Punta del Diablo – beach time!

Punta del diablo

Punta del diablo

Le bus de Bariloche à Buenos Aires est un véritable palace flottant. Je suis au premier rang du deuxième étage avec vue panoramique, les traditionnelles 4 rangées de fauteuils sont remplacées par 3 rangées de sièges dignes d’une première classe en avion. Vin et champagne pour accompagner les repas chauds servis par notre “steward”, nous sommes bien lotis. Et on s’enfile un 24h de bus comme si de rien était et arrivons à 8h le lendemain matin dans la capitale, (presque) frais comme des gardons. Direction une auberge dans Palermo, magnifique quartier peuplé de terrasse et petites rues charmantes. Je passerai deux jours à me promener (je connais déjà BA de mon passage en 2008) et décide de rapidement opter pour le busquebus, ferry qui nous emmène de l’autre côté du mar del plata jusqu’à Colonia en Uruguay, à deux heures de Montévidéo la capitale. Traversée tranquille, et je pose finalement mes sacs à Colonia pendant une journée.

Petite ville coloniale en bord de mer pleine de charme malgré un tourisme assez développé. Balades dans les petites rues pavées, l’automne s’annonce et les feuilles commencent à recouvrir les trottoirs de leur nostalgie. Petit assado en bord de mer pour ne pas perdre les bonnes habitudes, je passe le reste de la journée à lézarder tantôt au bord de la plage, tantôt en terrasse avec un bon bouquin. La vie est douce, et (surtout) pas trop fatiguante! ☺

Le lendemain, je me mets en route pour Montévidéo où je vais revoir la famille de Mariana, rencontrée lors de ma première visite il y a deux ans. Accueil chaleureux de Manuel, poussage de voiture histoire de sortir du stationnement du terminal, nous rejoignons rapidement son appartement qu’il me laisse pour l’occasion et pouvons finalement discuter ensemble!!!! Inutile de préciser que mon espagnol était tout simplement inexistant lors de notre première rencontre, nous nous rattrapons donc comme il faut. Le lendemain après une bonne balade sur la croisette, assado (oui, encore! On ne s’en lasse pas!) chez la maman de Mariana pendant un bon 4h, clot en beauté par un défilé de carnaval (pratique rituelle du dimanche) sous les drapeaux des différentes troupes et leurs danseuses voluptueuses (pour la plupart, quelques exceptions tout de même). Bref un accueil fantastique de la famille Cano-Comelli qui finit de me plonger sous le charme de l’Uruguay.

La plage principale

La plage principale

Après de chaleureux au-revoir, me voici donc à reprendre la route le lendemain, cette fois-ci pour Punta Del Diablo, un petit village de pêcheurs et surfeurs juste avant la frontière brézilienne. Ça fait un bon 3 mois que je rêve de me poser au bord de la plage à ne rien faire d’autre que regarder les vagues s’échouer, le temps est venu! Je me pose à l’auberge reine du coin, El Diablo Tranquilo, et là commence une semaine de… rien du tout! Balades sur la plage, lecture dans le sable, méditation sur la forme des vagues et la manière dont les surfeurs s’y prennent, c’est à peu près tout ce que je ferai pendant une semaine. Le coin est sublime, les plages s’étendent sur des kilomètres sans autre forme de civilisation que quelques cahutes ici et là, c’est un régal. Le village quant à lui reste très authentique, désert en cette saison, et l’auberge est un vrai havre de paix.

El Diablo Tranquilo

El Diablo Tranquilo

Bref un bon temps pour revivre les derniers mois et se préparer tout doucement au retour à la réalité du boulot et du reste. OK, après une semaine j’ai pas mal fait le tour et je commence à tourner en rond, il est temps de remettre le sac sur le dos. La destination? Pas certain… J’avais rencontré Aoife en début de semaine, une irlandaise sympa. Nous nous revoyons la veille de mon départ, et elle m’annonce qu’elle s’en va à Cabo Polonio pour 1-2 jours. Je lui fais mon plus beau sourire et me propose de l’accompagner, elle répond par la positive. Avec nous se joint plus tard Meredith, américaine, arrivée la veille et qui décide sur un coup de tête de nous accompagner. C’est donc entendu, nous nous mettrons en route le lendemain en après-midi! Accrochez-vous, Cabo Polonio ça déchire comme il faut!

