Lac Titikaka – version péruvienne

Iles de Ouros

Arrivée à Puno après quelques heures dans le bus avec un panorama absolument incroyable. Un désert de steppes parsemé ici et là de lacs – et surprise, des flamants roses! Puno est le dernier point de passage péruvien avant la frontière bolivienne, au bord du lac Titikaka, supposément le plus haut lac navigable au monde (quand même 3,800m). Et je confirme, il est gigantesque (plus de 200km de long), et l’altitude se fait sentir! A tel point que je passerai les 4 jours suivants à dormir, des suites probablement de la fatigue accumulée et de l’altitude. Je trouve quand même la force de suivre mes nouveaux amis néo-zélandais et faire une excursion des îles avoisinantes le lendemain de mon arrivée.

Circulation sur le lac

Circulation sur le lac

Nous nous mettons en route à 7h dans un petit coucou flottant, essentiellement une coque de bois et un moteur, et c’est partit! Après 10mn, le pilote pique du nez, d’où l’importance du copilote qui s’empresse de le réveiller après s’être aperçu du léger changement de direction (à peine 90 degrés). Bref après quelques 30mn, nous arrivons à la première île – Ouros.

Ile de Pachamama

Ile de Pachamama

Habitée depuis des centaines d’années par une poignée de familles venues initialement de la jungle et cherchant à se protéger des autres civilisations pas toujours très amicales, elles ont élues domicile littéralement SUR le lac. Oui, ce sont des îles flottantes reposant sur un lit d’herbes dont la propriété naturelle permet en quantité suffisante d’assurer une flottaison relativement confortable. Le processus de fabrication de ces îles reste cependant assez obscur malgré les explications animées du chef de village, mais le résultat est assez impressionnant puisque chaque île dure en moyenne 60-70 ans. Une fois que l’île perd ses propriétés flottantes, les habitants en construisent tout simplement une autre. Autre fait assez intéressant, il est même possible de DEPLACER les îles! Je serai déçu de ne pas avoir une démonstration de ce dernier fait, mais ça reste quand même très chouette. Donc Ouros est un tas de petites îles avec sur chacune de 6 à 10 familles, un vrai petit village flottant.

Ourosienne...

Ourosienne...

Cela pose quand même des questions sur l’impact du tourisme dans de tels endroits, tourisme qui certainement dégrade les îles et leur flottaison, et quelque part dénature la culture locale et les traditions. Toutes les familles que nous avons vu passent apparemment le plus clair de leur temps à fabriquer de l’artisanat qu’ils vendent par la suite aux touristes qu’ils voient défiler toute la journée. Le tourisme semble être devenu la principale occupation de ces gens, qui certainement vivent mieux depuis mais sont plus devenus des objets du tourisme qu’autre chose… D’un autre côté, est ce que ces îles existeraient toujours sans l’intérêt et les sources de revenus du tourisme?

Ile de Taquile

Ile de Taquile

Nous nous remettons en route dans notre rafiot poussif et 4h plus tard arrivons à l’île de Taquile, au milieu du lac, nous permettant enfin d’apprécier son immensité (je confirme : il est grand!). Là petite balade dans les hauteurs de l’île pour rejoindre la place principale du village ou nous aurons droit à une délicieuse truite locale. L’île en tant que telle est superbe, cultivée sur ses flancs, les habitants sont très sympathiques et leurs habits sont magnifiques de couleurs et de traditions. Les photos sont assez explicites – voir l’album.

Retour sur Puno

Retour sur Puno

Et retour – laborieux – sur Puno. J’agonise dans le fond de mon fauteuil, rêvant juste de me retrouver au lit alors que nous prenons un bon 5h pour rentrer, incluant une pause de 1h histoire de réparer le moteur (forcément). Belle sortie tout de même, avec des paysages splendides sur le retour, mélange de soleil et d’orage qui laisse rêveur.

