Me voici donc en route pour le sud de l’Argentine et la Patagonie, en compagnie de mes parents pour encore quelques jours. Les yeux afutés se demandent probablement pourquoi ce post est cependant tagé « Bolivie ». La raison en est simple, je n’en ai pas encore finit avec ce pays. Je tiens avec ce poste à lui rendre un dernier hommage qui je l’espère sera à la hauteur du plaisir, de l’émerveillement, du bonheur qu’il aura sut me procurer.
J’y aurais passé deux mois, le premier à visiter l’altiplano (la plaine des Andes qui s’étire sur quasiment tout le pays du nord au sud à une altitude de 3,500-4,000m), le lac Titikaka, la jungle au nord et le désert de sel au sud. Le deuxième à Sucre dans le centre du pays afin de faire du volontariat avec les enfants et de m’imprégner complètement de la culture, des gens, ambiances et autres charmes locaux. Les premières semaines ont dérangé, la pauvreté évidente et le chaos ambiant ont bousculé mes petites habitudes et confort. Le reste du temps, la perception s’est renversée et je me suis régalé de tous ces petits moments qui viennent chercher et ouvrent le cœur. J’en profite pour tirer un gros coup de gueule à tous ces voyageurs qui ont apparemment été incapables de comprendre et d’apprécier ce magnifique pays et ses gens, et qui n’ont de cesse de critiquer l’accueil, la sécurité et le pays en général. Malheureux ceux qui ont traversé ses contrées sans arriver à les comprendre ni s’en imprégner.
De manière générale, c’est un beau bordel qui quelque part fonctionne. Ça bouge, c’est de l’imprévu à chaque coin de rue, ça surprend et ça émerveille. Un des côtés les plus sympas vient du fait que rien n’est vraiment fixé, tout est fonction des gens qu’on rencontre. Quoi qu’on essaie de faire, que ce soit acheter une bouteille d’eau, prendre une chambre dans l’auberge du coin ou réserver un tour, tout se discute, se négocie, c’est un échange perpétuel avec les locaux. Et peu importe l’issue, le contact est permanent, par sa présence… comme son absence. Spécialité locale, on pose une question et si la personne n’a pas envie de répondre, elle tourne la tête et passe à autre chose – on fait tout à coup partie du paysage. Après l’irritation initiale, on se prend au jeu et on en rigole. De même dans certains cas ou on est vraiment pris pour le dernier des « gringos », ben ça a son charme et on prend ça finalement avec le sourire. Bref des gens authentiques et vrais – les roublards ne se cachent pas, les bourrus s’en donnent à cœur joie, et les autres sont qui ils sont. Et quand ils s’ouvrent, ils se donnent complètement et c’est un vrai régal. Quant aux enfants qui courent partout, les sourires et la curiosité ne tarissent pas et attendrissent. Moment magique lors de la randonnées de Maragua près de Sucre quand les enfants nous observent par les trous de portes et nous lancent des sourires à la dérobé, apparemment peu habitués à voir des blancs. Et les habits traditionnels se suivent et ne se ressemblent pas, un festival perpétuel de couleurs et de formes.
Les transports sont à eux seuls tout un roman, l’asphalte ne faisant pas partie de la culture (ou tout au moins des routes), c’est donc « tape-cul » à souhait et souvent une bonne dose de poussière dans des voitures ou bus datant d’une autre époque. Ne parlons pas de la vitesse moyenne, qui doit rarement dépasser les 50km. En ville, c’est la zizanie des micros, petites camionnettes qui se tirent la bourre pour aller chercher le maximum de clients, qui s’entassent à l’intérieur à casser des records Guiness. On pourrait d’ailleurs penser que la Bolivie est l’endroit rêvé pour les constructeurs automobiles, tant pour les publicités qui voient toute une file de gens sortir d’une minuscule 2 portes que pour les tests d’endurance en terrain difficile. Nous monterons ainsi dans un petit taxi Toyota à 12 personnes plus le conducteur! Autant dire que l’ensemble de l’espace est optimisé du coffre au siège passager. A l’extérieur, c’est la course pour la vie particulièrement en ville ou être piéton est une aventure en soi. Mais dans la mesure ou on ne s’attend pas à ce que les gens s’arrêtent pour laisser passer les deux jambes, aucun soucis!
Les constructions y sont pour la plupart faites de terre séchée et morceaux de tôle tenant ensemble par quelque pierres posées sur la structure. On y trouve rarement de dernier étage, le tout étant laissé en plan avec les piliers et morceaux de ferrailles qui dépassent pour le cas ou on voudrait rajouter un étage supplémentaire par la suite. Les maisons s’amoncellent généralement un peu partout et épousent la forme du terrain souvent montagneux dans un enchevêtrement qui laisse rêveur sur leur équilibre (souvent précaire). Mais sans trop savoir comment, le tout fonctionne. Quant à la décoration intérieure, ils ont une passion pour la couleur « originale », les lampes d’hôpital et le style « épuré ».
Côté culinaire quelques belles surprises, noyées dans une avalanche de riz et de pâtes. Les marchés locaux avec des allées entières d’étalages de viande en tous genres, avec une odeur qui retourne le cœur à 8h du matin. On dit que la chaine du froid n’est pas respectée dans ces pays, ce qui quelque part est faux puisqu’elle n’existe tout simplement pas. La viande reste à l’air nu du matin au soir et ça n’a pas l’air de déranger plus que ça. Dans un coin, on trouve toujours les stands de fruits, véritable merveille dont on ne se lasse pas. On y va, commande son jus ou sa salade, et les grosses madames font tout ça sous nos yeux pour moins de $1. Bref une superbe manière de commencer la journée, je ferai pour la première fois des overdoses de fruits, et quel goût!
Quant aux paysages, je laisserai les photos vous en parler. C’est spectaculaire, ça n’en finit pas de changer et en général le tout reste vierge et préservé. Le grand coup de cœur côté beauté naturelle est définitivement le désert de sel de Uyuni qui est une vraie merveille à tel point que je le visiterai deux fois, une fois sec et l’autre avec un bon 20cm d’eau. Côté civilisation, La Paz est définitivement une ville surprenante, d’une énergie et une vitesse qui dépassent l’entendement.
En bref, j’aurai passé 2 mois absolument hors du commun, tantôt comme touriste, tantôt comme locataire. Entre les paysages, les rencontres et le travail avec les enfants, j’irai de surprise en émerveillement, avec au final un petit goût de trop peu mais quand même. Un dépaysement à la hauteur de mes attentes au moment de décider de faire ce voyage – ça dérange, bouscule, absolument génial. Un pays radicalement authentique aux charmes nombreux!















