur (pas une confiance énorme dans l’auberge, ou en tous cas ses issues), sans amis (toujours un peu triste), dans un endroit retro et passé date. Que du bonheur. Du grand David inspiré tout ça.

Jetée

Jetée

Je me dis quand même que je vais en profiter un peu, je me pose donc au bord de la plage en essayant de caler ma tête pour ne pas apercevoir de béton dans mon champ de vision. Pas aussi facile à dire qu’à faire, mais ça marche. Je rencontre sur ce un autre David (ils sont cools en général), péruvien de Lima en visite chez ses frères, et nous discutons pendant un bon 2h. Un gars super qui va m’inviter chez lui pour boire une bière fraiche (qu’il sort du congèle, intéressant processus chimique sur la bière, la rendant absolument imbuvable non par altération du goût mais bien par glaciation à l’intérieur de la cannette empêchant tout écoulement liquide pendant une période de temps soutenu). Bref je lui refais la moquette du salon et fini par vider le peu de liquide mousseux dans l’évier. Le reste est encore à l’ère de glace. Il est en tous cas adorable et un vrai rayon de soleil dans la journée, ça fait du bien.

Rayon de soleil

Rayon de soleil

Et tout à coup, l’impossible arrive. En dépit d’une absence totale de tout confort, dans un décor dénué de charme et un sentiment d’insécurité notable, je me dis que c’est exactement ce que je suis venu chercher. Je sais, complètement dingue. Mais sérieusement, je réalise que je suis tout simplement en plein Pérou, avec que des péruviens. Et ça, c’est quand même super cool! Drôle comme dès qu’on sort de son petit confort, c’est tout de suite moins fun et on a qu’une envie, c’est d’y retourner. Me voila donc officiellement sortit de ma zone de confort! Une clé cassée dans la porte et c’est le drame, je sais – je suis un sensible… OK je dis pas que tout à coup la ville est devenue un oasis de beauté, mais la perspective change considérablement. Je rentre à l’auberge, j’arrive à faire sourire le réceptionniste (ok, j’ai pris l’angle football, facile), et je vais me faire un délicieux ceviche au meilleur resto de la ville (je n’arriverai pas à faire sourire la serveuse, mais je n’ai pas dit mon dernier mot). Et pour fêter le tout, je me permets même un gâteau au chocolat (excellent en passant).

Et là dans un élan de bravoure, je décide de rester… 1 journée de plus! Pas fou quand même, y’a toujours rien à faire. Mais je tiens à savourer ma trouvaille (cette partie du post est écrite le premier soir – donc avant de savoir ce que me réserve le lendemain – je m’imposerai une censure de principe demain).

Sonia, David, Laura & Cynthia

Sonia, David, Laura & Cynthia

Et le lendemain, comme si le rideau de scène s’était levé, il fait beau, la rue regorge d’activité (je suis arrivé à l’heure de la sieste hier, probablement pour ça), sympa. Encore une fois tout est une question d’attente. Elles étaient quand même relativement basses la veille au soir, donc forcément ca ne peut qu’aller mieux. La journée se passera à petite vitesse, je revois David le temps d’une bière, on va faire un tour sur la plage profiter du beau temps (qui semble s’arrêter systématiquement à 2pm), et je fais même un peu de photos (qui ressortiront finalement beaucoup plus sympas que la réalité – pour ceux qui oseraient m’accuser d’exagération). Nous nous ferons même accoster sur la plage par 4 péruviennes au rire d’adolescentes, bourrées à un mélange de bière et de Coka (je sais…). Le tout se terminera par un poulet au coin de la rue (3 jours que je mange du Ceviche, faut varier un peu!). En définitive, une expérience certainement inattendue, et intéressante – qui force à se dépeloter un peu comme on dit au pays du lys. Ceci dit je décide de maintenir mon départ au lendemain (oui quel dommage!) et m’en retourne à Arequipa par le premier bus du matin (« matins » qui commencent chez moi à 10h quand même).

Chateau de Mollendo

Chateau de Mollendo

De retour à ma chère auberge « home sweet home » d’Arequipa, je me tâte entre me faire le canyon de Colca, l’attraction locale, avec un tour ou en solo en allant de village en village à pied. Pas convaincu… Finalement je reçois un message de mon cher ami Joseph, ancien colocataire de Cuenca, qui sera de passage à Puno Lundi soir. Ce qui veut dire que si je veux le voir, le canyon c’est bye bye compte tenu que ca prendrait au moins 2 jours… Mon sang ne fait qu’un tour, je descends à la réception et me voila l’heureux propriétaire d’un beau billet de bus pour Puno le lendemain matin à l’aube (8.30). Je sais, complètement instable le garçon… En résumé, on se verra à 4,000m et des poussières. Pour les curieux, je vais tester la température du lac Titikaka, mais je ne promets pas que je vais faire trempette cette fois-ci.

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Pérou – premières heures

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14e heure...

