El Bolson – Régime argentin

El Bolson

El Bolson

Descente du bus, nous nous dirigeons tranquilement avec Raph et Delphine vers le bistro du terminal pour se dire au revoir et prendre rendez-vous pour l’été qui vient, cette fois en Suisse autour du bonne fondue. Julio et Anne-Hélène passent me prendre – cela fait maintenant un bon mois que nous nous sommes rencontrés et quittés. Et nous voici en route pour le lac Puelo, où ils habitent depuis peu. La route est agréable et les histoires fusent, nous sommes heureux de nous revoir.

Anne-Hélène et Julio

Anne-Hélène et Julio

Arrivée dans le noir après un petit arrêt pour faire le plein de viande et de vin, et nous voici accueillis par Bretzel, jeune labrador couleur chocolat qui n’en finit plus de montrer son affection. Le chalet qui les abrite est magnifique, tout fait de bois et construit selon les plans de Julio. L’ambiance est chaleureuse et je tombe rapidement sous le charme de l’endroit, pris entre deux montagnes et totalement dans la nature. Julio nous préparera cette soirée là l’une des viande les plus mémorables qu’il m’ait été donné de goûter. Cuite lentement au feu de bois  dans la cheminée, accompagnée d’une bonne bouteille et béarnaise… Comme si nous nous étions quittés la veille, nous repartons dans nos interminables discussions sur tous types de sujets, pour finalement éteindre les lumières sous un ciel scintillant d’étoiles.

Vue aérienne de El Bolson

Vue aérienne de El Bolson

Julio le lendemain se propose de me faire découvrir les charmes de sa région natale et après un solide petit déjeuner, nous embarquons dans le pick-up (Bretzel à l’arrière) pour une magnifique balade sur un des sommets environnants. Le temps change rapidement et à mesure que nous atteignons le plateau supérieur, la température tombe autour de 0. Quelques minutes plus tard, nous rejoignons l’une des arêtes et pouvons découvrir toute la vallée qui s’offre à nous – c’est tout simplement superbe! Petite pause chocolat, Bretzel se réchauffe les cordes vocales (à défaut du reste), et nous nous remettons rapidement en route pour attaquer la descente (vraiment pas chaud là-haut!). Petite pause pizza d’altitude et bière maison au refuge et nous rentrons à la chaleur de la vallée. Retour au chalet, petit maté dans le jardin suivi d’une session d’épluchage de prunes dans le jardin. L’air est doux, le paysage magnifique, Julio et Anne-Hélène me racontent leur nouvelle vie en pleine nature (après Paris pendant de nombreuses années pour les deux), le chien fait la sieste.

Balade à cheval version argentine

I'm a poor lonesome cowboy...

Lendemain, c’est aventure version argentine! Julio doit visiter un campo proche de la frontière chilienne, nous nous mettons donc en route après une visite du marché artisanal de El Bolson (les artisans sont souvent au moins aussi intéressants que leurs bibelots – genre Woodstock des années 2000) et quelques empanadas pour nous tenir au ventre. Le campo ne peut être visité dans son intégralité qu’à cheval, nous voici donc sur de superbes montures qu’il nous aura fallut attraper dans l’enclos (avec un peu d’aide dans mon cas, apprentit cowboy tout de même…). Le paysage est digne d’un western, des collines désertiques pour la plupart dénuées d’arbres dans lesquelles broutent d’énormes troupeaux de moutons et quelques vaches par-ci par là. Le soleil nous brûle le cou, l’air est frais sans trop l’être, et le paysage s’offre à nous à mesure que nous montons. 2h plus tard, nous arrivons au point de vue le plus haut du domaine et pouvons le contempler dans toute sa splendeur (OK Julio, ça vaut pas un campo de Patagonie du sud, mais quand même… ;) ). Pause saucisson et fromage, discussion avec le gérant du domaine qui nous raconte l’histoire de la région et de la propriété, et nous voici en selle pour attaquer la descente. Par intervalles petits galops pour faire bonne mesure (pas comme dans les balades de touristes, les chevaux partent au quart de tour et connaissent leur affaire – un régal qui peu à peu se transforme en supplice pour les cuisses), et nous finissons par un accueil chaleureux des chiens. Incroyable balade – John Wayne n’a qu’à bien se tenir!

Assado!

Assado!