Le reste du temps à Puno sera repos forcé avant de me remettre en route pour la Bolivie, troisième étape de mon trip. Selon ce que tout le monde me raconte, il semblerait que la véritable aventure commence à partir de là – j’ai en tous cas l’intention d’y passer un bon mois – mois et demi, et d’en profiter pour faire de la jungle, les déserts de sel et une randonnée à cheval de quelques jours. Pour le reste, nous verrons au fur et à mesure! Prochaine étape donc, Copacabana, petit village au bord du lac côté bolivien qui parait-il vaut absolument le détour et point de départ pour l’île du soleil, berceau de la civilisation Inca. A suivre!

Taquiliens

Taquiliens

Petit parenthèse avant de conclure ce post, pour parler rapidement des Péruviens qui sont absolument ADORABLES, d’une gentillesse et d’un dévouement à toute épreuve. Un peuple fier (à juste titre!) de son histoire et son patrimoine culturel, très accueillant et souriant. Bref un vrai plaisir de les côtoyer et définitivement une part importante de l’expérience péruvienne. Merci donc amis du Pérou pour un accueil sans faille!

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Mollendo – Oops

Arequipa

Arequipa

Mollendo… commençons tout d’abord par les attentes – c’est généralement le moteur qui guide une décision, n’est ce pas?! Tout cela a débuté… 2 semaines plus tôt. Vous vous souvenez peut-être de ce petit coin de paradis sur la route de Lima, petit car peu de temps pour en profiter, et une sensation de trop peu dans la bouche. Oui! C’était effectivement Huanchaco, non loin de Trojillo. Bref après le Machu Picchu et des montagnes à s’en faire tourner la tête (quand ce n’est pas l’altitude), je me décide à renouer avec la côté (si attrayante au premier abord) et me la couler douce au soleil. Donc direction Arequipa, ville très sympathique avec de magnifiques décors coloniaux – mais tour quasi-complet fait en quelques heures – puis le lendemain Mollendo. Pourquoi Mollendo? Question pertinente!

Le seul spot de la côte sud dont mon guide parle. Pas qu’il en parle vraiment en bien ceci dit, mais à défaut d’autre chose, ça a le mérite d’exister sur la carte et le Lonely Planet ne le déconseille pas, c’est déjà ça. Peut pas toujours être positif quand même! J’en parle à l’auberge à Arequipa, et quand je demande comment c’est, on me regarde avec ce petit air pensif du genre « vais-je lui pêter sa bulle tout de suite, ou juste après? ». On m’explique donc que ce n’est pas vraiment la saison, c’est mieux à la mi-décembre, mais c’est sur qu’il y a la mer… (j’avais deviné). Là je fais mon gringo arrogant qui n’a peur de rien et se dit qu’ils ont rien compris. Franchement, un patelin pas trop grand, au bord de la mer, ça ne peut être que terrible! Je me mets donc en route.

Belle traversée du désert pendant 2 heures. Comme tout bon désert, il n’y a rien, simplement quelques maisons ici et là au bord de la route et… du sable. J’en viens à me demander ce que peuvent bien faire les gens au milieu du désert, ou il n’y a absolument rien. J’en viens également à comprendre pourquoi le milieu naturel est décisif quand les gens considèrent ou s’installer (vraiment un voyage plein de surprises).

J’arrive donc à Mollendo, champignon au milieu… du désert (vous l’attendiez pas, je sais). Sérieusement absolument rien avant, après, à côté… le sable, la ville, le sable. Si on change un peu la perspective, on tombe dans l’eau mais c’est tout. Le terminal de bus – un furoncle poussé arbitrairement sur un bord de la ville. Et la ville. Jusque là, ça va. Si je suis objectif, je dirai que j’ai probablement influencé votre perception un tantinet, mais pas tant que ça, right?

