Mollendo… commençons tout d’abord par les attentes – c’est généralement le moteur qui guide une décision, n’est ce pas?! Tout cela a débuté… 2 semaines plus tôt. Vous vous souvenez peut-être de ce petit coin de paradis sur la route de Lima, petit car peu de temps pour en profiter, et une sensation de trop peu dans la bouche. Oui! C’était effectivement Huanchaco, non loin de Trojillo. Bref après le Machu Picchu et des montagnes à s’en faire tourner la tête (quand ce n’est pas l’altitude), je me décide à renouer avec la côté (si attrayante au premier abord) et me la couler douce au soleil. Donc direction Arequipa, ville très sympathique avec de magnifiques décors coloniaux – mais tour quasi-complet fait en quelques heures – puis le lendemain Mollendo. Pourquoi Mollendo? Question pertinente!
Le seul spot de la côte sud dont mon guide parle. Pas qu’il en parle vraiment en bien ceci dit, mais à défaut d’autre chose, ça a le mérite d’exister sur la carte et le Lonely Planet ne le déconseille pas, c’est déjà ça. Peut pas toujours être positif quand même! J’en parle à l’auberge à Arequipa, et quand je demande comment c’est, on me regarde avec ce petit air pensif du genre « vais-je lui pêter sa bulle tout de suite, ou juste après? ». On m’explique donc que ce n’est pas vraiment la saison, c’est mieux à la mi-décembre, mais c’est sur qu’il y a la mer… (j’avais deviné). Là je fais mon gringo arrogant qui n’a peur de rien et se dit qu’ils ont rien compris. Franchement, un patelin pas trop grand, au bord de la mer, ça ne peut être que terrible! Je me mets donc en route.
Belle traversée du désert pendant 2 heures. Comme tout bon désert, il n’y a rien, simplement quelques maisons ici et là au bord de la route et… du sable. J’en viens à me demander ce que peuvent bien faire les gens au milieu du désert, ou il n’y a absolument rien. J’en viens également à comprendre pourquoi le milieu naturel est décisif quand les gens considèrent ou s’installer (vraiment un voyage plein de surprises).
J’arrive donc à Mollendo, champignon au milieu… du désert (vous l’attendiez pas, je sais). Sérieusement absolument rien avant, après, à côté… le sable, la ville, le sable. Si on change un peu la perspective, on tombe dans l’eau mais c’est tout. Le terminal de bus – un furoncle poussé arbitrairement sur un bord de la ville. Et la ville. Jusque là, ça va. Si je suis objectif, je dirai que j’ai probablement influencé votre perception un tantinet, mais pas tant que ça, right?
Je grimpe dans un taxi, et hop me voici partit en direction de la rue Arequipa, pour retrouver l’une des deux seules auberges recommandées par mon guide – fermée. OK, j’essaie l’autre – existe pas. Génial. Je me sens aventureux et me dis que je vais faire mon marché. Après 3 auberges choisies aléatoirement, je me résous à me contenter de très peu. Ce qui est problématique, quand on pense que pour les back-packers, l’auberge est LE point de stabilité, ou on peut laisser ses affaires tranquille (s’posé) et partir se balader, revenir quand on est fatigué et se poser, etc. Je fais donc une croix sur ma tranquillité et m’installe dans une chambre avec vue sur la mer (quand même), eau froide (quand elle coule), mur en papier mâché de 4m de haut et climatisation écologique (je vous laisse visualiser ce dernier point). Pas vraiment rassuré. Je comptais passer une semaine dans ce patelin, pas moyen je mets les voiles demain!
Dans un élan de bonne volonté je sors de ma chambre pour explorer le dit patelin, tourne la clé (pas que ça serve à grand-chose, mais par principe au moins), pête la clé dans la serrure, vais voir le gars de la réception (pas gaie le bonhomme), ce dernier me tire en 6-4-2 une pince de la poche, me sors le morceau de clé d’un tour de poignet et de me répondre naturellement qu’il a un double. Logique.
Mollendo. Le guide décrit l’endroit comme « old-fashioned beach resort ». Bon résumé, ca fait station balnéaire des années 70, conservée en l’état, en fait non pas vraiment conservée. En gros, aucun intérêt notable si ce n’est pour le restaurant de la place principale qui est reconnu comme un très bon ceviche (ce que j’aurai l’occasion de confirmer le soir). Autrement… la plage est ok, la mer aussi, le reste, disons, a un gros potentiel d’amélioration, super. Histoire d’en rajouter une couche, le temps est gris et lourd, il n’y a pas grand monde dans les rues, un vrai bonheur. En parlant de gens, en temps normal on est toujours fatigué de se retrouver avec des touristes un peu partout. On se dit qu’on a qu’une envie, c’est de se retrouver « off the track », dans les coins les plus typiques… Après le premier jour, je n’ai croisé AUCUN autre gringo. Finalement les compatriotes, ça a du bon! Donc pour résumé, pas très rassuré, avec sur le dos toutes mes affaires de valeur (pas une confiance énorme dans l’auberge, ou en tous cas ses issues), sans amis (toujours un peu triste), dans un endroit retro et passé date. Que du bonheur. Du grand David inspiré tout ça.