Le dimanche arrive, nous allons pouvoir tester la tradition du Quincho! Situé sur la propriété familiale, il s’agit d’un chalet dédié… à la barbaq! Non je plaisante pas, on parle d’une vraie salle de restaurant équipée d’une cheminée de 3 mètres de large sur 1.5 mètres de profondeur, une cuisine, table de ping pong et bien sur de longues tables prêtes à accueillir les estomacs festifs de la famille, et les autres aussi d’ailleurs! Bon il faut savoir qu’un Quincho, ça se mérite. Nous avons donc un atelier déménagement l’après midi pour aider la soeur de Julio à déménager, qui se termine près du feu avec une variété impressionante de différents morceaux de viande. Alors le truc à savoir c’est qu’un assado (bbq) débute toujours avec les saucisses (chorizo en bon argentin). Le débutant inexpérimenté et affamé se jette dessus, logique. Erreur stratégique! On y va crescendo, ce qui veut dire que plus on avance dans le repas, plus les morceaux de viande sont fins et gouteux. Bref malheureux celui qui n’a plus faim pour les derniers morceaux, ce sont les meilleurs! Nous passerons ainsi une merveilleuse soirée bercée par la bonne humeur (et le caractère) des nièces de Julio et les éfluves de Brel.

Cela conclut en beauté mon séjour chez Julio et Anne-Hélène (encore un énorme merci à tous les deux pour un accueil hors pair!), et les magnifiques contrées de la région des lacs. Je quitte donc mes deux amis et verse une petite larme en quittant El Bolson et ensuite Bariloche qui resteront une étape très spéciale de mon épopée en Amérique du Sud. Une page se tourne, une autre est maintenant à écrire. Direction Buenos Aires cette fois-ci!

El Bolson

El Bolson

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Torres del Paine – au coeur de la Patagonie

Glacier Grey

Glacier Grey

Puerto Natales est le point de départ pour les randonnées autour du Torres del Paine, l’un des sites les plus célèbres en Amérique du sud pour le trek. Sa principale attraction, 3 tours qui surplombent le massif montagneux, faites de granites avec des parois abruptes. Bien que d’une altitude raisonnable autour de 2,500m, peu peuvent prétendre en avoir fait l’ascension du fait de vents violents et un temps souvent peu clément. Nous arrivons de El Calafate en milieu de journée et nous dirigeons rapidement vers l’auberge Nancy qui va nous accueillir le temps de finaliser notre préparation avant de repartir en trek, cette fois pour 5 jours. Yep, 5 jours de bivouac, jamais j’aurais crut que je m’embarquerai dans une telle entreprise!

Aux abords du glacier Grey

Aux abords du glacier Grey

L’auberge est un régal d’accueil, toute la famille de Nancy y met du sien, Victor le cadet à la location d’équipement, Andrea qui gère l’agence de voyage, et Guillermo qui tient l’extension de l’auberge qui offre des dortoirs. Le courant passe rapidement et les deux jours que nous y passerons seront très agréables. Session d’information histoire de se mettre dans le bain, et nous voilà en quête des dernières choses qui nous manquent avant le grand départ. Après une journée libre histoire de se dégourdir les jambes, nous nous élançons finalement. 4h de voyage en bus et bateau pour rejoindre le point de départ de la randonnées et nous voilà en position. Le premier jour sera probablement l’un des plus beaux puisqu’après 3h de marche, nous verrons apparaître au fond de la vallée le glacier Grey. Même après le Perito Moreno, les sensations sont incroyables. Le tout couronné d’un bon vent de 100km/h. Nous pourrons l’admirer de très prêt, à peine 50m, et n’en finiront pas de le contempler jusqu’à l’extinction de la lumière. Coucher de soleil superbe sur une glace alliant toutes les teintes possibles et imaginables de bleu. Petite parenthèse pour ceux qui se demandent d’où vient cette magnifique couleur et ses différents tons. La glace telle que nous la connaissons, surtout dans le congélateur, a tendance à prendre la couleur blanche du fait de l’air pris à l’intérieur. C’est également le cas des glaciers à leur surface. À mesure que la neige s’accumule et durcit, elle compresse par son poids la glace du dessous, et en chasse progressivement l’air. Et une glace avec une faible teneur en air… prend la couleur bleu. Ce qui explique que plus on va profond dans la calotte de glace, plus elle devient bleue foncé (héhé, forcément!).

Torres del Paine

Torres del Paine

Lendemain, direction vallée des Français à environ 20km de marche. Nous rejoignons le campement Britanico et prenons le lendemain matin la route sans les sacs (pas désagréable) pour nous enfoncer dans la vallée et admirer le cirque des montagnes et glaciers alentours. Le sentiment d’être envahit par le grandiose de la nature est total. Petit moment de contemplation et nous attaquons la descente, récupérons nos sacs et continuons la route jusqu’au prochain refuge, quelques 15 km plus loin. Nuit sous les constellations d’étoiles, et nous repartons le 4e jour pour la partie finale de la randonnée et la découverte des fameuses tours. Arrivée au campement sans encombres, le soleil est de la partie et la marche se fait facilement d’autant que les sacs sont presque vides de nourriture. J’attendrai le lendemain matin pour découvrir ces montagnes aux formes inattendues, à mesure que le soleil se lève. Pas un nuage. Petite déception tout de même, nous n’aurons pas droit aux couleurs rouge orange se reflétant sur les tours comme sur les cartes postales. La photo ci-contre est en fait un généreux don de Raphaël qui restera une nuit de plus et y aura droit le matin suivant (aucune justice!). Mais même sans la lumière le tout est magnifique (et froid!) et aura valut les 4 jours que ça nous a pris pour les voir, et la dernière nuit ou le thermomètre est quand même descendu à -5.