Mollendo - rue principale

Mollendo - rue principale

Je grimpe dans un taxi, et hop me voici partit en direction de la rue Arequipa, pour retrouver l’une des deux seules auberges recommandées par mon guide – fermée. OK, j’essaie l’autre – existe pas. Génial. Je me sens aventureux et me dis que je vais faire mon marché. Après 3 auberges choisies aléatoirement, je me résous à me contenter de très peu. Ce qui est problématique, quand on pense que pour les back-packers, l’auberge est LE point de stabilité, ou on peut laisser ses affaires tranquille (s’posé) et partir se balader, revenir quand on est fatigué et se poser, etc. Je fais donc une croix sur ma tranquillité et m’installe dans une chambre avec vue sur la mer (quand même), eau froide (quand elle coule), mur en papier mâché de 4m de haut et climatisation écologique (je vous laisse visualiser ce dernier point). Pas vraiment rassuré. Je comptais passer une semaine dans ce patelin, pas moyen je mets les voiles demain!

Place principale

Place principale

Dans un élan de bonne volonté je sors de ma chambre pour explorer le dit patelin, tourne la clé (pas que ça serve à grand-chose, mais par principe au moins), pête la clé dans la serrure, vais voir le gars de la réception (pas gaie le bonhomme), ce dernier me tire en 6-4-2 une pince de la poche, me sors le morceau de clé d’un tour de poignet et de me répondre naturellement qu’il a un double. Logique.

La plage

La plage

Mollendo. Le guide décrit l’endroit comme « old-fashioned beach resort ». Bon résumé, ca fait station balnéaire des années 70, conservée en l’état, en fait non pas vraiment conservée. En gros, aucun intérêt notable si ce n’est pour le restaurant de la place principale qui est reconnu comme un très bon ceviche (ce que j’aurai l’occasion de confirmer le soir). Autrement… la plage est ok, la mer aussi, le reste, disons, a un gros potentiel d’amélioration, super. Histoire d’en rajouter une couche, le temps est gris et lourd, il n’y a pas grand monde dans les rues, un vrai bonheur. En parlant de gens, en temps normal on est toujours fatigué de se retrouver avec des touristes un peu partout. On se dit qu’on a qu’une envie, c’est de se retrouver « off the track », dans les coins les plus typiques… Après le premier jour, je n’ai croisé AUCUN autre gringo. Finalement les compatriotes, ça a du bon! Donc pour résumé, pas très rassuré, avec sur le dos toutes mes affaires de valeur (pas une confiance énorme dans l’auberge, ou en tous cas ses issues), sans amis (toujours un peu triste), dans un endroit retro et passé date. Que du bonheur. Du grand David inspiré tout ça.

Jetée

Jetée

Je me dis quand même que je vais en profiter un peu, je me pose donc au bord de la plage en essayant de caler ma tête pour ne pas apercevoir de béton dans mon champ de vision. Pas aussi facile à dire qu’à faire, mais ça marche. Je rencontre sur ce un autre David (ils sont cools en général), péruvien de Lima en visite chez ses frères, et nous discutons pendant un bon 2h. Un gars super qui va m’inviter chez lui pour boire une bière fraiche (qu’il sort du congèle, intéressant processus chimique sur la bière, la rendant absolument imbuvable non par altération du goût mais bien par glaciation à l’intérieur de la cannette empêchant tout écoulement liquide pendant une période de temps soutenu). Bref je lui refais la moquette du salon et fini par vider le peu de liquide mousseux dans l’évier. Le reste est encore à l’ère de glace. Il est en tous cas adorable et un vrai rayon de soleil dans la journée, ça fait du bien.

