Mollendo, Pérou

Mollendo, Pérou

Oui finalement le voici. Il s’est fait attendre, mais comme toutes les bonnes choses il arrive à point. Il m’aura donc fallut un bon 6 mois et un autre voyage (au travers de l’atlantique à la voile cette fois-ci) pour écrire ce mot de la fin d’un voyage extraordinaire de 7 mois qui m’aura fait voyagé au travers de contrées magnifiques de l’Amérique du Sud. Je dédie ce post à Greg, mon plus fidèle lecteur (il vérifie encore le blog de temps en temps!).

Sucre, Bolivie

Sucre, Bolivie

Alors que vous écrit ce mot de la fin, il est 5 heures du matin. Je suis un point GPS au milieu de l’atlantique, Philip Glass accompagne mes pensées, et me voici qui navigue au travers de mes souvenirs sud-américains et me laisse planer au fil des kilomètres, des routes de poussière, des gens et paysages. 7 mois donc qui m’auront valu de découvrir l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili, l’Argentine et l’Uruguay. 7 mois de vie, de rencontres, de découvertes, 7 mois pour une autre vision du monde, plus humaine probablement, plus ouverte certainement.

Certaines personnes m’ont posé la question de savoir ce qui m’avait poussé à partir. Je leur ai répondu le plus clair du temps que j’en avais envie, pas plus compliqué que ça. Et pourtant rien n’arrive pour rien dans la vie, et ce voyage est certainement la maturation de nombre d’envies et d’une soif de vivre et de découvrir au fil des années. Le jour ou j’ai pris ma décision de tenter l’expérience, Vinciane pourra en témoigner, il m’a suffit d’érafler l’idée, elle m’a plut, je l’ai adoptée. La vie a fait que je pouvais me le permettre, j’ai décidé d’en profiter. Bien entendu l’idée de partir seul en terrain inconnu sans parler l’espagnol pendant autant de temps est un peu déstabilisante, mais a tout de même ce goût de l’inconnu, du défi qui donne envie d’avancer. Et la conviction qu’après un voyage comme ça, ce n’est pas possible de regretter peu importe ce qu’on va vivre. Et je ne le regrette pas.

Cratère de Maragua, Bolivie

Cratère de Maragua, Bolivie

On me demande souvent ce que j’en ai retiré. Excellente question, que je continue à me poser 6 mois après mon retour. Difficile de mettre des mots, même si l’expérience fut riche. Même si nombre de choses de l’extérieur sont venu ébranler l’intérieur et fêler les murs de la forteresse. J’ai ressenti beaucoup à nombre de niveaux, sentiments qui continuent de m’accompagner de différentes manières dans ma vie d’aujourd’hui.

Si je devais résumer mon expérience, je dirai que pour la première fois je me suis coupé du monde, mon monde. Et ce faisant je l’ai retrouvé, prêt à le vivre plus intensément que jamais, à y façonner une vie qui me ressemble et me correspond. Arriver à réconcilier ce qui nous rend unique avec un monde que nous n’avons pas construit, mais qu’il nous revient de vivre et de faire avancer, à notre manière et notre échelle.

Copa Cabana, Bolivie

Copa Cabana, Bolivie

Ce voyage fut l’occasion de prendre le temps, le temps des choses, des gens, de soi. Plus d’horaires à respecter si ce n’est le sien. Bus manqué? Prends le suivant. Bloqué dans un trou perdu ? Rencontre les gens qui y vivent. Le temps n’est plus synonyme que de rencontres et de découvertes – il n’existe plus que sous cette forme, ce qui nous oppresse dans notre vie de tous les jours devient une source de richesse intarissable et surprenante.

Voici un lien avec mon « best of » des photos du périple. Merci aux différents contributeurs qui m’ont permit de parer à une panne d’appareil sur la fin du parcours !

La Paz, Bolivie

La Paz, Bolivie

Le voyage en quelques chiffres

7 mois de voyages. 6 pays visités. Plus de 25,000km parcourus en bus, stop, train, bateau et à pied, pour un total de 545h passé dans les transports (oui, on parle de quasiment 23 jours non-stop !). Plus de 70 endroits visités et quelques 5,000 photos prises. Et des dizaines et des dizaines de rencontres plus belles les unes que les autres. OUF !

Quelques anecdotes toutes spéciales

Un escalier dans un quartier pauvre de Sucre en Bolivie. Je viens de m’acheter une guitare, m’assoit à deux pas du magasin pour gratter les quelques accords que je connais. Un vieux mange sa soupe et me regarde, les notes lui gravent un sourire sur les lèvres. Sa soupe terminée, il se lève et se met à danser et sauter sur place en me regardant. Il s’en va mais me fait don d’un regard qui respire la joie.