Petit coin de Patagonie

Petit coin de Patagonie

Après la vue des tours, temps de plier bagage et de se remettre en route pour Puerto Natales que nous rejoignons en milieu d’après midi. La première bière et le repas du soir sont un véritable soulagement, l’ambiance est joyeuse autour de la table dans notre charmante auberge. Guillermo se joint à nous et nous festoyons gaiement – pas trop tard quand même, on est bien claqués et les feux s’éteignent peu avant minuit. Nous aurons couvert en 5 jours de marche un peu plus de 100km, pas si difficile du fait de conditions climatiques clémentes.Le lendemain, journée libre pour nous remettre de nos émotions, et le suivant notre petite troupe se met en route pour Punta Arenas, point le plus au sud de mon voyage au bord du détroit de Magellan, d’où nous allons nous séparer. Je rentrerai le lundi matin à Puerto Natales afin d’embarquer sur le ferry qui me ramènera à Puerto Montt et marquera un virage important de mon voyage puisque pour la première fois en presque 6 mois, je ferai route vers le Nord. De là il me restera un peu plus d’un mois avant ma remontée finale vers Quito en Equateur d’ou je m’envole le 6 mai. Le programme reste encore à finaliser, les 4 jours de traversée au milieu des fjords de Patagonie me laissent largement le temps d’y penser…

Patagonie argentine – ça déchire!

Le Fitz Roy

Le Fitz Roy

Nous voici donc arrivés en terre argentine, en route vers… UNE VILLE! Ça fait bien 10 jours qu’on a rien vu de tel, on serait presque excités. Et on découvre El Chalten… Finalement les petits villages et la brousse, c’était pas si mal! Seule activité locale, le tourisme, la rue principale est donc une longue succession d’auberges et restaurants en tous genres. Notable cela dit, une vue imprenable sur notre prochain objectif, le Fitz Roy, superbe montagne de granit escarpée culminant à plus de 3,000m. Je retrouve par hasard comme prévu Helen, mon australienne rencontrée dans la pension de famille de Sucre qui elle remonte le pays depuis Ushuaia avec deux amies. Rapidement les Chile Chico se mettent à fuser, les langues se délient et une bonne complicité s’installe dans le groupe. Auquel s’ajoutent deux américains qui ont également fait la route depuis Villa O’Higgins, Dylan et Laura. C’est décidé, nous partirons ensemble le lendemain pour 3 jours de randonnée et bivouac autour du Fitz Roy – ça promet (je déteste toujours le camping je vous rassure).

C'est partit!

C'est partit!

Lendemain matin, départ relax à 11h par un vent à décorner les bœufs, avec des rafales dépassant les 100km/h. Notre petit groupe (de 7 tout de même) se met donc en route avec beaucoup d’entrain. Nous monterons jusqu’au pied du Fitz Roy, ou nous comptons passer la première nuit. L’ascension se fait tranquillement, le soleil est au RDV et le vent se calme un peu pour nous laisser profiter du paysage qui s’offre à nous, BÔ! Du camping qui a vraiment des airs de Gaza, un chemin nous permet de rejoindre la base du Fitz Roy et le lac de glacier qu’il surplombe. On parle officiellement de 2km couvert selon le guide en 1.5h, ça monte sévère. Le Charles est pas très chaud pour monter maintenant, mieux de garder la vue pour le lever de soleil réputé superbe du fait de l’orientation de la montagne, mais capitule finalement devant l’enthousiasme du groupe d’attaquer la montée directement. Avec Dylan nous sommes devant et envoyons la purée – 45 minutes pour rejoindre le sommet. Le reste du groupe y va plus cool et nous rejoins 30 minutes plus tard. Et Charles de s’exclamer une fois en haut « putain je vous l’avais dit, fallait attendre demain matin! La lumière est vraiment pourrie!!! ». Pas content mon petit parisien, mais malgré la lumière (vraiment pourrie), il finit tout de même par regarder autour et profiter d’un paysage à couper le souffle. Nous sommes vraiment à la base du Fitz Roy, à 1,000m, et pouvons admirer les parois quasi-verticales jusqu’au sommet culminant à plus de 3,000m. Vraiment impressionnant! T’inquiètes Charles, on montera demain matin pour le lever de soleil, tu vas l’avoir ta lumière!