Je me dis quand même que je vais en profiter un peu, je me pose donc au bord de la plage en essayant de caler ma tête pour ne pas apercevoir de béton dans mon champ de vision. Pas aussi facile à dire qu’à faire, mais ça marche. Je rencontre sur ce un autre David (ils sont cools en général), péruvien de Lima en visite chez ses frères, et nous discutons pendant un bon 2h. Un gars super qui va m’inviter chez lui pour boire une bière fraiche (qu’il sort du congèle, intéressant processus chimique sur la bière, la rendant absolument imbuvable non par altération du goût mais bien par glaciation à l’intérieur de la cannette empêchant tout écoulement liquide pendant une période de temps soutenu). Bref je lui refais la moquette du salon et fini par vider le peu de liquide mousseux dans l’évier. Le reste est encore à l’ère de glace. Il est en tous cas adorable et un vrai rayon de soleil dans la journée, ça fait du bien.
Et tout à coup, l’impossible arrive. En dépit d’une absence totale de tout confort, dans un décor dénué de charme et un sentiment d’insécurité notable, je me dis que c’est exactement ce que je suis venu chercher. Je sais, complètement dingue. Mais sérieusement, je réalise que je suis tout simplement en plein Pérou, avec que des péruviens. Et ça, c’est quand même super cool! Drôle comme dès qu’on sort de son petit confort, c’est tout de suite moins fun et on a qu’une envie, c’est d’y retourner. Me voila donc officiellement sortit de ma zone de confort! Une clé cassée dans la porte et c’est le drame, je sais – je suis un sensible… OK je dis pas que tout à coup la ville est devenue un oasis de beauté, mais la perspective change considérablement. Je rentre à l’auberge, j’arrive à faire sourire le réceptionniste (ok, j’ai pris l’angle football, facile), et je vais me faire un délicieux ceviche au meilleur resto de la ville (je n’arriverai pas à faire sourire la serveuse, mais je n’ai pas dit mon dernier mot). Et pour fêter le tout, je me permets même un gâteau au chocolat (excellent en passant).
Et là dans un élan de bravoure, je décide de rester… 1 journée de plus! Pas fou quand même, y’a toujours rien à faire. Mais je tiens à savourer ma trouvaille (cette partie du post est écrite le premier soir – donc avant de savoir ce que me réserve le lendemain – je m’imposerai une censure de principe demain).
Et le lendemain, comme si le rideau de scène s’était levé, il fait beau, la rue regorge d’activité (je suis arrivé à l’heure de la sieste hier, probablement pour ça), sympa. Encore une fois tout est une question d’attente. Elles étaient quand même relativement basses la veille au soir, donc forcément ca ne peut qu’aller mieux. La journée se passera à petite vitesse, je revois David le temps d’une bière, on va faire un tour sur la plage profiter du beau temps (qui semble s’arrêter systématiquement à 2pm), et je fais même un peu de photos (qui ressortiront finalement beaucoup plus sympas que la réalité – pour ceux qui oseraient m’accuser d’exagération). Nous nous ferons même accoster sur la plage par 4 péruviennes au rire d’adolescentes, bourrées à un mélange de bière et de Coka (je sais…). Le tout se terminera par un poulet au coin de la rue (3 jours que je mange du Ceviche, faut varier un peu!). En définitive, une expérience certainement inattendue, et intéressante – qui force à se dépeloter un peu comme on dit au pays du lys. Ceci dit je décide de maintenir mon départ au lendemain (oui quel dommage!) et m’en retourne à Arequipa par le premier bus du matin (« matins » qui commencent chez moi à 10h quand même).
De retour à ma chère auberge « home sweet home » d’Arequipa, je me tâte entre me faire le canyon de Colca, l’attraction locale, avec un tour ou en solo en allant de village en village à pied. Pas convaincu… Finalement je reçois un message de mon cher ami Joseph, ancien colocataire de Cuenca, qui sera de passage à Puno Lundi soir. Ce qui veut dire que si je veux le voir, le canyon c’est bye bye compte tenu que ca prendrait au moins 2 jours… Mon sang ne fait qu’un tour, je descends à la réception et me voila l’heureux propriétaire d’un beau billet de bus pour Puno le lendemain matin à l’aube (8.30). Je sais, complètement instable le garçon… En résumé, on se verra à 4,000m et des poussières. Pour les curieux, je vais tester la température du lac Titikaka, mais je ne promets pas que je vais faire trempette cette fois-ci.











