Punta del Diablo – beach time!

Punta del diablo

Punta del diablo

Le bus de Bariloche à Buenos Aires est un véritable palace flottant. Je suis au premier rang du deuxième étage avec vue panoramique, les traditionnelles 4 rangées de fauteuils sont remplacées par 3 rangées de sièges dignes d’une première classe en avion. Vin et champagne pour accompagner les repas chauds servis par notre “steward”, nous sommes bien lotis. Et on s’enfile un 24h de bus comme si de rien était et arrivons à 8h le lendemain matin dans la capitale, (presque) frais comme des gardons. Direction une auberge dans Palermo, magnifique quartier peuplé de terrasse et petites rues charmantes. Je passerai deux jours à me promener (je connais déjà BA de mon passage en 2008) et décide de rapidement opter pour le busquebus, ferry qui nous emmène de l’autre côté du mar del plata jusqu’à Colonia en Uruguay, à deux heures de Montévidéo la capitale. Traversée tranquille, et je pose finalement mes sacs à Colonia pendant une journée.

Petite ville coloniale en bord de mer pleine de charme malgré un tourisme assez développé. Balades dans les petites rues pavées, l’automne s’annonce et les feuilles commencent à recouvrir les trottoirs de leur nostalgie. Petit assado en bord de mer pour ne pas perdre les bonnes habitudes, je passe le reste de la journée à lézarder tantôt au bord de la plage, tantôt en terrasse avec un bon bouquin. La vie est douce, et (surtout) pas trop fatiguante! ☺

Le lendemain, je me mets en route pour Montévidéo où je vais revoir la famille de Mariana, rencontrée lors de ma première visite il y a deux ans. Accueil chaleureux de Manuel, poussage de voiture histoire de sortir du stationnement du terminal, nous rejoignons rapidement son appartement qu’il me laisse pour l’occasion et pouvons finalement discuter ensemble!!!! Inutile de préciser que mon espagnol était tout simplement inexistant lors de notre première rencontre, nous nous rattrapons donc comme il faut. Le lendemain après une bonne balade sur la croisette, assado (oui, encore! On ne s’en lasse pas!) chez la maman de Mariana pendant un bon 4h, clot en beauté par un défilé de carnaval (pratique rituelle du dimanche) sous les drapeaux des différentes troupes et leurs danseuses voluptueuses (pour la plupart, quelques exceptions tout de même). Bref un accueil fantastique de la famille Cano-Comelli qui finit de me plonger sous le charme de l’Uruguay.

La plage principale

La plage principale

Après de chaleureux au-revoir, me voici donc à reprendre la route le lendemain, cette fois-ci pour Punta Del Diablo, un petit village de pêcheurs et surfeurs juste avant la frontière brézilienne. Ça fait un bon 3 mois que je rêve de me poser au bord de la plage à ne rien faire d’autre que regarder les vagues s’échouer, le temps est venu! Je me pose à l’auberge reine du coin, El Diablo Tranquilo, et là commence une semaine de… rien du tout! Balades sur la plage, lecture dans le sable, méditation sur la forme des vagues et la manière dont les surfeurs s’y prennent, c’est à peu près tout ce que je ferai pendant une semaine. Le coin est sublime, les plages s’étendent sur des kilomètres sans autre forme de civilisation que quelques cahutes ici et là, c’est un régal. Le village quant à lui reste très authentique, désert en cette saison, et l’auberge est un vrai havre de paix.

El Diablo Tranquilo

El Diablo Tranquilo

Bref un bon temps pour revivre les derniers mois et se préparer tout doucement au retour à la réalité du boulot et du reste. OK, après une semaine j’ai pas mal fait le tour et je commence à tourner en rond, il est temps de remettre le sac sur le dos. La destination? Pas certain… J’avais rencontré Aoife en début de semaine, une irlandaise sympa. Nous nous revoyons la veille de mon départ, et elle m’annonce qu’elle s’en va à Cabo Polonio pour 1-2 jours. Je lui fais mon plus beau sourire et me propose de l’accompagner, elle répond par la positive. Avec nous se joint plus tard Meredith, américaine, arrivée la veille et qui décide sur un coup de tête de nous accompagner. C’est donc entendu, nous nous mettrons en route le lendemain en après-midi! Accrochez-vous, Cabo Polonio ça déchire comme il faut!

Tagged with:
 

Carretera austral – l’aventure!