Rayon de soleil

Rayon de soleil

Et tout à coup, l’impossible arrive. En dépit d’une absence totale de tout confort, dans un décor dénué de charme et un sentiment d’insécurité notable, je me dis que c’est exactement ce que je suis venu chercher. Je sais, complètement dingue. Mais sérieusement, je réalise que je suis tout simplement en plein Pérou, avec que des péruviens. Et ça, c’est quand même super cool! Drôle comme dès qu’on sort de son petit confort, c’est tout de suite moins fun et on a qu’une envie, c’est d’y retourner. Me voila donc officiellement sortit de ma zone de confort! Une clé cassée dans la porte et c’est le drame, je sais – je suis un sensible… OK je dis pas que tout à coup la ville est devenue un oasis de beauté, mais la perspective change considérablement. Je rentre à l’auberge, j’arrive à faire sourire le réceptionniste (ok, j’ai pris l’angle football, facile), et je vais me faire un délicieux ceviche au meilleur resto de la ville (je n’arriverai pas à faire sourire la serveuse, mais je n’ai pas dit mon dernier mot). Et pour fêter le tout, je me permets même un gâteau au chocolat (excellent en passant).

Et là dans un élan de bravoure, je décide de rester… 1 journée de plus! Pas fou quand même, y’a toujours rien à faire. Mais je tiens à savourer ma trouvaille (cette partie du post est écrite le premier soir – donc avant de savoir ce que me réserve le lendemain – je m’imposerai une censure de principe demain).

Sonia, David, Laura & Cynthia

Sonia, David, Laura & Cynthia

Et le lendemain, comme si le rideau de scène s’était levé, il fait beau, la rue regorge d’activité (je suis arrivé à l’heure de la sieste hier, probablement pour ça), sympa. Encore une fois tout est une question d’attente. Elles étaient quand même relativement basses la veille au soir, donc forcément ca ne peut qu’aller mieux. La journée se passera à petite vitesse, je revois David le temps d’une bière, on va faire un tour sur la plage profiter du beau temps (qui semble s’arrêter systématiquement à 2pm), et je fais même un peu de photos (qui ressortiront finalement beaucoup plus sympas que la réalité – pour ceux qui oseraient m’accuser d’exagération). Nous nous ferons même accoster sur la plage par 4 péruviennes au rire d’adolescentes, bourrées à un mélange de bière et de Coka (je sais…). Le tout se terminera par un poulet au coin de la rue (3 jours que je mange du Ceviche, faut varier un peu!). En définitive, une expérience certainement inattendue, et intéressante – qui force à se dépeloter un peu comme on dit au pays du lys. Ceci dit je décide de maintenir mon départ au lendemain (oui quel dommage!) et m’en retourne à Arequipa par le premier bus du matin (« matins » qui commencent chez moi à 10h quand même).

Chateau de Mollendo

Chateau de Mollendo

De retour à ma chère auberge « home sweet home » d’Arequipa, je me tâte entre me faire le canyon de Colca, l’attraction locale, avec un tour ou en solo en allant de village en village à pied. Pas convaincu… Finalement je reçois un message de mon cher ami Joseph, ancien colocataire de Cuenca, qui sera de passage à Puno Lundi soir. Ce qui veut dire que si je veux le voir, le canyon c’est bye bye compte tenu que ca prendrait au moins 2 jours… Mon sang ne fait qu’un tour, je descends à la réception et me voila l’heureux propriétaire d’un beau billet de bus pour Puno le lendemain matin à l’aube (8.30). Je sais, complètement instable le garçon… En résumé, on se verra à 4,000m et des poussières. Pour les curieux, je vais tester la température du lac Titikaka, mais je ne promets pas que je vais faire trempette cette fois-ci.

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Les 3 mousquetaires au pays des Incas

Cuzco

Cuzco

J’arrive sans encombre à Cuzco, ville plantée au milieu de la cordillère des Andes à 3,500m – autant dire que la dose d’oxygène est sérieusement réduite (de 35% selon Doc. Meyer). La petite vitesse est donc recommandée, surtout dans les montées! Ancienne capitale des Incas considérée par ces derniers comme le centre du monde (un de plus!), la ville est conquise au 16e siècle par les conquistadors qui la transformeront rapidement en centre colonial, érigeant notamment des églises catholiques sur les fondations des temples afin de convertir les locaux (rien que 8 églises autour de la place principale…).

