Viva Bolivia!

Vue du salar d'Uyuni

Vue du salar d'Uyuni

Me voici donc en route pour le sud de l’Argentine et la Patagonie, en compagnie de mes parents pour encore quelques jours. Les yeux afutés se demandent probablement pourquoi ce post est cependant tagé « Bolivie ». La raison en est simple, je n’en ai pas encore finit avec ce pays. Je tiens avec ce poste à lui rendre un dernier hommage qui je l’espère sera à la hauteur du plaisir, de l’émerveillement, du bonheur qu’il aura sut me procurer.

Elmer la terreur!

Elmer la terreur!

J’y aurais passé deux mois, le premier à visiter l’altiplano (la plaine des Andes qui s’étire sur quasiment tout le pays du nord au sud à une altitude de 3,500-4,000m), le lac Titikaka, la jungle au nord et le désert de sel au sud. Le deuxième à Sucre dans le centre du pays afin de faire du volontariat avec les enfants et de m’imprégner complètement de la culture, des gens, ambiances et autres charmes locaux. Les premières semaines ont dérangé, la pauvreté évidente et le chaos ambiant ont bousculé mes petites habitudes et confort. Le reste du temps, la perception s’est renversée et je me suis régalé de tous ces petits moments qui viennent chercher et ouvrent le cœur. J’en profite pour tirer un gros coup de gueule à tous ces voyageurs qui ont apparemment été incapables de comprendre et d’apprécier ce magnifique pays et ses gens, et qui n’ont de cesse de critiquer l’accueil, la sécurité et le pays en général. Malheureux ceux qui ont traversé ses contrées sans arriver à les comprendre ni s’en imprégner.

Marché El Alto

Marché El Alto

De manière générale, c’est un beau bordel qui quelque part fonctionne. Ça bouge, c’est de l’imprévu à chaque coin de rue, ça surprend et ça émerveille. Un des côtés les plus sympas vient du fait que rien n’est vraiment fixé, tout est fonction des gens qu’on rencontre. Quoi qu’on essaie de faire, que ce soit acheter une bouteille d’eau, prendre une chambre dans l’auberge du coin ou réserver un tour, tout se discute, se négocie, c’est un échange perpétuel avec les locaux. Et peu importe l’issue, le contact est permanent, par sa présence… comme son absence. Spécialité locale, on pose une question et si la personne n’a pas envie de répondre, elle tourne la tête et passe à autre chose – on fait tout à coup partie du paysage. Après l’irritation initiale, on se prend au jeu et on en rigole. De même dans certains cas ou on est vraiment pris pour le dernier des « gringos », ben ça a son charme et on prend ça finalement avec le sourire. Bref des gens authentiques et vrais – les roublards ne se cachent pas, les bourrus s’en donnent à cœur joie, et les autres sont qui ils sont. Et quand ils s’ouvrent, ils se donnent complètement et c’est un vrai régal. Quant aux enfants qui courent partout, les sourires et la curiosité ne tarissent pas et attendrissent. Moment magique lors de la randonnées de Maragua près de Sucre quand les enfants nous observent par les trous de portes et nous lancent des sourires à la dérobé, apparemment peu habitués à voir des blancs. Et les habits traditionnels se suivent et ne se ressemblent pas, un festival perpétuel de couleurs et de formes.

Un véhicule amphibie...

Un véhicule amphibie...

Les transports sont à eux seuls tout un roman, l’asphalte ne faisant pas partie de la culture (ou tout au moins des routes), c’est donc « tape-cul » à souhait et souvent une bonne dose de poussière dans des voitures ou bus datant d’une autre époque. Ne parlons pas de la vitesse moyenne, qui doit rarement dépasser les 50km. En ville, c’est la zizanie des micros, petites camionnettes qui se tirent la bourre pour aller chercher le maximum de clients, qui s’entassent à l’intérieur à casser des records Guiness. On pourrait d’ailleurs penser que la Bolivie est l’endroit rêvé pour les constructeurs automobiles, tant pour les publicités qui voient toute une file de gens sortir d’une minuscule 2 portes que pour les tests d’endurance en terrain difficile. Nous monterons ainsi dans un petit taxi Toyota à 12 personnes plus le conducteur! Autant dire que l’ensemble de l’espace est optimisé du coffre au siège passager. A l’extérieur, c’est la course pour la vie particulièrement en ville ou être piéton est une aventure en soi. Mais dans la mesure ou on ne s’attend pas à ce que les gens s’arrêtent pour laisser passer les deux jambes, aucun soucis!