Sur la route de Cochrane

Sur la route de Cochrane

Me voilà donc sur la route pour la Patagonie, pays des fjords et glaciers, du froid et du mauvais temps. Deux possibilités, aller au sud par la fameuse route 40 en Argentine, ou bien tracer au Chili et descendre la carretera austral. Cette dernière m’a été décrite comme étant complètement paumée, avec un chemin forestier pour toute route et traversant des villages de pionniers supposés sans intérêt. Le tout arrosé d’une pluie abondante et incessante, avec des bus à fréquence aléatoire. Bref, on sait quand on part mais dur de dire quand et ou on arrive, ni dans quel état. Cette description alléchante finit de me convaincre, je vais prendre le chemin des écoliers, long tout de même de plus de 1,200km. L’aventure démarre donc de Futaleufu, petit village perdu dans les montagnes bordant la frontière chilienne – à une journée de voyage depuis Bariloche.

Du stop en musique

Du stop en musique

Descente du bus, je me renseigne pour savoir à quelle heure part le prochain bus pour le sud. Question mal posée, quel JOUR part le bus… 2 jours d’attente – ca commence bien! Jamais fait de stop, c’est le temps donc d’essayer. Les locaux me regardent bizarrement mais je ne me démonte pas pour autant. Je mets donc mon barda sur le dos et me voilà au bord de la route à attendre le prochain bon samaritain. Qui ne se fait pas attendre, j’attends 10 minutes et voit Manuel s’arrêter avec son pick-up. Il peut me descendre jusqu’à Santa Lucia à 120km au sud, c’est déjà ça de pris. Après une descente en mode « rally » au milieu des montagnes et lacs, la route est absolument magnifique, je découvre Villa Santa Lucia, paumée au fond de la vallée avec des maisons de brocs et un bon 300 habitants – ok, 250. Pas de problème, je me pose au bord de la route, il est midi et après mon premier succès de la journée, je me sens en veine. Mon pouce reste levé un bon 15mn, pas de voitures. Je me décide à m’asseoir. 45mn plus tard, toujours pas une voiture, je sors la guitare et Pink Floyd s’en donne à cœur joie. Au bout d’une heure, 1 voiture passe (WOW). Je me dis qu’elle est pour moi, je l’ai tout de même bien méritée. Ces ingrats ne vont même pas s’arrêter, plutôt ils vont me recouvrir d’une légère poussière ocre. Mais rien n’y fait, je suis motivé! Inutile de préciser que je suis en plein cagnard sans crème solaire (finie la veille), la faim me tenaille l’estomac. L’excitation du départ commence à faire place à une attente frustrante. On dit souvent que faire du stop est fonction de la bonne volonté des gens, ça fonctionne… quand il y a des voitures! Je rencontre Jolly Jumper, pauvre cheval errant sur la route, quelques vaches me regardent avec leur tronche brillante d’intelligence, et je me débat avec la horde de temps qui sont parait-il très populaires en Patagonie (et tenaces les salopiauds).

Villa Santa Lucia

Villa Santa Lucia

2 heures et demi… ras le bol je me dirige vers le magasin du village. Le prochain bus est le lendemain matin, probablement plus sur pour arriver quelque part. Je pose donc mes affaires, sors ma guitare et nous passerons avec le propriétaire du magasin et la horde de gamins du village le reste de la journée au bord de la route à compter les voitures (sur les doigts d’une main quand même), jouer de la guitare et vider des bières. Finalement toute une expérience et l’imprévu du voyage, les gens sont absolument adorables et nous partagerons un très bon moment. La mama me préparera un dîner digne de ce nom avec riz, saucisse et salade de tomates (papa, un vrai délice), et nous finirons la journée sur quelques accords de guitare et le sourire des enfants contents d’avoir de la compagnie. Après une bonne nuit de sommeil pour cuver les bières et me remettre de mes émotions, temps de remettre les voiles au sud. Objectif, rejoindre Coyhaique d’ici la fin de la journée (oui Charles, LE Coyhaique), point central de la carretera austral. Je reprend mon poste au bord de la route, cette fois rempli d’espoir par le bus. Une voiture arrive, à tout hasard je lève le pouce, et la voiture s’arrête! Je fais la connaissance de Julio (Argentin) et Anne-Hélène (Française) qui proposent de me descendre 100km au sud à Puyuhuapi, petit village de pêcheur. De là je me dis que je pourrais toujours attraper le bus pour descendre plus au sud, et en plus faire leur connaissance. J’embarque. Nous partons rapidement dans des discussions passionnantes et variées, ponctuées d’arrêts le long de la route histoire de faire quelques photos et profiter du paysage et du temps (toujours grand beau – est-on vraiment en Patagonie?!). Prochain arrêt, nous manquons de nous faire renverser par LE bus qui arrive à toute berzingue en sortie de virage. Oops, on oublie donc d’arriver à Coyhaique en fin de journée, va falloir réajuster les plans.