Le Fitz Roy au lever du soleil

Le Fitz Roy au lever du soleil

Descente en trombe, temps de nourrir nos chers estomac. Après quoi Charles va réussir à se perdre en chemin pour la vaisselle, faire trempette dans l’eau de glacier histoire de vérifier les propriétés du gore-tex. Extinction des feus. On tape à la tente, Helen nous annonce qu’elle va s’attaquer à la montée avec Laura. Il est 6h du mat. On se regarde avec Charles, pas moyen de mettre le nez dehors alors qu’on est bien au chaud dans la tente (tout est relatif, on est quand même toujours en camping, mais certain que dehors c’est pire). Finalement on s’en fout de la lumière. Yep… jusqu’à ce qu’on voit les photos des filles au petit déjeuner, on est dégoutés. J’admets à Charles qu’il avait finalement raison, la lumière de la veille était complètement pourrie comparée à celle du matin. On est verts…

Les filles dans le vent

Les filles dans le vent

Les deux prochains jours seront dans la lignée du premier, des paysages magnifiques, un vent qui alterne entre petite brise agréable et rafales dépassant les 100-120km/h. Notre petite équipe se porte bien et alterne autour du seul réchaud que nous nous partageons. Les histoires et blagues fusent en tous sens, la bonne humeur est de rigueur, le soleil nous accompagne en même temps que quelques condors planant dans la vallée. Retour le troisième jour à El Chalten pour une pizza locale bien méritée. Tout juste le temps de prendre une douche, boire un dernier verre de cidre, et notre équipe se sépare, nos Australiennes se mettant en route pour El Bolson au nord, le reste pour El Calafate, camp de base du très fameux glacier Perito Moreno. Trois heures de route et nous voilà arrivés à El Calafate, autre ville essentiellement touristique sans forcément beaucoup de charme. Après un bon sandwich tardif histoire de se remettre les idées en place, un avocat qu’on a sauvagement découpé avant qu’il atteigne sa maturité, nous voilà au lit.

Le fameux Perito Moreno

Le fameux Perito Moreno

Lendemain décollage tôt histoire d’admirer ce cher glacier Perito Moreno. Nous embarquons dans le taxi à 7.30h du mat et faisons tranquillement route vers notre prochain lieu d’ébahissement que nous rejoignons une heure plus tard. Sous les cris de vierge effarouchée de Laura (elle est très vocale), nous découvrons petit à petit le glacier se dessiner au bord du lac, il est ENORME. Large de plusieurs kilomètres, haut d’un bon 50-60m, il s’étend à perte de vue et se perd dans les montagnes qu’il borde. C’est impossible, complètement disproportionné, les teintes de bleu fusent devant nos yeux qui ont du mal à croire ce qu’ils voient. Nous resterons deux heures à observer ce monstre de glace en attendant que des pans se fracassent dans l’eau pour notre plus grand plaisir. Et nous aurons de la chance puisque deux morceaux de façades absolument énormes tomberont sous nos yeux ébahis dans un grondement de tonnerre – et les cris de Laura. Comme dirait Dylan, incroyable de pouvoir être témoin de la nature en transformation quand on sait que d’habitude les processus d’évolution de la terre prennent des milliers voire millions d’années. Le froid et le vent ont finalement raison de notre volonté, nous remettons le cap sur El Calafate pour une après-midi libre à jouer sur internet et relaxer.

Malgré mes rêves d’Asie du sud-est rapidement évaporés, je décide de suivre Laura et Dylan à Puerto Natales au Chili histoire de faire le fameux Torres del Paine, soi-disant la mecque du trekking en Amérique du sud. Charles quant à lui est déjà en route pour le sud et la terre de feu. A bientôt donc, de retour en terre chilienne cette fois-ci!

Note: many thanks to Helen, Shannon, Laura and Dylan for sharing their pictures as my cameras is out of order!

Charles et moi

Charles et moi

Argentina!

San Martin de los Andes

San Martin de los Andes

L’aventure bolivienne se termine donc sur une note grandiose puisque je refais le désert de sel avec l’eau cette fois-ci et c’est un paysage surprenant et presque irréel qui finit mon séjour en beauté. La cerise sur le gâteau. Du désert je passe donc la frontière pour rejoindre San Pedro de Atacama au Chili, d’où je compte me diriger tranquillement vers Mendoza pour rejoindre mes parents et passer avec eux les 10 jours suivants.