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El Bolson – Régime argentin

El Bolson

El Bolson

Descente du bus, nous nous dirigeons tranquilement avec Raph et Delphine vers le bistro du terminal pour se dire au revoir et prendre rendez-vous pour l’été qui vient, cette fois en Suisse autour du bonne fondue. Julio et Anne-Hélène passent me prendre – cela fait maintenant un bon mois que nous nous sommes rencontrés et quittés. Et nous voici en route pour le lac Puelo, où ils habitent depuis peu. La route est agréable et les histoires fusent, nous sommes heureux de nous revoir.

Anne-Hélène et Julio

Anne-Hélène et Julio

Arrivée dans le noir après un petit arrêt pour faire le plein de viande et de vin, et nous voici accueillis par Bretzel, jeune labrador couleur chocolat qui n’en finit plus de montrer son affection. Le chalet qui les abrite est magnifique, tout fait de bois et construit selon les plans de Julio. L’ambiance est chaleureuse et je tombe rapidement sous le charme de l’endroit, pris entre deux montagnes et totalement dans la nature. Julio nous préparera cette soirée là l’une des viande les plus mémorables qu’il m’ait été donné de goûter. Cuite lentement au feu de bois  dans la cheminée, accompagnée d’une bonne bouteille et béarnaise… Comme si nous nous étions quittés la veille, nous repartons dans nos interminables discussions sur tous types de sujets, pour finalement éteindre les lumières sous un ciel scintillant d’étoiles.

Vue aérienne de El Bolson

Vue aérienne de El Bolson

Julio le lendemain se propose de me faire découvrir les charmes de sa région natale et après un solide petit déjeuner, nous embarquons dans le pick-up (Bretzel à l’arrière) pour une magnifique balade sur un des sommets environnants. Le temps change rapidement et à mesure que nous atteignons le plateau supérieur, la température tombe autour de 0. Quelques minutes plus tard, nous rejoignons l’une des arêtes et pouvons découvrir toute la vallée qui s’offre à nous – c’est tout simplement superbe! Petite pause chocolat, Bretzel se réchauffe les cordes vocales (à défaut du reste), et nous nous remettons rapidement en route pour attaquer la descente (vraiment pas chaud là-haut!). Petite pause pizza d’altitude et bière maison au refuge et nous rentrons à la chaleur de la vallée. Retour au chalet, petit maté dans le jardin suivi d’une session d’épluchage de prunes dans le jardin. L’air est doux, le paysage magnifique, Julio et Anne-Hélène me racontent leur nouvelle vie en pleine nature (après Paris pendant de nombreuses années pour les deux), le chien fait la sieste.

Balade à cheval version argentine

I'm a poor lonesome cowboy...

Lendemain, c’est aventure version argentine! Julio doit visiter un campo proche de la frontière chilienne, nous nous mettons donc en route après une visite du marché artisanal de El Bolson (les artisans sont souvent au moins aussi intéressants que leurs bibelots – genre Woodstock des années 2000) et quelques empanadas pour nous tenir au ventre. Le campo ne peut être visité dans son intégralité qu’à cheval, nous voici donc sur de superbes montures qu’il nous aura fallut attraper dans l’enclos (avec un peu d’aide dans mon cas, apprentit cowboy tout de même…). Le paysage est digne d’un western, des collines désertiques pour la plupart dénuées d’arbres dans lesquelles broutent d’énormes troupeaux de moutons et quelques vaches par-ci par là. Le soleil nous brûle le cou, l’air est frais sans trop l’être, et le paysage s’offre à nous à mesure que nous montons. 2h plus tard, nous arrivons au point de vue le plus haut du domaine et pouvons le contempler dans toute sa splendeur (OK Julio, ça vaut pas un campo de Patagonie du sud, mais quand même… ;) ). Pause saucisson et fromage, discussion avec le gérant du domaine qui nous raconte l’histoire de la région et de la propriété, et nous voici en selle pour attaquer la descente. Par intervalles petits galops pour faire bonne mesure (pas comme dans les balades de touristes, les chevaux partent au quart de tour et connaissent leur affaire – un régal qui peu à peu se transforme en supplice pour les cuisses), et nous finissons par un accueil chaleureux des chiens. Incroyable balade – John Wayne n’a qu’à bien se tenir!