Anne-Hélène et Julio

Anne-Hélène et Julio

Nous arriverons finalement à Puyuhuapi pour un déjeuner tardif et poussons un peu après le village au restaurant des eaux thermales, petit coin de paradis fleurit au bord du lac. Vous prenez un superbe lac suisse entouré de montagnes, enlevez les touristes, les grands chalets au bord de l’eau, les bateaux et autres embarcations nautiques, et vous y êtes. Charmant! Après le déjeuner et une bonne dose de soleil, mes deux compagnons ne sont pas fatigués de moi (je sais, incroyable!) et me proposent d’aller voir le glacier voisin avec eux. Cool! Après une marche de 45mn, que nous essayerons de couvrir en 30mn – sans succès, nous pouvons finalement admirer mon premier glacier perché dans un col et source de maintes cascades. C’est un régal, beau, magnifique, les mots manquent. Temps de redescendre, Anne-Hélène décide de prendre les choses en main et nous courrons avec Julio derrière elle histoire de tenir le rythme – insoutenable! Ces derniers ont décidé de poser la tente au pied du glacier, il est temps pour moi de les remercier chaudement après une journée inattendue en excellente compagnie, récupérer mon barda et de faire le chemin vers Puyuhuapi histoire d’y passer la nuit. Il est 20h – j’ai 20km à couvrir en passant par l’autoroute locale (toujours autant de voiture, ça en donne le vertige). Le soleil se couche, je mets mes écouteurs et commence ma marche vers le village.

Mon premier glacier!! :)

Mon premier glacier!! :)

Le soleil couchant se découpe sur les montagnes, l’air est frais mais agréable, la musique parfaite, je suis heureux. Aucune idée de quand je vais croiser une voiture ni ou et quand je vais dormir, mais peu importe je me laisse emporter par la magie du moment. 45 minutes plus tard, toujours pas vu une voiture, mon barda pèse une tonne et le soleil a presque finit de se coucher (malgré mes espoirs que le soleil couchant ne se couche finalement pas complètement, beaucoup plus beau). Ma bonne humeur naïve vacille peu à peu, mais pas grave, je dormirai au bord de la route s’il le faut, j’en mourrait pas. Après réflexion, j’ai rien à manger, ça c’est moins cool. Finalement après une heure à errer sur la route et le dos en morceau – que vois-je… des phares de voiture! Je me pose sérieusement la question de ne pas l’arrêter et de profiter de la nature environnante pour passer la nuit et poursuivre l’aventure jusqu’au bout… mais à la réflexion… non, quand même pas exagérer tout de même! Je m’arme de mon sourire le plus charmant, la voiture s’arrête (sauvé!), et je réalise avec plaisir qu’il s’agit du gardien du parc du glacier qui me propose de passer la nuit chez lui. La nuit est tombée, on se les pèle grave, la proposition est donc acceptée avec plaisir (presque même du soulagement au grand dam de ma fierté d’aventurier). L’arrivée au village se fait une demi-heure plus tard (je vous raconte pas si j’avais dut me taper tout çà à pied, l’enfer…), je m’installe dans mes quartiers, quatre murs avec un matelas (un vrai paradis après la perspective de dormir au bord de la route… ok j’y ai pas vraiment crut pas, mais l’idée m’a quand même traversée l’esprit). Quelques tranches de salami jetées sur du pain, une bière, mon sac trempé (pas vu qu’il pataugeait dans l’eau pendant mon dîner de fortune au bord du lac), et me voilà au dodo après une journée ma foi assez surprenante et sympathique. OK j’ai pas beaucoup avancé au sud mais la rencontre de Julio et Anne-Hélène et nos interminables discussions furent un vrai régal – que nous comptons d’ailleurs poursuivre au bord du lac Puelo proche de Bariloche, ou ils habitent.