Cratère de Maragua

Cratère de Maragua

Les constructions y sont pour la plupart faites de terre séchée et morceaux de tôle tenant ensemble par quelque pierres posées sur la structure. On y trouve rarement de dernier étage, le tout étant laissé en plan avec les piliers et morceaux de ferrailles qui dépassent pour le cas ou on voudrait rajouter un étage supplémentaire par la suite. Les maisons s’amoncellent généralement un peu partout et épousent la forme du terrain souvent montagneux dans un enchevêtrement qui laisse rêveur sur leur équilibre (souvent précaire). Mais sans trop savoir comment, le tout fonctionne. Quant à la décoration intérieure, ils ont une passion pour la couleur « originale », les lampes d’hôpital et le style « épuré ».

Le marché aux fruits de Sucre

Le marché aux fruits de Sucre

Côté culinaire quelques belles surprises, noyées dans une avalanche de riz et de pâtes. Les marchés locaux avec des allées entières d’étalages de viande en tous genres, avec une odeur qui retourne le cœur à 8h du matin. On dit que la chaine du froid n’est pas respectée dans ces pays, ce qui quelque part est faux puisqu’elle n’existe tout simplement pas. La viande reste à l’air nu du matin au soir et ça n’a pas l’air de déranger plus que ça. Dans un coin, on trouve toujours les stands de fruits, véritable merveille dont on ne se lasse pas. On y va, commande son jus ou sa salade, et les grosses madames font tout ça sous nos yeux pour moins de $1. Bref une superbe manière de commencer la journée, je ferai pour la première fois des overdoses de fruits, et quel goût!

Isla del Sol

Isla del Sol

Quant aux paysages, je laisserai les photos vous en parler. C’est spectaculaire, ça n’en finit pas de changer et en général le tout reste vierge et préservé. Le grand coup de cœur côté beauté naturelle est définitivement le désert de sel de Uyuni qui est une vraie merveille à tel point que je le visiterai deux fois, une fois sec et l’autre avec un bon 20cm d’eau. Côté civilisation, La Paz est définitivement une ville surprenante, d’une énergie et une vitesse qui dépassent l’entendement.

Salar de Uyuni

Salar de Uyuni

En bref, j’aurai passé 2 mois absolument hors du commun, tantôt comme touriste, tantôt comme locataire. Entre les paysages, les rencontres et le travail avec les enfants, j’irai de surprise en émerveillement, avec au final un petit goût de trop peu mais quand même. Un dépaysement à la hauteur de mes attentes au moment de décider de faire ce voyage – ça dérange, bouscule, absolument génial. Un pays radicalement authentique aux charmes nombreux!

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Sucre – opération immersion

Davida

Davida

Me voici donc à Sucre, pour 3 semaines. Objectif : me plonger en immersion totale, donner de mon temps en faisant du bénévolat avec les enfants et pratiquer mon espagnol jusqu’à la corde. Voyager est extraordinaire et les 3 mois passés (déjà!) ont été une succession d’émerveillement et de rencontres. Cela dit je fréquente la plupart du temps des étrangers et ne passe pas plus de 1 à 2 jours dans chaque endroit. Difficile donc de s’imprégner de la culture locale et de développer des relations avec les habitants. L’objectif de Sucre est donc de mettre le voyage de côté quelques semaines et de prendre le temps de découvrir l’endroit comme les gens.

