Bariloche – Aux portes de la Patagonie

Vue du lac de Bariloche

Vue du lac de Bariloche

La route de Bariloche passe par la fameuse route des 7 lacs (qui en compte 8 si vous avez bien suivi), le paysage est donc un régal et le beau temps au RDV. Une fois sur Bariloche, je prend mes quartiers à l’auberge 1004 – tout un poème en soi. Située au dernier étage du bâtiment le plus haut de la ville, la vue sur le lac et les montagnes environnantes y est tout simplement extraordinaire. Les photos de coucher de soleil sont prises du balcon. Un endroit qui vaut le détour à lui tout seul. Le plan est donc de passer quelques jours avant de remettre les voiles plus au sud.

Au départ de Cathedral

Au départ de Cathedral

Après une après-midi à relaxer et se balader, je rencontre Mara d’Allemagne avec qui nous prévoyons de faire le « circuito chico » en vélo le lendemain (tour de vélo de 30km). Finalement le lendemain matin, temps pourri. Pour le vélo, on repassera. Cela dit on prend notre petit déjeuner avec Cécile et Thomas, qui eux partent pour 3 jours de randonnées dans la montagne avoisinante. L’idée est alléchante malgré le temps (toujours aussi pourri), nous décidons donc de suivre nos deux amis et après une heure à courir dans tous les sens pour faire le sac et les courses, nous voici donc en pistes pour 3 jours de marche dans la boue! Merveilleuse perspective, vraiment. Le départ de la station Cathedral se fait dans la brume – on est pas bien, vraiment.

Vue du refuge de Frey

Vue du refuge de Frey

Nous marchons donc toute l’après-midi, profitons d’éclaircies passagères pour nous régaler du spectacle des lacs et montagnes qui nous entourent. Après un bon 4h, nous arrivons au refuge Frey, notre étape pour la nuit. Dans mon élan « nature », j’ai décidé d’emprunter une tente histoire de vivre l’expérience jusqu’au bout. Pas malin des fois. Donc au lieu de dormir dans le refuge, au chaud, dans un lit, je me tape une nuit en tente sous la pluie sans tapis de sol avec des vents de 40-50km/h. La température frôle le 0, logique. Vu que j’ai pas de tapis de sol j’utilise ma couverture de survie pour isoler, que je met dans le mauvais sens bien entendu (pareil, jamais j’aurais crut qu’il y avait un sens!), donc qui m’isole de la chaleur. @#$%!!!. Et comme Mara a eut l’excellente idée de nous faire trinquer à la bière locale pour clore le premier jour de rando (Berliner, excellente en passant), je suis obligé de me lever à 3h du mat (après une bataille féroce avec moi-même – dont vous devinerez l’issue…) histoire de vidanger. Conclusion, je déteste le camping, c’est vraiment pas mon truc (désolé Claire et Wil, c’est comme ça). Je préviens donc le groupe, pas moyen que je dorme en tente la prochaine nuit, je prend d’office une place en refuge même si c’est la dernière.

Arrivée au sommet

Arrivée au sommet

Lendemain matin, grognon. Nous nous mettons en route dans un ciel de brume avec tout de même quelques rayons de soleil et même un arc en ciel. Là, on monte et pas qu’un peu – ils ont pas vraiment compris le concept des tunnels je pense. Donc on monte un pic, on le descend, on reprend les mêmes et on fait le pic suivant, et ainsi de suite. Après la première heure et demi, le GPS nous indique que nous venons de nous taper 700m (à vol d’oiseau). C’est encourageant, il nous reste juste un peu plus de 7km. Sur ce la pluie se met à redoubler et nous atteignons rapidement un état d’humidité digne d’une couche Pampers (usagée il va sans dire…). Rajoutez à ça la marche dans des marécages et champs de boue et le tableau est presque complet. Presque puisqu’alors que nous attaquons le dernier pic et atteignons les 2,000 mètres, la pluie se transforme logiquement… en neige! Yep, le processus est le même dans l’hémisphère sud je confirme. Donc en plus d’être complètement trempé on se les pèle – génial le grand air. Petite pensée pour ma chère tante Simone qui serait paniquée à ce stade de l’expédition.