Ponton de Puyuhuapi

Ponton de Puyuhuapi

Je pensais partir directement pour Coyhaique (encore) mais décide finalement de passer une journée de plus avec le peu de pesos qu’il me reste (pas de banque bien entendu) et après un réveil tardif et un semblant de petit déjeuner, me voilà au bout du ponton à jouer de la guitare sur le lac, pour finir en beauté la journée avec un tour de kayak sur le lac sous un grand soleil (vraiment des histoires ce soi-disant mauvais temps en Patagonie…!). Lendemain matin, 7h, me voilà finalement dans le bus en route vers Coyhaique (si si, je vous assure!) que je rejoins vers midi après un voyage absolument magnifique alternant entre lacs et glaciers suspendus, une vraie merveille!

Sur la route de Cochrane

Sur la route de Cochrane

Coyhaique, une journée de vacances histoire de définir les prochaines étapes de l’itinéraire… Et après mure réflexion, je me décide à continuer sur la route des écoliers et de garder le cap au sud. Mon guide me quitte puisqu’il ne traite pas de la partie sud de Coyhaique, je me réfère donc aux dires d’autres voyageurs qui m’ont parlé d’un moyen de rejoindre la frontière argentine et El Chalten par le sud de la carretera austral, partant d’un petit patelin qui s’appelle Villa O’Higgins. De là, il devrait y avoir un bateau amenant à la frontière, et un bon 20km de marche dans les montagnes avant de rejoindre la partie argentine. La fleur au fusil, je repars le lendemain donc pour… le sud. Je sais, je l’ai déjà dit! L’aventure en terre patagonienne continue…

Toujours sur la route de Cochrane - vraiment beau!

Toujours sur la route de Cochrane - vraiment beau!

Tagged with:
 

Bariloche – Aux portes de la Patagonie

Vue du lac de Bariloche

Vue du lac de Bariloche

La route de Bariloche passe par la fameuse route des 7 lacs (qui en compte 8 si vous avez bien suivi), le paysage est donc un régal et le beau temps au RDV. Une fois sur Bariloche, je prend mes quartiers à l’auberge 1004 – tout un poème en soi. Située au dernier étage du bâtiment le plus haut de la ville, la vue sur le lac et les montagnes environnantes y est tout simplement extraordinaire. Les photos de coucher de soleil sont prises du balcon. Un endroit qui vaut le détour à lui tout seul. Le plan est donc de passer quelques jours avant de remettre les voiles plus au sud.

Au départ de Cathedral

Au départ de Cathedral

Après une après-midi à relaxer et se balader, je rencontre Mara d’Allemagne avec qui nous prévoyons de faire le « circuito chico » en vélo le lendemain (tour de vélo de 30km). Finalement le lendemain matin, temps pourri. Pour le vélo, on repassera. Cela dit on prend notre petit déjeuner avec Cécile et Thomas, qui eux partent pour 3 jours de randonnées dans la montagne avoisinante. L’idée est alléchante malgré le temps (toujours aussi pourri), nous décidons donc de suivre nos deux amis et après une heure à courir dans tous les sens pour faire le sac et les courses, nous voici donc en pistes pour 3 jours de marche dans la boue! Merveilleuse perspective, vraiment. Le départ de la station Cathedral se fait dans la brume – on est pas bien, vraiment.

Vue du refuge de Frey

Vue du refuge de Frey

Nous marchons donc toute l’après-midi, profitons d’éclaircies passagères pour nous régaler du spectacle des lacs et montagnes qui nous entourent. Après un bon 4h, nous arrivons au refuge Frey, notre étape pour la nuit. Dans mon élan « nature », j’ai décidé d’emprunter une tente histoire de vivre l’expérience jusqu’au bout. Pas malin des fois. Donc au lieu de dormir dans le refuge, au chaud, dans un lit, je me tape une nuit en tente sous la pluie sans tapis de sol avec des vents de 40-50km/h. La température frôle le 0, logique. Vu que j’ai pas de tapis de sol j’utilise ma couverture de survie pour isoler, que je met dans le mauvais sens bien entendu (pareil, jamais j’aurais crut qu’il y avait un sens!), donc qui m’isole de la chaleur. @#$%!!!. Et comme Mara a eut l’excellente idée de nous faire trinquer à la bière locale pour clore le premier jour de rando (Berliner, excellente en passant), je suis obligé de me lever à 3h du mat (après une bataille féroce avec moi-même – dont vous devinerez l’issue…) histoire de vidanger. Conclusion, je déteste le camping, c’est vraiment pas mon truc (désolé Claire et Wil, c’est comme ça). Je préviens donc le groupe, pas moyen que je dorme en tente la prochaine nuit, je prend d’office une place en refuge même si c’est la dernière.