Fernando & Bryan

Fernando & Bryan

Au programme (chargé!), logement en famille d’accueil, travail dans la garderie d’un quartier pauvre de Sucre le matin et cours d’anglais avec les enfants l’après-midi. Histoire de combler les trous j’ai décidé de réaliser l’un de mes rêves : apprendre la guitare (idée de génie que de me trimballer une guitare pour traverser l’Amérique du Sud, il fallait y penser). Les journées sont donc chargées mais pas encore suffisamment, je les conclue donc avec des cours de salsa. Et ça fonctionne! Je suis avec les locaux du matin au soir, et je prends un plaisir incroyable à apprendre, que ce soit l’espagnol ou la guitare – deux sujets qui me tiennent à cœur.

Bar "Mirador"

Bar Mirador

La première semaine est un peu dure, je suis seul et ne rencontre pas de backpackers, je passe donc le plus clair de mon temps à travailler avec les enfants ou seul à pratiquer espagnol et guitare. Après 3 mois à vivre à rythme accéléré, ponctué de maintes rencontres de gens de tous horizons, le changement de rythme est radical. La garderie est également un choc, les conditions de vie et d’hygiène étant déplorables et la pauvreté évidente. Mais je réalise rapidement que c’est exactement ce que je recherchais et une petite routine s’installe rapidement à mesure que je m’ouvre à cette autre facette du voyage et de l’Amérique du Sud, une facette plus réelle que jamais.

Les enfants de la garderie

Les enfants de la garderie

Le premier jour, arrivée à la garderie à 9h, j’ouvre la porte et découvre tout à coup une ribambelle de petites têtes brunes (surprenant, peu de blonds). En l’espace de quelques secondes, j’en ai 2 dans les bras et quatre autres accrochés à mes basques. Ce moment marquera le début de 3 semaines merveilleuses avec les enfants (entre 25 et 30 selon les jours), ponctuées de sourires et câlins, et quelques pleurs pour faire bonne mesure.

La garderie Ciruelitos

La garderie Ciruelitos

Les conditions sont plus que limites. Le quartier est très pauvre, les infrastructures quasi-inexistantes et la garderie s’en ressent. Simplement une grande pièce avec une cuisine de fortune dans un coin, pas de toilettes ni d’eau courante, le tout pour près de 30 enfants. Inutile de préciser que les jouets se courent après et il faut faire preuve d’imagination. La cours sert donc de défouloir pour ces jeunes pleins d’énergie quand le temps le permet. L’hygiène quant à elle laisse à désirer et on sent qu’il y a un gros manque d’éducation en plus de problèmes de moyens.

Carine

Carine

Cela n’empêche pas ces jeunes (de 1 à 7-8 ans) d’avoir une énergie incroyable et un sourire à faire fondre la Patagonie. On sent qu’ils n’ont pas nécessairement l’habitude de recevoir de l’attention, et mon arrivée (suivie par 2 autres volontaires la semaine suivante) est une fête pour eux. Ca crie, remue, se jette sur les genoux, tire les jambes, bref ça bouge. Et pas intérêt à penser à faire une pause. C’est un vrai plaisir et tellement émouvant de voir toute cette affection et ces sourires. Les yeux quant à eux racontent des histoires. On sent que certains ont vécut et vivent des choses difficiles, la garderie est souvent pour eux le temps de se détendre. Le lundi est d’ailleurs une journée difficile, on sent que la fin de semaine a été dure à la maison et que le retour à la garderie permet de respirer et de se remettre petit à petit. Les premières heures sont consacrées à reconnecter avec ces petites âmes pleines de vie, et hop c’est repartit pour une autre semaine. Comme ça, j’accueille le 3e jour 2 jumeaux de 14 mois, Sergio et Severino. Premier jour, impossible de leur décrocher un sourire – je les travaille au corps pendant 3h mais rien n’y fait. Finalement j’arriverai à les faire « craquer » après trois jours, et quel plaisir de les voir finalement sourire – et de voir ces petits bras se lever dans les airs pour qu’on leur fasse un câlin! Mais est-ce normal à cet âge là de voir ça…