Assado!

Assado!

Le dimanche arrive, nous allons pouvoir tester la tradition du Quincho! Situé sur la propriété familiale, il s’agit d’un chalet dédié… à la barbaq! Non je plaisante pas, on parle d’une vraie salle de restaurant équipée d’une cheminée de 3 mètres de large sur 1.5 mètres de profondeur, une cuisine, table de ping pong et bien sur de longues tables prêtes à accueillir les estomacs festifs de la famille, et les autres aussi d’ailleurs! Bon il faut savoir qu’un Quincho, ça se mérite. Nous avons donc un atelier déménagement l’après midi pour aider la soeur de Julio à déménager, qui se termine près du feu avec une variété impressionante de différents morceaux de viande. Alors le truc à savoir c’est qu’un assado (bbq) débute toujours avec les saucisses (chorizo en bon argentin). Le débutant inexpérimenté et affamé se jette dessus, logique. Erreur stratégique! On y va crescendo, ce qui veut dire que plus on avance dans le repas, plus les morceaux de viande sont fins et gouteux. Bref malheureux celui qui n’a plus faim pour les derniers morceaux, ce sont les meilleurs! Nous passerons ainsi une merveilleuse soirée bercée par la bonne humeur (et le caractère) des nièces de Julio et les éfluves de Brel.

Cela conclut en beauté mon séjour chez Julio et Anne-Hélène (encore un énorme merci à tous les deux pour un accueil hors pair!), et les magnifiques contrées de la région des lacs. Je quitte donc mes deux amis et verse une petite larme en quittant El Bolson et ensuite Bariloche qui resteront une étape très spéciale de mon épopée en Amérique du Sud. Une page se tourne, une autre est maintenant à écrire. Direction Buenos Aires cette fois-ci!

El Bolson

El Bolson

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Aoife and I

Aoife and I

Buenos Aires, Tuesday April 27th 2010. 12.30, running after a taxi, rushing to the bus terminal to catch a frightening 68hrs bus ride (no mispells here, we’re indeed talking about a 3-day bus ride non-stop) to Lima, Peru. Along with me is Aoife (pronounce Ifa :) ), a beautiful and lovely girl from Ireland that has decided to spend the next … 3 days with me. As if to remind us that we were on our way to Peru and to break from Argentina and Chile’s legendary punctuality, the bus is 20mn late. Now considering the overall length of the bus ride, not such a big deal right?

We’re prepared. Foods of all kinds (will have to get through the fruits and saucisson before hitting Chile though, freaks about fresh products), sleepy souvenirs from awesome Meredith, and of course a few drops of red wine to make the whole thing slide in more easily. So we get onboard our vessel (not glorious, but it’s been worse – Charles, at least a semi-cama, well sort of), and naturally attract the attention of all the other passengers, peruvians for the most part, looking at us like we’re just crazy (must agree with them). In other words, we’re the only gringos that decided to lose 3 days of their life in a bus versus a 3hrs flight. Sure, that makes sense – this trip is supposed to be about adventure, isn’t it.