Arrivée au sommet

Arrivée au sommet

Lendemain matin, grognon. Nous nous mettons en route dans un ciel de brume avec tout de même quelques rayons de soleil et même un arc en ciel. Là, on monte et pas qu’un peu – ils ont pas vraiment compris le concept des tunnels je pense. Donc on monte un pic, on le descend, on reprend les mêmes et on fait le pic suivant, et ainsi de suite. Après la première heure et demi, le GPS nous indique que nous venons de nous taper 700m (à vol d’oiseau). C’est encourageant, il nous reste juste un peu plus de 7km. Sur ce la pluie se met à redoubler et nous atteignons rapidement un état d’humidité digne d’une couche Pampers (usagée il va sans dire…). Rajoutez à ça la marche dans des marécages et champs de boue et le tableau est presque complet. Presque puisqu’alors que nous attaquons le dernier pic et atteignons les 2,000 mètres, la pluie se transforme logiquement… en neige! Yep, le processus est le même dans l’hémisphère sud je confirme. Donc en plus d’être complètement trempé on se les pèle – génial le grand air. Petite pensée pour ma chère tante Simone qui serait paniquée à ce stade de l’expédition.

Sur le chemin du retour

Sur le chemin du retour

Finalement nous arriverons quelques 6h plus tard à bon port, au refuge Jakob du lac du même nom (je pense d’ailleurs que c’est le refuge qui a pris le nom du lac et non l’inverse… à vérifier). Petite cerise sur le gâteau tout de même, le chemin aux abords du refuge est coupé par un torrent (plein d’eau, logique), et pas de pont (toujours plus sympa). Alors que les autres se demandent comment passer cette nouvelle épreuve humide, mon sang ne fait qu’un tour et je me lance dans la traversée les pieds dans l’eau. Premier pas sur la rive, je m’enfonce dans la boue jusqu’au genoux – le bain de pied est donc plus qu’indiqué. Je précise tout de même que mes pompes étaient aussi humides que le torrent AVANT la traversée, le différentiel était donc superflu. Les autres (qui ont quant à eux les pieds encore secs – aucune idée comment ils ont fait) se décident à traverser, les chaussures… à la main. Le temps dans le refuge sera consacré au séchage de nos pauvres vêtements, et nos âmes qui ont également pris la flotte. La nuit au sec est un vrai régal, et nous nous remettons en selle le lendemain matin frais et reposés, les pieds dans l’eau dans mon cas, pas eu le temps de sécher. La descente vers Bariloche va se faire tranquillement, avec tout de même quelques passages dignes de la veille, notamment un torrent au-dessus du vide avec une ligne de vie pour unique support. Et un pont sur le point de rendre l’âme – une personne à la fois SVP. Arrivée à l’auberge, bière, on souffle, la vue est belle et comme pour nous narguer, le soleil est de retour. Si j’étais parano, je dirai qu’il s’est fait un malin plaisir de s’éclipser le temps de notre randonnée…

Circuito chico

Circuito chico

Lendemain, c’est repos pour tous – journée libre. Après un réveil très tardif, je fais un tour au supermarché du coin histoire de nourrir son homme (saucisson de survie et les à côtés), j’attrape un bus et vais me reposer sur une petite plage charmante à 20km de la ville. Là sur mon rocher faisant face au lac de Bariloche, je sors ma guitare et laisse mes doigts se détendre sur les cordes en même temps que j’emmagasine soleil et chaleur. Un plaisir après les derniers jours. Et nous finirons d’honorer les lieux le lendemain avec circuito chico, tour de vélo que nous étions censé faire le premier jour. Vous pourrez vous en donner à cœur joie avec les photos, c’est tout simplement magnifique et le temps nous fait finalement honneur. Bon la partie moins sympa, c’est que faut se taper les côtes, mais le bon côté est que logiquement quand on monte… ben on descend après! Petite crevaison, cellule de crise, réparation et nous voilà repartis. On va éviter le cheval pour les deux prochains jours, mais dans l’ensemble une super journée qui sonne la fin de mon bref séjour dans les environs. Le temps est annoncé beau pour la prochaine semaine, temps de mettre le cap au sud qui d’habitude est pluvieux la plupart du temps. Après une dernière journée en ville histoire de faire quelques courses et vider les dernières bouteilles avec les amis, il est temps pour moi de remettre mon sac sur le dos (aouch! ca fait mal!).