Désert d'Atacama

Désert d'Atacama

Petite surprise à San Pedro – petit village au milieu du désert, très mignon mais absolument rien à faire et des prix qui battent les records – les bus vers l’Argentine sont complets pour les dix prochains jours. Donc changement de plans. Avec Jayna qui a décidé de faire un petit bout de chemin avec moi, nous nous dirigeons donc vers la station de bus sans trop savoir quelle sera la prochaine destination, et allons innover en matière de prise de décision. Nous décidons d’ignorer ce que peut dire le guide, et nous adressons simplement au premier couple de touristes en leur demandant où ils vont. Tiens, des Français. Et ils nous disent Arica, nous leur demandons si c’est bien, ils nous disent que c’est censé être sympa, nous nous consultons brièvement des yeux, hochons tous deux la tête, c’est donc là que nous irons. Bon c’est à 12h de San Pedro et au nord, donc dans la direction opposée de Santiago et Mendoza où je dois retrouver mes parents, mais qu’à cela ne tienne c’est là que nous irons. Le soir nous voilà donc en route pour cette grande ville côtière ma foi fort sympathique et pas trop touristique (grand changement de San Pedro). Nous passerons quelques jours très sympathiques à alterner entre plage et balades sous un soleil de plomb.

Deux parents en Argentine

Deux parents en Argentine

Le dimanche, temps de se remettre en selle pour le sud cette fois-ci, et c’est un 30 heures de bus qui m’attend pour rejoindre les parents à Santiago. Au point ou j’en suis… Et finalement ça se fait très bien, la route est superbe puisque je longe la côte tout le long, et les bus là-bas sont de vrais palaces roulants. Bon je concède que je suis tout de même heureux d’arriver d’autant que je revois mes parents après 6 mois depuis la dernière rencontre. Nous fêterons d’ailleurs les retrouvailles en grandes pompes au restaurant de viking du coin avec une viande exceptionnelle, le tout bien entendu arrosé de l’élixir local. Le lendemain nous nous mettons en route pour Mendoza en bus, un bon 5 heures dans un paysage superbe. Nous frôlerons des yeux le mont Aconcagua, plus haut sommet d’Amérique du sud culminant tout de même à un bon 6,9962m (respectable vous en conviendrez). Et le lendemain de notre arrivée en territoire argentin, nous voici sur la route en direction du sud dans notre carrosse local, une magnifique Chevrolet Corsa grande comme une boite à sardine roulante. Je vous passerai les « elle est vraiment très con cette voiture » du pater qui jalonneront la route… Clairement Chevrolet n’est pas allemand! ;)

En route...

En route...

Nous ferons ainsi 2 jours de route avec tout de même de belles étapes gastronomiques histoire de valider la réputation du boeuf argentin et du vin, et se remettre de ces longues tranches de route dans un paysage principalement de steppes. Pour faire bonne mesure, nous alternerons entre bitume et pistes de terre – cette dernière particulièrement dangereuse pour notre gomme de formule 1. Cela dit papa fait ça avec style puisqu’il attendra de se retrouver dans un centre urbain de taille importante (au moins 5,000 habitants!) avant de crever, facilitant ainsi la réparation et minimisant le temps d’attente. Nous aurons le plaisir de affaire avec « Jo rapido » qui effectivement nous fera le nécessaire en un temps record de 10mn. Nous revoici sur la route donc pour conclure un bon 1,500km, trois jours plus tard. Nous arrivons finalement à San Martin de los Andes dans la région des lacs, juste au-dessus de la Patagonie.

Aux alentours de San Martin

Aux alentours de San Martin

Pour inaugurer l’endroit et fêter la fin du trajet (un peu longuet quand même, bien que la compagnie soit tout simplement exceptionnelle), nous nous faisons un restaurant à Parilla (comprenez BBQ) servant de petits steaks de 400g (les formats réguliers font 800gr – nous aurons la décence de ne pas demander la taille des gros formats…). Sur ce nous nous trouvons un repère de bandits tout en bois et nous mettons en quête de… légumes! Bon c’est pas brillant mais on y arrivera quand même. Ce soir, c’est salade – quand même pas abuser, 500gr de viande par jour ça suffit! Nous nous émerveillons également devant le spectacle qui s’offre à nous. San Martin est une colonie d’étrangers qui voyant le paysage de montagnes, lacs et forêts, ont décidé de faire une mini-suisse en Argentine. Le contexte s’y prête, il manque simplement les chalets en bois et autre artéfacts typiques (genre des châteaux et autres excentricités de gens simples), et c’est bon, on s’y croirait. Sérieusement la ville est très mignonne et soignée, au bord d’un lac et au milieu d’un paysage tout simplement à couper le souffle (oui encore un!). Ça ressemble aux Alpes mais la végétation change, les lacs se suivent et ne se ressemblent pas, et le tout reste très sauvage.