Sur le chemin du retour

Sur le chemin du retour

Finalement nous arriverons quelques 6h plus tard à bon port, au refuge Jakob du lac du même nom (je pense d’ailleurs que c’est le refuge qui a pris le nom du lac et non l’inverse… à vérifier). Petite cerise sur le gâteau tout de même, le chemin aux abords du refuge est coupé par un torrent (plein d’eau, logique), et pas de pont (toujours plus sympa). Alors que les autres se demandent comment passer cette nouvelle épreuve humide, mon sang ne fait qu’un tour et je me lance dans la traversée les pieds dans l’eau. Premier pas sur la rive, je m’enfonce dans la boue jusqu’au genoux – le bain de pied est donc plus qu’indiqué. Je précise tout de même que mes pompes étaient aussi humides que le torrent AVANT la traversée, le différentiel était donc superflu. Les autres (qui ont quant à eux les pieds encore secs – aucune idée comment ils ont fait) se décident à traverser, les chaussures… à la main. Le temps dans le refuge sera consacré au séchage de nos pauvres vêtements, et nos âmes qui ont également pris la flotte. La nuit au sec est un vrai régal, et nous nous remettons en selle le lendemain matin frais et reposés, les pieds dans l’eau dans mon cas, pas eu le temps de sécher. La descente vers Bariloche va se faire tranquillement, avec tout de même quelques passages dignes de la veille, notamment un torrent au-dessus du vide avec une ligne de vie pour unique support. Et un pont sur le point de rendre l’âme – une personne à la fois SVP. Arrivée à l’auberge, bière, on souffle, la vue est belle et comme pour nous narguer, le soleil est de retour. Si j’étais parano, je dirai qu’il s’est fait un malin plaisir de s’éclipser le temps de notre randonnée…

Circuito chico

Circuito chico

Lendemain, c’est repos pour tous – journée libre. Après un réveil très tardif, je fais un tour au supermarché du coin histoire de nourrir son homme (saucisson de survie et les à côtés), j’attrape un bus et vais me reposer sur une petite plage charmante à 20km de la ville. Là sur mon rocher faisant face au lac de Bariloche, je sors ma guitare et laisse mes doigts se détendre sur les cordes en même temps que j’emmagasine soleil et chaleur. Un plaisir après les derniers jours. Et nous finirons d’honorer les lieux le lendemain avec circuito chico, tour de vélo que nous étions censé faire le premier jour. Vous pourrez vous en donner à cœur joie avec les photos, c’est tout simplement magnifique et le temps nous fait finalement honneur. Bon la partie moins sympa, c’est que faut se taper les côtes, mais le bon côté est que logiquement quand on monte… ben on descend après! Petite crevaison, cellule de crise, réparation et nous voilà repartis. On va éviter le cheval pour les deux prochains jours, mais dans l’ensemble une super journée qui sonne la fin de mon bref séjour dans les environs. Le temps est annoncé beau pour la prochaine semaine, temps de mettre le cap au sud qui d’habitude est pluvieux la plupart du temps. Après une dernière journée en ville histoire de faire quelques courses et vider les dernières bouteilles avec les amis, il est temps pour moi de remettre mon sac sur le dos (aouch! ca fait mal!).

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Cuenca – viva español!

Me voici donc à Cuenca, après une journée de bus dans un paysage à tomber par terre. OK je le dis souvent, mais là c’est particulièrement vrai! Imaginez-vous dans un bus – ma foi un peu pourri – à cotoyer les 4,000m et les ravins, avec une vue superbe sur les chaines de volcans qui n’en finissent plus… et là petits nuages par-ci par-là qui se teintent petit à petit de couleurs rosées à mesure que le soleil tire sa révérance. Spectaculaire! De ces moments où on se dit que la vie est belle, avec une petite larme en prime. Le tout parfumé d’une odeur de feu de bois venant du poncho du voisin. Moment parfait.