Tagged with:
 

Argentina!

San Martin de los Andes

San Martin de los Andes

L’aventure bolivienne se termine donc sur une note grandiose puisque je refais le désert de sel avec l’eau cette fois-ci et c’est un paysage surprenant et presque irréel qui finit mon séjour en beauté. La cerise sur le gâteau. Du désert je passe donc la frontière pour rejoindre San Pedro de Atacama au Chili, d’où je compte me diriger tranquillement vers Mendoza pour rejoindre mes parents et passer avec eux les 10 jours suivants.

Désert d'Atacama

Désert d'Atacama

Petite surprise à San Pedro – petit village au milieu du désert, très mignon mais absolument rien à faire et des prix qui battent les records – les bus vers l’Argentine sont complets pour les dix prochains jours. Donc changement de plans. Avec Jayna qui a décidé de faire un petit bout de chemin avec moi, nous nous dirigeons donc vers la station de bus sans trop savoir quelle sera la prochaine destination, et allons innover en matière de prise de décision. Nous décidons d’ignorer ce que peut dire le guide, et nous adressons simplement au premier couple de touristes en leur demandant où ils vont. Tiens, des Français. Et ils nous disent Arica, nous leur demandons si c’est bien, ils nous disent que c’est censé être sympa, nous nous consultons brièvement des yeux, hochons tous deux la tête, c’est donc là que nous irons. Bon c’est à 12h de San Pedro et au nord, donc dans la direction opposée de Santiago et Mendoza où je dois retrouver mes parents, mais qu’à cela ne tienne c’est là que nous irons. Le soir nous voilà donc en route pour cette grande ville côtière ma foi fort sympathique et pas trop touristique (grand changement de San Pedro). Nous passerons quelques jours très sympathiques à alterner entre plage et balades sous un soleil de plomb.

Deux parents en Argentine

Deux parents en Argentine

Le dimanche, temps de se remettre en selle pour le sud cette fois-ci, et c’est un 30 heures de bus qui m’attend pour rejoindre les parents à Santiago. Au point ou j’en suis… Et finalement ça se fait très bien, la route est superbe puisque je longe la côte tout le long, et les bus là-bas sont de vrais palaces roulants. Bon je concède que je suis tout de même heureux d’arriver d’autant que je revois mes parents après 6 mois depuis la dernière rencontre. Nous fêterons d’ailleurs les retrouvailles en grandes pompes au restaurant de viking du coin avec une viande exceptionnelle, le tout bien entendu arrosé de l’élixir local. Le lendemain nous nous mettons en route pour Mendoza en bus, un bon 5 heures dans un paysage superbe. Nous frôlerons des yeux le mont Aconcagua, plus haut sommet d’Amérique du sud culminant tout de même à un bon 6,9962m (respectable vous en conviendrez). Et le lendemain de notre arrivée en territoire argentin, nous voici sur la route en direction du sud dans notre carrosse local, une magnifique Chevrolet Corsa grande comme une boite à sardine roulante. Je vous passerai les « elle est vraiment très con cette voiture » du pater qui jalonneront la route… Clairement Chevrolet n’est pas allemand! ;)

En route...

En route...

Nous ferons ainsi 2 jours de route avec tout de même de belles étapes gastronomiques histoire de valider la réputation du boeuf argentin et du vin, et se remettre de ces longues tranches de route dans un paysage principalement de steppes. Pour faire bonne mesure, nous alternerons entre bitume et pistes de terre – cette dernière particulièrement dangereuse pour notre gomme de formule 1. Cela dit papa fait ça avec style puisqu’il attendra de se retrouver dans un centre urbain de taille importante (au moins 5,000 habitants!) avant de crever, facilitant ainsi la réparation et minimisant le temps d’attente. Nous aurons le plaisir de affaire avec « Jo rapido » qui effectivement nous fera le nécessaire en un temps record de 10mn. Nous revoici sur la route donc pour conclure un bon 1,500km, trois jours plus tard. Nous arrivons finalement à San Martin de los Andes dans la région des lacs, juste au-dessus de la Patagonie.