Puerto Natales

Puerto Natales

Puerto Natales dans le sud du Chili. Après quelques jours passés à l’auberge Nancy, temps de remettre les voiles. Quelques jours de cœur lourd et d’amertume. Je dis au revoir à Guillermo, qui tient le dortoir de l’auberge. Et bien que nous n’ayons échangé que quelques mots pendant le temps de mon séjour, l’étreinte du départ est émouvante et nous avons tous deux la larme à l’œil. Difficile de dire ce qui s’est passé, mais cela se passait bien au-delà des mots. Une belle rencontre.

La maman de Paulino

La maman de Paulino

Île de Chiloé dans le nord de la Patagonie chilienne, perdu le long de la côte pacifique dans une communauté indigène. Nous sommes accueillis chez Paulino, le chef du village. Sa mère reste avec lui, absolument impossible à comprendre. Nous lui achetons du pain, et de lui bredouiller un merci sincère après nous en être régalé. Sourire édenté d’une oreille à l’autre qui restera notre principal échange de ces quelques jours passés côte à côte.

Volcan Pululahua, Equateur

Volcan Pululahua, Equateur

Équateur, dans le bus qui m’emmène de Quito au volcan de Quilotoa. Je suis en Amérique du Sud depuis une semaine, tout est nouveau, incertain, intriguant. Le bus se vide à mesure que nous avançons, et je me retrouve finalement seul avec le gamin du chauffeur qui vient se coller contre moi et commence l’interrogatoire. J’essaie de comprendre avec mon espagnol bancal, et tâche de suivre le rythme effréné de ses questions. Le décor est sublime, les Andes s’étirent à perte de vue. Je n’ai aucune idée de l’endroit ou je vais atterrir ni dormir, le brouillard se lève à mesure que nous atteignons les 4,000 mètres. Je me sens vulnérable, perdu, émerveillé. Et je passerai le reste de mon voyage à essayer de vivre à nouveau cette sensation.

Chili

Caleta Tortel

Tortel, en pleine nuit et les pieds dans le sable. Sortie du camping (inondable svp !) avec Charles, mon parisien préféré. Retour sur nos passerelles de bois dans un décor de bout du monde. La lune est pleine et vient lécher les cimes des montagnes environnantes. Pas une lumière si ce n’est les étoiles qui scintillent et les quelques lumières timides du village. Le calme nous envahit, la vue nous laisse sans mot, le silence est total. Tout simplement BEAU.

Un taxi local

Un taxi local

8 heures de bus pour rejoindre Cuenca à partir de Banos en Équateur. Nous sommes à plus de 4000 mètres d’altitude, le soleil se couche sur un enchevêtrement sans fin de montagnes. Le bus file à toute allure, les passagers sont pour la plupart des indigènes locaux habillés des vêtements traditionnels faits de couleurs vives en laine d’Alpagua. L’air est un savant mélange d’odeur de feu de bois et de transpiration. Je me laisse porter par Philip Glass au piano et me sens heureux, libre sur le toit du monde.

Glacier Grey

Glacier Grey

Après 6 heures de marche, nous arrivons enfin au campement, qui plonge littéralement sur le glacier Grey. Nous sommes en Patagonie chilienne, en trek au Torres del Paine. Le ciel est percé d’innombrables étoiles, le glacier est à une dizaines de mètres, vivant et craquant. Question, réponse, je médite. Le calme est assourdissant, la nature nous reçoit dans sa plus belle tenue.

Sur le chemin du retour en direction de Lima. Le trajet dure 72 heures, le bus sillonne les côtes péruviennes dangereusement vite. Je demande Aoife en mariage devant 40 péruviens qui explosent de joie, l’ambiance est magique, le temps semble nous porter.

Mollendo, Pérou

Mollendo, Pérou

Mollendo sur la côte péruvienne. On m’avait prévenu, c’est glauque. Impossible de trouver une auberge qui tienne debout toute seule, rien à faire d’autre que de regarder les vagues s’écraser sur le béton, je suis loin de la côte d’Azur. Une journée à me lamenter, puis retournement de situation et sentiment de plénitude sur fond d’authenticité. Pas de maquillage, tout est vrai et réel sans artifice aucun. J’y passerai 2 jours de plus.

Garderie de Sucre

Garderie de Sucre

Sucre en Bolivie, garderie d’un quartier pauvre de la ville. Cela vient de se produire, les larmes perlent et les mots sont hachés. Elle a 6 ans et mettra 2 heures à se calmer. Elle a eu peur comme jamais, sa confiance est ébranlée et elle se replie un peu plus dans son monde intérieur.

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Un grand merci à tous ceux qui ont rendu ce voyage si spécial, par leur présence sur ma route comme leurs messages tout au long de l’aventure. J’espère vous avoir fait vivre un peu de la magie du voyage par mes récits et photos.

Tupiza, Bolivie

Tupiza, Bolivie