Le volcan Lanin

Le volcan Lanin

Nous passerons ainsi les trois jours suivants à se balader et profiter de ce magnifique spectacle de nature sauvage. J’aurai beau essayer de convaincre mes parents de faire trempette, sans succès, ils sont catégoriques. Le tout alimenté de grandes discussions sur tous types de sujets, un plaisir dans un contexte qui se prête à l’échange et l’ouverture. Nous irons également admirer le volcan Lanin qui a façonné les montagnes et lacs de toute la région au fil de quelques (millions) d’années. Sommet conique impressionnant recouvert de neige. Maman est aux anges. Pour les lamas par contre, on repassera…

Parilla en cours de réalisation

Parilla en cours de réalisation

À la fin du deuxième jour, nous nous lancerons avec papa dans l’allumage de notre premier barbecue argentin – très différent et beaucoup plus technique, il va sans dire. Après de maints efforts, et la section politique, sport et économie du journal local, nous ferons de magnifiques braises dignes (attention, faut que la braise soit vraiment blanche – hyper important!) d’accueillir nos « ojos de bife » fraichement pêchés à la boucherie du coin (qui a un nom assez cool bien que je l’ai oublié – maman?). Un franc succès.

:))))

:))))

Nous conclurons le tout par une belle balade sur la route des 7 lacs (du marketing, puisque la route en compte en fait 8 – mais 7 ça fait mieux c’est certain), qui n’en finit pas de surprendre et d’émerveiller. Des paysages absolument grandioses qui ravissent tous les sens. Viens finalement le temps de se séparer, les parents reprenant la route de Santiago et moi me dirigeant (doucement quand même, on va pas se stresser tout de même) vers le sud avec un premier stop à Bariloche. De là j’attaque la Patagonie, un des points culminants de mon voyage. Cette semaine en excellente compagnie fut un vrai plaisir et un temps privilégié, et une belle coupure du reste du voyage. Un gros merci donc à vous deux chers parents pour votre visite et votre accueil même à des milliers de KM de la maison, ce fut absolument génial!

Petite parenthèse pour conclure sur le contraste entre le Chili et l’Argentine, et la Bolivie. Outre les prix qui sont (pardonnez l’expression) DEBILES (ok, je partais perdant avec la Bolivie, mais quand même), on change littéralement de monde. Tant au niveau des infrastructures (j’ai redécouvert les bienfaits de l’asphalte) que de la culture et des gens, il y a un vrai fossé difficile à réconcilier avec le passage d’une simple frontière virtuelle. La Bolivie en vient d’ailleurs rapidement à me manquer de par son dépaysement et sa culture principalement indigène. Mais cela fait partit du voyage et c’est intéressant de s’interroger sur les raisons qui ont amorcé un tel différentiel entre des pays pourtant voisins… Allez, sur ce on se revoit du côté de Bariloche!

Zapala

Zapala

Sucre – opération immersion

Davida

Davida

Me voici donc à Sucre, pour 3 semaines. Objectif : me plonger en immersion totale, donner de mon temps en faisant du bénévolat avec les enfants et pratiquer mon espagnol jusqu’à la corde. Voyager est extraordinaire et les 3 mois passés (déjà!) ont été une succession d’émerveillement et de rencontres. Cela dit je fréquente la plupart du temps des étrangers et ne passe pas plus de 1 à 2 jours dans chaque endroit. Difficile donc de s’imprégner de la culture locale et de développer des relations avec les habitants. L’objectif de Sucre est donc de mettre le voyage de côté quelques semaines et de prendre le temps de découvrir l’endroit comme les gens.

Fernando & Bryan

Fernando & Bryan

Au programme (chargé!), logement en famille d’accueil, travail dans la garderie d’un quartier pauvre de Sucre le matin et cours d’anglais avec les enfants l’après-midi. Histoire de combler les trous j’ai décidé de réaliser l’un de mes rêves : apprendre la guitare (idée de génie que de me trimballer une guitare pour traverser l’Amérique du Sud, il fallait y penser). Les journées sont donc chargées mais pas encore suffisamment, je les conclue donc avec des cours de salsa. Et ça fonctionne! Je suis avec les locaux du matin au soir, et je prends un plaisir incroyable à apprendre, que ce soit l’espagnol ou la guitare – deux sujets qui me tiennent à cœur.

Bar "Mirador"

Bar Mirador

La première semaine est un peu dure, je suis seul et ne rencontre pas de backpackers, je passe donc le plus clair de mon temps à travailler avec les enfants ou seul à pratiquer espagnol et guitare. Après 3 mois à vivre à rythme accéléré, ponctué de maintes rencontres de gens de tous horizons, le changement de rythme est radical. La garderie est également un choc, les conditions de vie et d’hygiène étant déplorables et la pauvreté évidente. Mais je réalise rapidement que c’est exactement ce que je recherchais et une petite routine s’installe rapidement à mesure que je m’ouvre à cette autre facette du voyage et de l’Amérique du Sud, une facette plus réelle que jamais.