First day is quite uneventful, we keep falling in and out of conscioussness (thanks Meredith, you rock!), the road is straight and the landscape passes by quick. Jose, one of the drivers, seems to have a passion for crappy folkloric music, and takes great pleasure in sharing it with us for 5hrs non-stop. Forget about listening to your own music, the sound level makes sure you don’t miss any of that beautiful piece of local culture. First stop around 8pm, to learn that we’d better fill our stomach, our next stop being the following day in the afternoon. OK, so they actually don’t intend to feed us, great. Not that bus food is so exciting in the first place, but still that’s food. We thus enjoy a nice pollo assado, look at our watch (6hrs passed, 62hrs to go) and go back to our respective seats. The ambiance is quiet except for the « best of » DVD of Wesley Snipes blasting through the crappy bus speakers… until 2AM, at which point I get down to the drivers’ cabin and tell them straight to cut the crap and let us sleep. No objection.

Second day follows, not very different from the first. Aoife and I talk, sleep, listen to some homemade musical playlists while enjoying the ride. And Jose, who takes pride into entertaining the crowd, puts in the Rocky series. Never thought I could sit through 4 episodes of it in a raw, quite a performance in itself. For those wondering, he actually gets his ass kicked by mister T in the 3rd episode. But the beauty of it is that you get to see the next part right away, so the hero gets back and wins at the end (yeah!). Our fellow passengers are still quiet, we finally feel like a part of it all. Stop at the argentinian border, the custom agents are breaking records of speed with an average time of 7.5 minutes per stamp, quite sysmetrical for Aoife to her great relief. Chile is just about as fast, and we finally break the ice with some other passengers curious to know what planet we come from. Quick look at each other, we’ve almost gone through half the trip and are still alive and somewhat in a decent condition. Quick thought of Meredith who keeps supporting us despite the distance… And Aoife of course gets her bag checked by custom agents, but this time she did manage not to spill powder milk all over the examination table, always embarassing considering its ressemblance to some undesirable substance when crossing borders. Quick stop to get some food (we might make it after all), and off we go for a second night in our palace on wheels. Our kind Jose even thinks of turning off the movies by 1am, definitely a positive progression in the trip.

Third day – by far the most interesting… yeah I know you’re getting impatient, but we’re getting there! Laborious border crossing to Peru, after what we go for the final stretch of the journey. Only 20hrs to go (wowow!). Stop in Tacna for some food, Aoife keeps being asked if we’re married, and after answering negatively, gets all sorts of proposals punctuated by comments on her beautiful blue eyes (must agree with that) and reassurance that coincidently they are single as well… Amusing. The afternoon is dedicated to salsa education (better than folklor music, but after 3 hrs you still get tired of it). And I did get tired of it, decided to assume my disconfort and stood up to go see Jose and tell him to « please turn it down a bit, we got the picture »). As soon as the others see me up, hands start clapping in the air, the gringo wants to dance!! And then what can you do… so I tried to dance in the alley (struggling, Gwen you would not have been very proud of me, but admit that a bus is not ideal), and after much screaming and encouragement from the crowd, decide to forget trying to get the sound down and go back quietly to my sit. Was kind of nice anyways :)

The party is starting!

The party is starting!

Last stop of the day to satisfy our stomach and for Aoife to try the famous Inka Cola (gross if you want my opinion, tastes like bubble gum). We stock up beers for the night and here we go again, on the bus, the salsa blasting through the speakers (how many fricking hours of that crap does Jose have!!!). And as we leave our last stop and the bus driver gets excited on the cliffy roads of the peruvian coast (scary, good thing it’s dark outside), our new friends get all warmed up. I try to hit the restroom, and once again I’m not in the alley that the whole crowd starts screaming again. They want to see the gringo dance again. And what the heck, let’s do it. So here we go, dancing in the alley, on the sits, everyone is holding on their cameras and the flashes go in all direction. The ambiance is crazy, the people all fired up, the party is started. Small break on my end, quick chat with Aoife and crook smile, eyes lit up on both sides, this is it, we’re going for the big dive. Only listening to our hearts, we stand up as one, signal Jose to shut the music for a few moments, we’ve an announcement to make! All eyes are on us, the tension and excitement in the air is palpable, cameras handy, they know something BIG is coming.