Elena & Sofia

Elena & Sofia

Arrivée donc à Cuenca chez Elena et Eugenio, un couple de Cuencanos qui hébergent des étudiants de passage depuis 15 ans – autant dire qu’ils en ont vu. Je suis accueillit comme un membre de la famille, famille qui d’ailleurs n’en finit pas de remplir et désemplir la maison dans un tumulte d’enfants de tous âges. Elena sera une vraie mère pour moi pendant ces deux semaines, un véritable ange d’une gentillesse à toutes épreuves! La maison sera également le lieu de rencontre de deux compères de marque qui accompagneront nombre de moments pendant mon séjour à Cuenca, Sofia – danseuse de l’éternelle, et Joseph dit “Jose” – grand coeur plein d’histoires et de sagesse.

Les deux semaines se déroulent donc très bien, ponctuées quand même de 7-8h d’espagnol par jour entre cours formels et recopiage de listes de verbes et autres mots et devoirs. A vrai dire très content de l’expérience de retourner à l’école, surtout que la matière est passionnante… et très utile dans le contexte! Je passe rapidement au travers des premières leçons, l’inventeur de l’Espagnol ayant eu la décence de pomper la grammaire française. J’en mange en veux-tu en voilà, et quelque part entre les deux je commence à arriver à former des semblants de phrases qui paraissent passer un message à mes interlocuteurs – le bon pas sûr, mais ils ont l’air de comprendre quelque chose! Bref, j’arrive quand même à mieux me débrouiller maintenant, ça aide!

Bolivar team

Bolivar team

Ces deux semaines seront également l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes, surtout les autres étudiants de l’école, vrai melting pot international avec comme pays représentés entre autres les US, la Suisse, la Norvège, l’Allemagne, l’Angleterre, le Canada. Un joyeux groupe qui se retrouve généralement les soirs pour pratiquer son anglais autour d’une bière, et possiblement danser quand l’ambiance s’y prête. Dernier jour de cours pour moi, nous avons une grosse soirée organisée par l’école en vue de la fête de Cuenca qui s’annonce dans les prochains jours, qui combiné à la proximité de Halloween donne des photos intéressantes. SVP ne pas juger, ça se comprend dans le feu de l’action! ;) En définitive, un super groupe de personnes de tous âges et origines avec qui j’ai passé de très bons moments.

La cathedrale

La cathedrale

Et Cuenca, bien sur, superbe ville coloniale d’une taille humaine (ça change de Quito), avec quelques 53 églises si certains doutaient de la foi des habitants. Une très importante tradition religieuse qui se voit un peu partout dans les décorations comme les coutumes, beaucoup d’artisanat et de culture. Et une architecture qui n’en finit pas de surprendre par son charme et sa diversité. De loin la plus belle cité visitée à ce jour depuis mon arrivée en Equateur, et beaucoup plus sure que Quito. Merci donc Alex, très bonne recommandation! Voir l’album

Au passage, petit tour le premier dimanche à Ingapirca, site Inca avec quelques ruines à visiter dans un décors superbe (encore un, oui je sais!). OK, 5h de bus pour faire 100km, c’est pas d’une efficacité extraordinaire… mais ça fait partie du charme. Voir l’album

Parque de Cajas

Parque de Cajas

Et le dernier week-end, nous nous mettons en route pour le parc de Cajas, un vrai bijoux (Maxime, je confirme c’est superbe!). Les photos parlent d’elles-mêmes, je vous laisserai donc admirer l’album. Le temps est clément et nous permet de profiter d’une vue… à perte de vue! Et chose incroyable, nous sommes les seuls sur le chemin. Dans toute cette immensité, pas de trace d’êtres humains, simplement les sons de la nature, lacs, montagnes, oiseaux… c’est beau, c’est rare, et ça fait du bien. Nous finissons la balade en compagnie d’une belle truite locale avant d’attraper un bus et de rentrer tranquilement en ville. Voir l’album

Deux belles semaines donc, beaucoup de rencontres, de temps passé à travailler mon espagnol, également à peaufiner ce cher blog pour qu’il voit un jour le jour. Et quand même envie sur la fin de reprendre la route, et de revenir à plus de nature, la première semaine m’ayant laissé un petit goût de trop peu. Sur la recommandation de Martha, ma super prof d’espagnol, je me met donc en route pour Vilcabamba, parait-il un véritable havre de paix. Il me reste 10 jours pour rejoindre Kiri et François à Cusco, nous attaquerons ensemble l’ascension du Machu Picchu le 15 novembre!

http://picasaweb.google.com/david.crouy/Equateur_Cajas
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