Plaza de Armas

Plaza de Armas

L’endroit est absolument mythique, au milieu des montagnes et sommets allant jusqu’à 6,000m+, et point de départ de la route Inca (menant à Machu Picchu) et de la vallée sacrée. Malgré un tourisme exacerbé, l’ambiance comme l’architecture restent typiques et on s’y sent bien – c’est grand sans l’être trop, et c’est un plaisir de chaque instant pour les yeux avec des paysages changeant en permanence et une lumière incroyable! Un temps 4-saisons garanti… Je vous laisserai admirer les photos, elles parlent d’elle-même (voir l’album).

Les 3 mousquetaires

Les 3 mousquetaires

Je retrouve donc François et Kiri le vendredi matin – très fun de voir des têtes familières après avoir fait le sauvage pendant plus d’un mois (François de s’exclamer « le Viking! » en me voyant). Après deux jours d’acclimatation à l’altitude, nous attaquons finalement la fameuse route des Incas le dimanche matin, que nous marcherons du KM 82 jusqu’à Machu Picchu, 42km et 4 jours plus loin. Là débute une aventure qui restera probablement l’une des plus mythiques (et fatiguantes!) qu’il me sera jamais donné de vivre.

Nous sommes un groupe de 14, encadré par 2 guides locaux et … 20 porteurs! Oui parce que ce n’est pas tout, mais ça prend du matériel tout ça – d’autant que nous sommes en route pour 4 jours! Le groupe comprend essentiellement des canadiens, 2 australiens, et une personne… hum… universelle de par son énergie. On la surnommera « la sorcière » pour des fins de simplicité… ;)

Jour I

Jour I

Le premier jour – tranquille. Les paysages sont superbes, le chemin composé principalement de « Andean flat », ca monte et ça descend en douceur (logique!), et une distance somme toute raisonnable. Le soir tout le monde est très enthousiaste, ca va être génial! Bon on nous a bien dit que le deuxième jour est le plus dur, mais vu que le premier était vraiment relax, ca ne peut pas être si terrible… Lendemain matin, pleins d’énergie, nous nous mettons en route à 6h30 – avec devant nous quelques 1200m de montée, 600m de descente, le tout sur une distance de 10km. Gros moral, tout le monde est content.

Des marches...

Des marches...

Et on découvre finalement la passion des Incas pour… les escaliers! D’ailleurs on dit toujours qu’ils étaient petits, mais je remets sérieusement en question cette théorie après avoir ESCALADE des marches de parfois 40-50cm! Bref, on monte, on monte, on monte… et on monte! Ca n’en finit plus, on se dit que le « Andean flat » ne doit pas être si loin, mais que dalle, ca continue. Là, petite pensée pour les mecs qui se sont tapés la construction des chemins, braves types mais un peu bourreaux quand même. On va passer d’un paysage de plaines à la forêt de pluie (rain forest), pour terminer l’ascension dans un paysage épuré et plus désertique… à 4,200m! Kiri en tombera littéralement d’émotion (et de fatigue aussi) au sommet. Magnifique… et crevant. Pour les petits malins qui se disent que la vue doit être incroyable en haut d’un sommet de 4,200m, too bad, rien que du brouillard…

Dur dur...

Dur dur...

Il est tout juste 11h du matin, ca fait un peu plus de 4h que nous marchons, et l’impression que le jour tire déjà à sa fin… Petite pause, plus qu’une heure avant de rejoindre le campement, et cet espoir naïf que le supplice est derrière nous… OK plus qu’une heure à faire, mais faut compter un bon 600m de dénivelé, autant dire que c’est raide… Bref, ca va achever de nous achever, arrivée sur les rotules avec le sourire quand même de s’être fait ramasser par ces chers Incas quelques 500 ans plus tard. Grosse journée, mais quel plaisir! J’en profite pour attraper la crève, que je trainerai laborieusement jusqu’à la fin du treck malgré de grosses rations d’Aspegic.