This is it!

This is it!

And that’s when it happened. In my broken spanish and in front of 50 amused faces, I… proposed to Aoife. Yes Vasso, I know what that implies in english ;) . And like music playing in my ears, Aoife said the magical « yes » word, actually « si » as we were in spanish mode. And that was out, the whole bus was screaming and applauding, flashes went crazy, people dancing and singing, others coming to congratulate us. And of course next thing you know, they all started screaming « un beso, un beso!!! », which we completed with an obvious pleasure. And the party went even crazier, happiness spreading like thunder, laughter and amazement only matched by the driver’s obvious enthusiasm making balance hard to achieve. So that was it, in just a moment and a few words, Aoife and I were engaged – beautiful moment shared with beautiful people. Overwhelmed by emotion, we sat down and decided to sheer with a beer, actually two… ok make it three! That’s when we realized we were missing a big part! All that emotion made us forget that an engagement required… an engagement ring! Quick look and smile at our neighbor, an adorable lady of about 50, to see if by any chance we could borrow her ring. Which she gladly agreed to, clearly proud and honored to be an active contributor to the surrounding happiness. And off we go again. Jose, shut that music down! Silence, everyone is watching, and slowly the ring slides onto Aoife’s finger, followed immediately by a pure explosion of joy in the whole bus, it’s now formal, we’re engaged! And the whole crowd to go and scream one more time « un beso, un beso!! ». And for us to enjoy another most fabulous kiss in front of a survolted crowd… Life is more beautiful than ever, we’re floating in time (and our seats).

To conclude on this incredible evening, our sweet neighbor lady asks me to approach and takes my hand, to discreetly let a ring slide into it. The look in her face at that very moment was a poem in itself, where you feel she’s making a sacrifice but generosity and love is just stronger. Incredibly moving moment, Aoife and I just can’t help but to smile and melt in front of this incredible lady. Of course we tell that we can’t accept it, but it was SO SWEET!!!!! An absolutely beautiful moment, probably one of the most magical one of the past 7 months travelling. We thought this bus journey would be hell, and it transformed our life, made us feel like rarely before…

After a last night of crazy driving through the beautiful lands of Peru, it is time for us to leave the « love bus » (as opposed to the « love boat », just in case that wasn’t obvious), we’re in Lima. Jose says goodbye and makes us promise to name our first kid Cruz del Sur (the name of the bus company). Aoife and I look at each other with a smile, then decide that CeDeS might be more appropriate (poor kid, imagine…).

And of course you wonder what is going to happen next… Well, after much discussion together, we figured that maybe it was a bit fast, and statistically estimated that our marriage would probably last between 6 and 8 months, a bit short considering all the trouble to go through to organize everything and all… So we’ll not actually get married (yes, what a disappointment…), but what a bus ride I tell you. So that’s it, hope you enjoy that bus ride as much as we did.

Uyuni – le désert…

Le salar d'Uyuni

Le salar d'Uyuni

La Paz, dimanche soir – 20h. Après 2 jours de pause suite à la pampa, tout juste le temps de faire la lessive et de se remettre le dos de 30 et quelques heures de Jeep en terrain hostile, nous voici repartis… cette fois pour le désert. Yaël et moi avons décidé de continuer vers le sud avant que nos chemins se séparent pour de bon, elle vers Buenos Aires ou elle va retrouver son copain et moi vers Sucre pour faire quelques semaines de volontariat. Le bus est petit à souhait, il pleut des cordes et je m’aperçois vite que l’étanchéité de ma fenêtre date d’une autre époque. Bref 12h de bonheur coincé dans un espace confiné et balloté par les aléas de la piste (parler d’une route serait exagérer). Content donc d’arriver, toujours dans l’altiplano autour de 3,500m d’altitude avec au loin les glaciers à 6,000m. Malgré les courbatures et les yeux qui peinent à rester ouverts, le spectacle est superbe. Et bien sur le réveil version locale : ils ont la spécialité de blaster (oui oui, c’est le mot) une musique locale pas toujours du meilleur goût environ 1 heure avant l’arrivée. Aucune chance de manquer le terminus (sans blague!). Pas très agréable, mais on peut dire que c’est saveur locale.