Aux alentours de San Martin

Aux alentours de San Martin

Pour inaugurer l’endroit et fêter la fin du trajet (un peu longuet quand même, bien que la compagnie soit tout simplement exceptionnelle), nous nous faisons un restaurant à Parilla (comprenez BBQ) servant de petits steaks de 400g (les formats réguliers font 800gr – nous aurons la décence de ne pas demander la taille des gros formats…). Sur ce nous nous trouvons un repère de bandits tout en bois et nous mettons en quête de… légumes! Bon c’est pas brillant mais on y arrivera quand même. Ce soir, c’est salade – quand même pas abuser, 500gr de viande par jour ça suffit! Nous nous émerveillons également devant le spectacle qui s’offre à nous. San Martin est une colonie d’étrangers qui voyant le paysage de montagnes, lacs et forêts, ont décidé de faire une mini-suisse en Argentine. Le contexte s’y prête, il manque simplement les chalets en bois et autre artéfacts typiques (genre des châteaux et autres excentricités de gens simples), et c’est bon, on s’y croirait. Sérieusement la ville est très mignonne et soignée, au bord d’un lac et au milieu d’un paysage tout simplement à couper le souffle (oui encore un!). Ça ressemble aux Alpes mais la végétation change, les lacs se suivent et ne se ressemblent pas, et le tout reste très sauvage.

Le volcan Lanin

Le volcan Lanin

Nous passerons ainsi les trois jours suivants à se balader et profiter de ce magnifique spectacle de nature sauvage. J’aurai beau essayer de convaincre mes parents de faire trempette, sans succès, ils sont catégoriques. Le tout alimenté de grandes discussions sur tous types de sujets, un plaisir dans un contexte qui se prête à l’échange et l’ouverture. Nous irons également admirer le volcan Lanin qui a façonné les montagnes et lacs de toute la région au fil de quelques (millions) d’années. Sommet conique impressionnant recouvert de neige. Maman est aux anges. Pour les lamas par contre, on repassera…

Parilla en cours de réalisation

Parilla en cours de réalisation

À la fin du deuxième jour, nous nous lancerons avec papa dans l’allumage de notre premier barbecue argentin – très différent et beaucoup plus technique, il va sans dire. Après de maints efforts, et la section politique, sport et économie du journal local, nous ferons de magnifiques braises dignes (attention, faut que la braise soit vraiment blanche – hyper important!) d’accueillir nos « ojos de bife » fraichement pêchés à la boucherie du coin (qui a un nom assez cool bien que je l’ai oublié – maman?). Un franc succès.

:))))

:))))

Nous conclurons le tout par une belle balade sur la route des 7 lacs (du marketing, puisque la route en compte en fait 8 – mais 7 ça fait mieux c’est certain), qui n’en finit pas de surprendre et d’émerveiller. Des paysages absolument grandioses qui ravissent tous les sens. Viens finalement le temps de se séparer, les parents reprenant la route de Santiago et moi me dirigeant (doucement quand même, on va pas se stresser tout de même) vers le sud avec un premier stop à Bariloche. De là j’attaque la Patagonie, un des points culminants de mon voyage. Cette semaine en excellente compagnie fut un vrai plaisir et un temps privilégié, et une belle coupure du reste du voyage. Un gros merci donc à vous deux chers parents pour votre visite et votre accueil même à des milliers de KM de la maison, ce fut absolument génial!

Petite parenthèse pour conclure sur le contraste entre le Chili et l’Argentine, et la Bolivie. Outre les prix qui sont (pardonnez l’expression) DEBILES (ok, je partais perdant avec la Bolivie, mais quand même), on change littéralement de monde. Tant au niveau des infrastructures (j’ai redécouvert les bienfaits de l’asphalte) que de la culture et des gens, il y a un vrai fossé difficile à réconcilier avec le passage d’une simple frontière virtuelle. La Bolivie en vient d’ailleurs rapidement à me manquer de par son dépaysement et sa culture principalement indigène. Mais cela fait partit du voyage et c’est intéressant de s’interroger sur les raisons qui ont amorcé un tel différentiel entre des pays pourtant voisins… Allez, sur ce on se revoit du côté de Bariloche!

Zapala

Zapala