Phuyupatamarka

Phuyupatamarka

Le troisième jour est plus relax mais nous allons quand même marcher un bon 7h dont une bonne partie dans la rain forest, superbe pour sa végétation envahissante et ses nombreuses fleurs dont de superbes orchidées. Nous prenons également le temps de visiter quelques sites Incas impressionnants ponctués des explications de notre guide Socrate (prédestiné). Fait intéressant, nous avons très peu de connaissance de la civilisation Incas au-delà des sites archéologiques. Peu de documentation permet de retracer l’histoire et le quotidien des Incas, qui n’utilisaient que certains symboles pour toute forme de communication écrite, le reste étant probablement de la transmission orale. Donc on commence par une explication, on pense qu’on a bien comprit qu’il s’agissait d’un temple dédié au soleil… jusqu’à ce que notre guide nous rassure que ce n’est qu’une hypothèse, l’autre étant qu’il s’agit d’un lieu pour entreposer le grain, et ainsi de suite… en gros, on n’en sait rien! OK j’exagère, mais beaucoup de choses restent encore mystérieuses sur la manière dont ils vivaient, leurs rites, la vocation de certains lieux et bâtiments… fascinant. Quand on demande comment ils ont fait pour ériger des cités entières à cette altitude, en pleine jungle et avec des pierres de cette taille, on nous répond qu’ils avaient de très bons architectes… patate!

Phuyupatamarka

Phuyupatamarka

Les sites en tant que tels sont généralement composés de magnifiques terrasses permettant de cultiver la terre pour la cité, surplombées par les habitations et finalement les temples dédiés aux différents dieux vénérés par les Incas (tantôt le soleil, la lune, la terre, etc.). Inutile de préciser que le tout se trouve dans la plupart des cas à flanc de montagne avec des dénivelés impressionnants. Autant dire que la construction des sites ne devait pas être de tout repos – et chose certaine, les Incas ne connaissaient pas le vertige! Et toujours dans des lieux très stratégiques, à l’intersection de vallées avec de très belles perspectives ;)

Jour III

Jour III

La fin du troisième jour sera probablement la partie la plus spectaculaire. Nous arrivons vers 14h a Phuyupatamarka (je sais, impossible à prononcer…) après avoir passé le reste de la journée dans les nuages sans aucune visibilité. Nous voici donc au sommet (à quand même 3,500m) quand quelques rayons de soleil réussissent à filtrer et révèlent soudain des petits bouts de la vallée. Les nuages vont vite et il est difficile de garder de la visibilité à un endroit plus de quelques secondes, c’est donc des grands WOWWW, OHHHHH, qui se suivent à mesure que nous voyons la vallée se découvrir et disparaître à nouveau. Finalement le paysage va se dégager, grand sentiment de satisfaction après tant de fatigue… et de MARCHES, c’est un vrai régal, totalement magique. Nous voyons au loin la montagne abritant dans son flanc opposé le Machu Picchu, cool!

Intipata

Intipata

Une heure de marche plus loin, nous voici arrivé au dernier site avant l’arrivée au campement, probablement l’un des plus impressionnants de ces 3 jours avec un point de vue absolument grandiose et sous un soleil rare ces derniers jours. Toute la vallée s’offre à nous, superbe dernier avant-goût avant l’approche finale du Machu Picchu prévue pour le lendemain.

Et nous voici donc arrivés à la raison qui nous a valut tant d’efforts, cette fameuse cité perdue du Machu Picchu. Située à 2,500m, à l’intersection de plusieurs vallées et entourée de montagnes, le Machu Picchu est censé avoir abrité toute la noblesse du temps des Incas. Connu de peu de gens même au temps de son apogée, il fut abandonnée sans qu’on sache trop pourquoi, probablement autour du 16e siècle avec l’arrivée des espagnols. Différentes théories parlent d’une épidémie, de la fuite face aux conquistadors, etc, mais rien de très concret (surprise!). On ne sait pas vraiment combien de temps cela a pris à construire, mais probablement au moins une couple d’années vu la taille! Comme dirait Kiri, quelle fut la première pierre? Bref la cité fut oubliée jusqu’à sa redécouverte en 1911 par l’aventurier américain Hiram Bingham, alors à la recherche du trésor perdu des Incas.