A peine descendus du bus, nous nous mettons en chasse d’un tour avec qui partir pour 3 jours de visite du salar d’Uyuni et du désert voisin pour voir geysers et autres phénomènes naturels intéressants (lacs verts, rouges, arbres de pierre, etc.). Nous trouvons notre homme et à peine l’estomac restauré et les dents brossées, nous voici repartis pour… surprise… 3 jours de Jeep! Pour nous tenir compagnie, 3 australiens se joignent à nous, et nous voici sur la route – heureux comme des papes – et complètement crevés (les australiens se sont eux aussi tapés le bus de nuit, l’ambiance est donc studieuse).

Le salar d'Uyuni

Le salar d'Uyuni

Et nous entrons dans le fameux salar d’Uyuni. Pour la petite histoire, le salar est à l’origine un lac d’une bonne centaine de kilomètres formé par le mouvement des plaques et monté à quelques 3,000m d’altitude. Ce faisant il a emprisonné avec lui une partie (tout de même minime) du pacifique. Au fil du temps l’eau a séché et n’a laissé qu’une énorme croute de sel derrière lui. Il y a probablement nombre d’autres processus et phénomènes chimiques, physiques, etc., mais je ne les connais pas et le tout me parait crédible donc je m’en contente. Pour les apprentis scientifiques, il y a wikipedia ;) . Le tout donne donc une surface plane sur des dizaines de kilomètres, un sol de sel – et c’est tout simplement hors du commun. Une personne rencontrée plus tard me dira que c’est la plus belle chose qu’elle a vue de sa vie, je ne sais pas si c’est mon cas mais il est clair que c’est extraordinaire. Les photos valent tout ce que je pourrais vous raconter…

...

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Après 2 bonnes heures de route, nous tombons sur l’île du poisson (rappel : nous sommes sur un lac asséché) ou ne poussent que des cactus, mais alors pas des moitié de cactus. Et en quantité SVP. De toutes les tailles, ils ont élu domicile sur ce gros caillou au milieu de nulle part, dans un climat chaud et sec en été, et crissement froid en hiver – un vrai paradis pour eux donc. À tel point que certains atteignent plus de 1,000 ans et au-delà de 12 mètres de hauteur. C’est l’heure de jouer avec les effets d’optiques (non, pas encore capable de sauter à 4 mètres de hauteur…) et de se remplir des perspectives alentours (François, un vrai bonheur!). Petite séance photo avec Gozilla, lunch sans sel svp et nous voila repartit pour la prochaine étape. Après quelques heures de route et un paysage qui devient désertique et montagneux, nous nous arrêtons pour passer la nuit dans un hôtel de sel. Effectivement, les murs jusqu’aux lits viennent des carrières de sel locales. Un peu style hôtel de glace, sans la température (Katja, parfait pour toi). Surprise, nous avons l’eau chaude et même quelques heures d’électricité, autant dire un vrai luxe inattendu et bienvenu. C’est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos amis australiens, très sympathiques, ainsi que la patronne qui n’hésite pas à venir se poster devant la table chaque fois qu’un plat nous est servit. Quand nous lui demandons des verres pour boire du vin, elle nous apporte sans hésiter… 6 verres (nous sommes 5) – indéniable sens de l’hospitalité. Après les dernières 24h, inutile de préciser que la viande est mise au torchon à 20h et n’en sors pas avant 7h le lendemain matin (scandaleusement tôt en effet).