Me voici donc en route pour le Pérou, avec départ de nuit de Vilcabamba en compagnie d’un couple d’Allemands et de Danois en route comme moi pour la côte. On embarque donc dans le bac arrière d’un truck pour rejoindre la station de bus, et nous voilà partis pour une bonne vingtaine d’heures de voyage jusqu’à Trujillo, à mi-chemin avec Lima. A vrai dire assez content de voyager en groupe, nous sympathisons vite et c’est tant mieux vu le nombre d’heures que nous allons passer ensemble! L’arrivée du premier bus du côté péruvien se fait à Piura, grosse ville de poussière plantée au beau milieu du désert. Pas encore très réveillés (après une nuit dans les routes de montagnes), nous entrons dans le tumulte d’une ville pauvre et mangée par la circulation et la pollution. Les taxi-motos et autres véhicules 2 roues donnent à la ville des airs de métropole asiatique, l’ensemble donne une impression de chaos, mais ça fonctionne, les coins s’arrondissent, les trous se remplissent, dans une harmonie un peu déstabilisante. Après 1h à courir, nous trouvons le bus suivant, et embarquons pour le prochain stop.

Après 4 bus et presque une journée de voyage, nous arrivons finalement à Trujillo, et de là embarquons dans un taxi pour rejoindre Huanchaco, petit village de pêcheurs à 20km de la ville (voir l’album).

Huanchaco - bord de mer

Huanchaco

Comme dans les films. Petit village au bord de la mer avec en arrière les falaises qui délimitent de facto l’avancée de la ville, Huanchaco est un petit îlot de paix ponctué par les vagues et surfeurs qui bravent la température de l’eau – glaciale! Une très bonne surprise après un voyage pas exactement de tout repos – et parfait après 1 mois passé dans les hauteurs de l’Équateur. Malheureusement je suis obligé de reprendre la route 2 jours plus tard pour Lima afin d’attraper mon vol qui m’emmènera à Cuzco.

Chan Chan

Chan Chan

Nous visiterons Chan Chan, ancienne cité de l’empire Chimu qui fut vaincu au 16e siècle par les Incas (voir l’album). Des constructions impressionnantes principalement faites de terre séchée, à quelques centaines de mètre de la mer. Trujillo sera également le lieu de découverte du fameux « Inca Kola », boisson nationale absolument imbuvable, avec un goût particulier très proche du bubble gum, et une couleur d’un jaune évocateur (de quoi, pas sur!). Difficile de voir le lien avec les Incas, mais bon ;)

Désert...

Désert...

Après 2 jours du côté de Trujillo, me voila donc à nouveau sur la route pour rejoindre Lima – 10h de désert le long de la côte. Il faut quand même préciser que les bus au Pérou sont incroyablement confortables, 2 étages avec de l’espace, un service de bord qui nourrit son homme toutes les 4 heures, et même une séance de bingo! Un vrai palace roulant avec possibilité (dont je vais abuser) d’être assis au premier rang du deuxième étage – je vous laisse imaginer la vue, imprenable! Nous allons traverser le désert dans un décors hors du temps alternant entre montagnes et falaises  rocheuses longeant l’océan. Un peu long, mais un régal pour les yeux.

Mon passage à Lima ne va durer qu’une nuit. J’y revois  Daniel, ami péruvien rencontré lors de mon étape à Quito alors qu’il s’en allait pour la Colombie, et nous passerons une soirée très sympa dans Mira Flores, l’un des quartiers en bord de mer. Assez intéressant tout de même, la plage se trouve en contrebas de falaises de 200-300m, en haut desquelles se trouve la ville. La perspective est magnifique! Pour le reste de la ville, je n’aurai malheureusement pas le temps de visiter – pour une autre fois! Le lendemain, embarquement pour Cuzco : Machu Picchu, me voilà!!

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Vilcabamba

Vilcabamba

Après très exactement un mois de vadrouille, me voici arrivé au terme de ma première étape ou premier pays. Je viens de passer une semaine à Vilcabamba, petit village perdu au milieu des montagnes et adopté par les étrangers qui constituent une bonne partie de la population. Après l’agitation de Cuenca, cela permet de recharger les batteries et de profiter de belles randonnées en montagnes dans un décors somptueux. Pour les montréalais, la température ici est autour de… 25-30C (hehe ;) )

Réflexion... profonde!

Réflexion... profonde!

Petite auberge tenue par des allemands à flancs de montagne, vue superbe sur la vallée et hamac individuel, Yzhcayluma est parfait pour profiter de ce petit coin de paradis et vivre au rythme des locaux, c’est à dire à TRES petite vitesse. Ce sera l’occasion de rencontrer deux Françaises  en vadrouille avec qui les discussions iront bon train lors de dîners bien arrosés…

Balade a cheval

Balade à cheval

Sur place, balade à cheval (mes jambes s’en souviennent encore!) et randonnées (voir les photos), et relaxation. A vrai dire pas aussi facile à dire qu’à faire, difficile de lâcher prise et de se laisser aller complètement. Bon ok, après un peu de pratique c’est faisable! Mais tout de même pas toujours naturel (je sais Val, quelle surprise :) ).

Me voici donc au dernier jour de ma visite de Vilcabamba, à vrai dire un peu perplexe quand même par le règne des étrangers sur le coin… qui dénature un peu le charme local tout en introduisant un confort bienvenu! Certainement une étape intéressante. Je reprends la route ce soir pour le Pérou (yes!), avec petit arrêt sur la côte Nord pour faire trempette dans le Pacifique avant de rejoindre Lima d’où je m’envole Jeudi pour Cusco. Oui je sais, finalement pas le courage de me faire les 25h de bus pour rejoindre la capitale des Incas… Mais j’en ai quand même pour 20h jusqu’à Lima!

De Cusco, je vais rejoindre Kiri et François, avec qui nous allons attaquer le Machu Picchu!! :) A suivre…

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