Jour IV

Jour IV

Nous voici donc arrivés au matin du 4e et dernier jour de notre aventure, salivant de voir le fameux site après tant de marches, de paysages plus magnifiques les uns que les autres, et des sites archéologiques qui vont crescendo en terme de beauté. Réveil – difficile – à 3.45h du matin. 1h plus tard, nous attendons sagement en ligne l’ouverture du chemin, les yeux encore croutés, les jambes déjà fatiguée mais tout de même excités par ce qui nous attend (si ce maudit brouillard veut bien disparaître!). La porte est ouverte, l’allure va bon train… pendant 15mn, après quoi on réalise qu’on en a encore pour 2 heures, donc autant prendre son temps. Bien sur notre star nationale François, marathonien tout frais, va quant à lui tenir le pas de course jusqu’à la porte du soleil qui surplombe le Machu Picchu – il sera impossible à fatiguer l’animal! Après une ascension douloureuse quand même, nous arriverons, à notre tour, à la porte du soleil pour découvrir… du brouillard!

Machu Picchu

Machu Picchu

On attend 30mn mais rien n’y fait. Nous décidons donc de nous remettre en route et ce n’est qu’à mi-chemin que nous verrons le site apparaître dans une brume mouvante – un vrai délice. Pour le reste, les photos valent mille mots (voir l’album). Le site est hors du commun, de toute beauté, grandiose, indescriptible… et les paysages laissent rêveur. Pas à dire, nos amis avaient vraiment du goût pour les grands espaces et la nature! Nous arrivons sur le site, petite visite guidée pendant 1 heure, après quoi notre fou national François décide de se taper l’ascension du Wayna Picchu, quelques centaines de marche de plus à la verticale (forcèment!), pendant que Kiri et moi nous trouvons un petit spot tranquille dans ce décor mythique histoires de… piquer un petit roupillon (crevant ces visites!).

Machu Picchu

Machu Picchu

Et voila, nous avons eu la chance de toucher du doigt cette civilisation mythique que sont les Incas, oui avec le Machu Picchu, mais également au cours des derniers jours en s’imprégnant de la magie des endroits, des paysages… et en marchant TOUTES leurs !@#$% de marches ;) . Un grand bonheur que je m’évertue encore à essayer d’absorber tant c’était grandiose et puissant.

Vue du train

Vue du train

Une fois la visite terminée, nous voici donc repartis vers la gare, croisant ces bus remplis d’indignes touristes ayant préféré 3 heures de train à 3 jours de marche (je comprends toujours pas!). Dans le train, rien à signaler si ce n’est que la locomotive s’arrête alors que nous attaquons une montée, et nous finissons pas faire marche arrière jusqu’à la dernière gare traversée pour… changer de locomotive – logique. Arrivée à l’hôtel à 22h, complètement achevés et rampant péniblement jusqu’à la couette… bien sur excepté François qui ne tient pas en place et veut sortir… on lui mettra des pierres dans le sac à celui là la prochaine fois!!

La vallée sacrée

La vallée sacrée

Le lendemain, nous ne faisons absolument rien, et c’est jouissif (bien sur, je ne parle pas de François qui s’est mis sur une moto histoire de faire le tour de la campagne!). Le vendredi, dernier jour tous ensemble, nous louons une camionnette et faisons le tour des sites de la vallée sacrée que nous n’avons pas vu, une vraie merveille avec un temps superbe. Voir l’album

Jour II

Jour II

Voila pour la petite visite chez les Incas, quelques petits moments sympas quand même! ;) François est rentré à Montréal en fin de semaine, et Kiri pour Lima d’où il reprend l’avion mercredi. De mon côté, je change mes plans et vais faire un tour du côté de Arequipa proche de la côte avant de m’attaquer à la Bolivie. Je compte rendre une petite visite aux condors locaux, et faire trempette quelques jours histoire de reprendre des forces (quand même fatiguant tout ça!). A suivre…

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Pérou – premières heures

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14e heure...