Les enfants de la garderie

Les enfants de la garderie

Le premier jour, arrivée à la garderie à 9h, j’ouvre la porte et découvre tout à coup une ribambelle de petites têtes brunes (surprenant, peu de blonds). En l’espace de quelques secondes, j’en ai 2 dans les bras et quatre autres accrochés à mes basques. Ce moment marquera le début de 3 semaines merveilleuses avec les enfants (entre 25 et 30 selon les jours), ponctuées de sourires et câlins, et quelques pleurs pour faire bonne mesure.

La garderie Ciruelitos

La garderie Ciruelitos

Les conditions sont plus que limites. Le quartier est très pauvre, les infrastructures quasi-inexistantes et la garderie s’en ressent. Simplement une grande pièce avec une cuisine de fortune dans un coin, pas de toilettes ni d’eau courante, le tout pour près de 30 enfants. Inutile de préciser que les jouets se courent après et il faut faire preuve d’imagination. La cours sert donc de défouloir pour ces jeunes pleins d’énergie quand le temps le permet. L’hygiène quant à elle laisse à désirer et on sent qu’il y a un gros manque d’éducation en plus de problèmes de moyens.

Carine

Carine

Cela n’empêche pas ces jeunes (de 1 à 7-8 ans) d’avoir une énergie incroyable et un sourire à faire fondre la Patagonie. On sent qu’ils n’ont pas nécessairement l’habitude de recevoir de l’attention, et mon arrivée (suivie par 2 autres volontaires la semaine suivante) est une fête pour eux. Ca crie, remue, se jette sur les genoux, tire les jambes, bref ça bouge. Et pas intérêt à penser à faire une pause. C’est un vrai plaisir et tellement émouvant de voir toute cette affection et ces sourires. Les yeux quant à eux racontent des histoires. On sent que certains ont vécut et vivent des choses difficiles, la garderie est souvent pour eux le temps de se détendre. Le lundi est d’ailleurs une journée difficile, on sent que la fin de semaine a été dure à la maison et que le retour à la garderie permet de respirer et de se remettre petit à petit. Les premières heures sont consacrées à reconnecter avec ces petites âmes pleines de vie, et hop c’est repartit pour une autre semaine. Comme ça, j’accueille le 3e jour 2 jumeaux de 14 mois, Sergio et Severino. Premier jour, impossible de leur décrocher un sourire – je les travaille au corps pendant 3h mais rien n’y fait. Finalement j’arriverai à les faire « craquer » après trois jours, et quel plaisir de les voir finalement sourire – et de voir ces petits bras se lever dans les airs pour qu’on leur fasse un câlin! Mais est-ce normal à cet âge là de voir ça…

Mariane

Mariane

Bref quelle expérience de vie. Ça confronte à la réalité de beaucoup plus d’enfants qu’on ne s’imagine, beaucoup de choses qu’on prend pour acquises sont un luxe pour eux. Des choses aussi simples que d’avoir des toilettes, des vêtements propres… Je ne veux pas non plus dramatiser, mais c’est clairement une autre réalité qui m’était (nous est?) complètement étrangère. Ca réveille, un peu douche froide, ça attendrit. Je cherchais un « reality check », je l’ai eu. Et avec ça un temps incroyable avec des enfants d’une gentillesse et d’une maturité surprenante. On sent également une solidarité à toute épreuve, particulièrement entre frères et sœurs. La plus grande frustration sera de ne pas pouvoir changer significativement les choses, étant sur place pour seulement 3 semaines et n’ayant pas été mandaté pour intervenir sur la manière dont sont encadrés les enfants. Nous nous lancerons tout de même dans des travaux de terrassement afin de faire un potager dans la cours pour qu’ils puissent cultiver leurs légumes (les rations alimentaires sont souvent insuffisantes et manquent de produits frais). Belle aventure qui restera gravé en moi pour bien du temps, les au-revoir sont émouvants des deux côtés.

L'institut Fox

L'institut Fox

L’après midi est consacré aux cours d’anglais. J’assiste une prof absolument géniale (Lourdes) et enseigne donc à des jeunes de 7 à 11 ans qui apprennent les bases de la langue anglaise. Une toute autre ambiance, on sent que les enfants viennent d’un milieu plus aisé. Lourdes fait preuve d’une énergie illimitée et je n’ai pas d’autre choix que d’embrayer et suivre le rythme. Et ça swing! Je leur enseigne les Beatles, accompagne (ou plutôt tente) les chansons éducatives à la guitare et participe aux différentes activités (description des parties du corps humains avec cobails, etc.). Première fois que je me trouve dans une cadre d’enseignement formel (de l’autre côté du bureau) et j’adore.