Flamants roses

Flamants roses

Le deuxième jour est le temps de découvrir les magnifiques lacs de la région, plantés au milieu d’un des déserts les plus secs du monde (allez comprendre comment on peut avoir des lacs au milieu du désert…). Et nous faisons connaissance avec les flamants roses, une autre superbe surprise, attirés par la richesse des points d’eau en minéraux – qui leur donnent des couleurs inattendues, jaunes, rouge, vert. Les paysages défilent et n’en finissent pas de nous surprendre, on ne se lasse pas et les appareils photos chauffent de tant de grandiose. Petit arrêt pour faire la connaissance de l’arbre de pierre, sculpté par le temps, le vent et le sable. Il est là, planté au milieu du désert avec des formes impossibles et imposantes. Petite séance photo de groupe, et nous rejoignons le dernier point de vue de la journée, le lac coloré (rouge plus exactement). Un vent à décorner les bœufs nous accueille à tel point que je fous en l’air ma portière en l’ouvrant avec un vent arrière, fracassant le mécanisme, et nous progressons jusqu’au bord du lac sur une montagne de (non ce n’est pas de la neige) borax (me rappelle pas le nom). Nous avons littéralement l’impression de voler tellement le vent est fort (je commence sérieusement à me prendre pour superman), et le spectacle nous laisse sans voix (pas moyen d’ouvrir la bouche de toute façon, au risque de se transformer en une mine de borax).

Les geysers

Les geysers

Nous finissons la journée dans une auberge pas loin du lac, également pourvue d’eau chaude (nous n’en finissons pas d’être surpris), à 4,200m. La nuit se passe par à coups, l’altitude nous empêchant de dormir de façon continue, et nous décollons finalement vers 5h du matin (dur les voyages!). Nous allons admirer le lever de soleil sur les geysers qui crachent leurs fumées et répandent une forte odeur de souffre. Magnifique spectacle sur une lumière surnaturelle, la terre boue sous nos yeux et laisse rêveur. On aurait presque envie de tremper le doigt (mais on évite quand même). Une chose est sure, les mesures de sécurité sur site sont légères, on peut s’aventurer à quelques centimètres des geysers, certaines partie sont d’ailleurs un peu trop molles à mon goût. Mais l’expérience est incroyable. Après 15mn à se gaver des fumées toxiques, nous voila repartis vers le lac vert, qui malgré son nom est plutôt sombre, le vert se révélant théoriquement avec la lumière de l’après midi. Très beau site tout de même, avec 2 volcans à près de 6,000m qui surplombent le lac.

Aguas calientes

Aguas calientes

Et pour finir le tour en beauté, nous nous arrêtons à « aguas calientes », source d’eau chaude directement issue du volcan avoisinant se jetant dans le lac, avec au passage une pause dans la petite piscine naturelle qui fera office de jacuzzy à notre petite troupe, heureuse de pouvoir se prélasser tranquillement et de décanter toutes ces images aussi surprenantes les unes que les autres. 1h de pause et nous voila sur le chemin du retour, au milieu de ciels orageux de toutes parts. Nous échapperons tout de même à la tempête (probablement mieux, pas vraiment envie de pousser un 4×4 au milieu du désert).

Une équipe de choc

Une équipe de choc

Arrivée le soir du 3e jour – des images plein la tête et du sable plein la bouche. Alors que nos amis australiens décident de reprendre la route pour Potosi le lendemain matin, Yaël et moi prenons la sage décision de louer une chambre à l’auberge histoire de passer le temps jusqu’au départ de notre train, à … 2.30h du mat. Bien d’accord, complètement fêlé! D’autant qu’il n’y avait plus de place en première classe, nous allons donc voyager, non pas en première classe, non plus en deuxième classe, mais bien en TROISIEME classe (sur une échelle de trois). Je fais partie de ces personnes qui sont toujours à la recherche de l’authentique, de l’original, je me réjouis donc. Yaël est moins enthousiaste, mais vu qu’on va avoir la tête dans les choux, on va roupiller et tout va être pour le mieux.