Me voici donc en route pour le Pérou, avec départ de nuit de Vilcabamba en compagnie d’un couple d’Allemands et de Danois en route comme moi pour la côte. On embarque donc dans le bac arrière d’un truck pour rejoindre la station de bus, et nous voilà partis pour une bonne vingtaine d’heures de voyage jusqu’à Trujillo, à mi-chemin avec Lima. A vrai dire assez content de voyager en groupe, nous sympathisons vite et c’est tant mieux vu le nombre d’heures que nous allons passer ensemble! L’arrivée du premier bus du côté péruvien se fait à Piura, grosse ville de poussière plantée au beau milieu du désert. Pas encore très réveillés (après une nuit dans les routes de montagnes), nous entrons dans le tumulte d’une ville pauvre et mangée par la circulation et la pollution. Les taxi-motos et autres véhicules 2 roues donnent à la ville des airs de métropole asiatique, l’ensemble donne une impression de chaos, mais ça fonctionne, les coins s’arrondissent, les trous se remplissent, dans une harmonie un peu déstabilisante. Après 1h à courir, nous trouvons le bus suivant, et embarquons pour le prochain stop.

Après 4 bus et presque une journée de voyage, nous arrivons finalement à Trujillo, et de là embarquons dans un taxi pour rejoindre Huanchaco, petit village de pêcheurs à 20km de la ville (voir l’album).

Huanchaco - bord de mer

Huanchaco

Comme dans les films. Petit village au bord de la mer avec en arrière les falaises qui délimitent de facto l’avancée de la ville, Huanchaco est un petit îlot de paix ponctué par les vagues et surfeurs qui bravent la température de l’eau – glaciale! Une très bonne surprise après un voyage pas exactement de tout repos – et parfait après 1 mois passé dans les hauteurs de l’Équateur. Malheureusement je suis obligé de reprendre la route 2 jours plus tard pour Lima afin d’attraper mon vol qui m’emmènera à Cuzco.

Chan Chan

Chan Chan

Nous visiterons Chan Chan, ancienne cité de l’empire Chimu qui fut vaincu au 16e siècle par les Incas (voir l’album). Des constructions impressionnantes principalement faites de terre séchée, à quelques centaines de mètre de la mer. Trujillo sera également le lieu de découverte du fameux « Inca Kola », boisson nationale absolument imbuvable, avec un goût particulier très proche du bubble gum, et une couleur d’un jaune évocateur (de quoi, pas sur!). Difficile de voir le lien avec les Incas, mais bon ;)

Désert...

Désert...

Après 2 jours du côté de Trujillo, me voila donc à nouveau sur la route pour rejoindre Lima – 10h de désert le long de la côte. Il faut quand même préciser que les bus au Pérou sont incroyablement confortables, 2 étages avec de l’espace, un service de bord qui nourrit son homme toutes les 4 heures, et même une séance de bingo! Un vrai palace roulant avec possibilité (dont je vais abuser) d’être assis au premier rang du deuxième étage – je vous laisse imaginer la vue, imprenable! Nous allons traverser le désert dans un décors hors du temps alternant entre montagnes et falaises  rocheuses longeant l’océan. Un peu long, mais un régal pour les yeux.

Mon passage à Lima ne va durer qu’une nuit. J’y revois  Daniel, ami péruvien rencontré lors de mon étape à Quito alors qu’il s’en allait pour la Colombie, et nous passerons une soirée très sympa dans Mira Flores, l’un des quartiers en bord de mer. Assez intéressant tout de même, la plage se trouve en contrebas de falaises de 200-300m, en haut desquelles se trouve la ville. La perspective est magnifique! Pour le reste de la ville, je n’aurai malheureusement pas le temps de visiter – pour une autre fois! Le lendemain, embarquement pour Cuzco : Machu Picchu, me voilà!!

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