Princesse Jayna

Princesse Jayna

Le reste du temps est consacré à la guitare – mon prof s’évertue à m’apprendre les bases de la musique et de la guitare en 2 semaines, le pauvre en transpire à grosses goutes, mais il est très bon et je m’imprègne du maximum pendant que je peux. Après ça je serai sur la route et il faudra que je me débrouille! La deuxième semaine, je rencontre Dieter (de Bolivie) et Jayna (d’Angleterre) et on change de vitesse. Sortie tous les soirs dans les endroits locaux, à coup de concert de Heavy Metal ponctué de pogos avec des boliviens aux cheveux longs et tout habillés de noir, de sessions de Karaoké (complètement ancré dans la culture – les gens se lèvent tour à tour pour chanter, c’est naturel), et de maintes boites de nuits et autres bars. Le monde de la nuit de Sucre surprend, les nuits raccourcissent et l’ambiance change.

Jamil

Jamil

En résumé, 3 semaines de pur plaisir et un changement radical du reste du voyage. Je cherchais l’immersion totale, j’ai été servit! Que ce soit avec les enfants ou en sortie le soir, j’ai passé mon temps avec les locaux, eu mes premières conversations entièrement en espagnol dans les bars (yeah!), et surtout j’ai pris le temps de faire la connaissance des lieux, des gens, de la culture. Aussi simple que d’avoir ses petites habitudes dans les cafés et de tailler une bavette avec les serveurs – magique. Un sacré contraste avec le reste du voyage. Il est maintenant temps de remettre les voiles pour rejoindre mes parents dans le sud. Étrange sensation que de remettre le sac sur le dos, nostalgie de quitter Sucre couplée à l’excitation de me remettre en route et de revoir la famille. Au programme 1 semaine pour rejoindre Mendoza en Argentine, juste un petit 50h de bus! Dommage pour mes voisins, je suis maintenant armé d’une guitare et de gammes en tous genres. En chemin, je compte tout de même faire quelques pauses, notamment me refaire le salar de Uyuni (je sais, il n’est pas bien le garçon) qui est maintenant remplit d’eau et change complètement la paysage – visiter San Pedro de Atacama au Chili, et passer 1-2 jours à Salta en Argentine, supposément un superbe vestige colonial. Bref je me remets en selle! A suivre…

Isaac, Jonny, Limber, Iber

Isaac, Jonny, Limber, Iber

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Quito – en route!

Quito

Quito

Voila donc le moment du grand départ pour 7 mois de vadrouille en Amérique du sud. Excitation, mêlée d’un peu d’apréhension tout de même. Mon arrivée à Quito se fait sans encombre, sans encombrement d’ailleurs puisque mes valises se sont arrêtées à Atlanta, mais je les récupère sans problème 2 jours plus tard (Kiri, ta sagesse est infinie). Je passerai 4 jours à Quito, tout juste le temps de m’acclimater à l’altitude (2,800m!) et me promener un peu.

Le centre historique est superbe, les batiments de style colonial arborent de belles couleurs, les places et ruelles se succèdent à s’y perdre. Visite de la cathédrale pour découvrir la ville dans toute son immensité (ca n’en finit pas!) et balade dans le Mariscal ou nouvelle ville, sans grand intérêt autrement que pour les nombreux bars et restaurants. voir l’album photo

Mitad del Mundo

Mitad del Mundo

Le dernier jour avant de partir, je me met en route avec 2 américains rencontrés à l’auberge pour le “Mitad del Mundo”, littéralement le milieu du monde du fait de sa position à la latitude 0. Là j’ai la chance incroyable de marcher sur la ligne virtuelle séparant le monde en deux hémisphères… et de le refaire 30mn plus tard 200m mètres plus au nord dans le musée du même nom! Le monument du site a en fait été érigé selon les calculs des aventuriers Français à la fin du siècle dernier, contredit plus tard mais seulement de peu par le GPS. Pas mal fort quand même! Tout ça pour dire que j’ai eu un pied dans chaque hémisphère, sensation intéressante.

Volcan Pululahua

Volcan Pululahua

Au passage, petite visite du volcan Pululahua surplombant le site du Mitad del Mundo, et donnant sur un plateau absolument magnifique, nous sommes autour de 3,500m. Pour moi le premier volcan d’une longue série, plus beaux les uns que les autres. voir l’album photo

Malgré tout, Quito reste une très grosse ville, polluée et pas nécessairement des plus sures. Je me met donc avec plaisir en route le mardi matin pour le volcan Quilotoa qui parait-il est superbe. Dans l’esprit du voyage, je n’ai aucune idée de l’endroit où je vais dormir ni ce qui m’attend à l’arrivée, je sais simplement que mon guide en fait l’éloge. Bref c’est partit! :)