Tupiza

Tupiza

Avant de continuer, petit point à noter. La plupart du temps dans les transports, je dirai que les premières 60% du temps sont tout à fait acceptables, voire agréables. Après un moment, une certaine monotonie s’installe, on commence à regarder la montre et se dire que ce serait bien qu’on arrive. Les dernières 15% sont souvent un peu dures, mais comme l’indique le chiffre ce sont les dernières 15%. On prend donc son mal en patience et ça passe. Tout ça pour dire que nous voila à la gare à 2.30 du mat, les yeux tout croûtés, on grimpe tant bien que mal dans le train, et là on découvre la troisième classe – une veille de noël (nous sommes le 24 au matin). OK les boliviens ne sont pas gros, mais là ils ont vraiment exagérés avec les sièges. Entre les gens et les paquets et autres objets non-identifiés, nous nous ENTASSONS (pas d’exagération) dans le wagon pour former un tout très compact (probablement plus sur en cas de collision – avons-nous découvert l’air bag version bolivienne?). Pour revenir à notre règle des 60%, ce coup-ci c’est plutôt la règle des 0%. À peine « insérés » dans nos sièges respectifs, nous regardons la montre pour découvrir – oh malheur – que nous ne sommes pas encore partis! Un bon 7h de calvaire va s’en suivre. Phénomène typique : assoupissement, réveil en sursaut, coup d’œil sur la montre plein d’espoir, pour découvrir que 10mn ont passées… DAMN! Petit rayon de soleil, nous faisons face à deux petites grand-mères absolument adorables, en habit typique et un visage de tous les âges. Le petit matin nous apporte le soleil ainsi qu’un paysage tout de même très beau. L’état d’esprit n’est pas vraiment à la villégiature mais nous prenons cependant connaissance du décor de western qui s’offre à nous. Finalement après nombre de gares et autant de faux espoirs, nous arrivons à Tupiza, proche de la frontière argentine, ou nous comptons jouer aux cowboys avant de reprendre nos chemins respectifs.

Nick le cowboy

Nick le cowboy

Tupiza est une petite bourgade très sympathique plantée au milieu d’une sorte de désert qui rappelle les bons vieux western spaghettis. Montagnes usées par les précipitations d’un rouge ocre, cactus en tous genres et un temps sec sont autant d’appel du pied pour prendre un cheval et partir galoper dans les steppes locales. Ce que nous faisons dès le 2e jour. Les chevaux sont très beaux et ne demandent qu’à s’élancer en avant dès que le terrain le permet. Nous passerons la porte du diable jusqu’au canyon des incas avant de retourner en fin de journée le sourire aux lèvres et les hanches en compote. 1 jour de repos pour se remettre de toutes ces aventures et nous repartirons le jour suivant avec Nick et Beth (membres de l’équipe lors de la pampa) pour un tour d’une journée complète en Jeep, à cheval et en vélo, qui s’avérera une catastrophe du début à la fin. Le matin, engueulade avec l’agence de voyage qui organise le tour, le temps est gris, les pauvres chevaux sont au bout du rouleau, et les vélos roulent on ne sait par quel miracle! La bonne compagnie rendra le tout quand même très agréable et nous finissons par en rire tellement tout s’accumule. Pour finir par une course en vélo dans la boue déclenchant systématiquement un grand sourire des locaux amusés de voir ces gringos tout couverts de boue… :)

De là nos routes se séparent définitivement et je repars le cœur un peu gros vers Sucre au nord alors que le reste de la troupe se met en selle pour l’Argentine… Une page du voyage se tourne, j’ai effectivement décidé de poser mon baluchon quelques semaines histoire de vivre avec les locaux et aider les enfants. Sur le chemin, je compte m’arrêter à Potosi juste le temps de visiter les mines d’argent qui ont rendues la région célèbre. A suivre…

Une fin en beauté

Une fin en beauté

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