Mariane

Mariane

Bref quelle expérience de vie. Ça confronte à la réalité de beaucoup plus d’enfants qu’on ne s’imagine, beaucoup de choses qu’on prend pour acquises sont un luxe pour eux. Des choses aussi simples que d’avoir des toilettes, des vêtements propres… Je ne veux pas non plus dramatiser, mais c’est clairement une autre réalité qui m’était (nous est?) complètement étrangère. Ca réveille, un peu douche froide, ça attendrit. Je cherchais un « reality check », je l’ai eu. Et avec ça un temps incroyable avec des enfants d’une gentillesse et d’une maturité surprenante. On sent également une solidarité à toute épreuve, particulièrement entre frères et sœurs. La plus grande frustration sera de ne pas pouvoir changer significativement les choses, étant sur place pour seulement 3 semaines et n’ayant pas été mandaté pour intervenir sur la manière dont sont encadrés les enfants. Nous nous lancerons tout de même dans des travaux de terrassement afin de faire un potager dans la cours pour qu’ils puissent cultiver leurs légumes (les rations alimentaires sont souvent insuffisantes et manquent de produits frais). Belle aventure qui restera gravé en moi pour bien du temps, les au-revoir sont émouvants des deux côtés.

L'institut Fox

L'institut Fox

L’après midi est consacré aux cours d’anglais. J’assiste une prof absolument géniale (Lourdes) et enseigne donc à des jeunes de 7 à 11 ans qui apprennent les bases de la langue anglaise. Une toute autre ambiance, on sent que les enfants viennent d’un milieu plus aisé. Lourdes fait preuve d’une énergie illimitée et je n’ai pas d’autre choix que d’embrayer et suivre le rythme. Et ça swing! Je leur enseigne les Beatles, accompagne (ou plutôt tente) les chansons éducatives à la guitare et participe aux différentes activités (description des parties du corps humains avec cobails, etc.). Première fois que je me trouve dans une cadre d’enseignement formel (de l’autre côté du bureau) et j’adore.

Princesse Jayna

Princesse Jayna

Le reste du temps est consacré à la guitare – mon prof s’évertue à m’apprendre les bases de la musique et de la guitare en 2 semaines, le pauvre en transpire à grosses goutes, mais il est très bon et je m’imprègne du maximum pendant que je peux. Après ça je serai sur la route et il faudra que je me débrouille! La deuxième semaine, je rencontre Dieter (de Bolivie) et Jayna (d’Angleterre) et on change de vitesse. Sortie tous les soirs dans les endroits locaux, à coup de concert de Heavy Metal ponctué de pogos avec des boliviens aux cheveux longs et tout habillés de noir, de sessions de Karaoké (complètement ancré dans la culture – les gens se lèvent tour à tour pour chanter, c’est naturel), et de maintes boites de nuits et autres bars. Le monde de la nuit de Sucre surprend, les nuits raccourcissent et l’ambiance change.

Jamil

Jamil

En résumé, 3 semaines de pur plaisir et un changement radical du reste du voyage. Je cherchais l’immersion totale, j’ai été servit! Que ce soit avec les enfants ou en sortie le soir, j’ai passé mon temps avec les locaux, eu mes premières conversations entièrement en espagnol dans les bars (yeah!), et surtout j’ai pris le temps de faire la connaissance des lieux, des gens, de la culture. Aussi simple que d’avoir ses petites habitudes dans les cafés et de tailler une bavette avec les serveurs – magique. Un sacré contraste avec le reste du voyage. Il est maintenant temps de remettre les voiles pour rejoindre mes parents dans le sud. Étrange sensation que de remettre le sac sur le dos, nostalgie de quitter Sucre couplée à l’excitation de me remettre en route et de revoir la famille. Au programme 1 semaine pour rejoindre Mendoza en Argentine, juste un petit 50h de bus! Dommage pour mes voisins, je suis maintenant armé d’une guitare et de gammes en tous genres. En chemin, je compte tout de même faire quelques pauses, notamment me refaire le salar de Uyuni (je sais, il n’est pas bien le garçon) qui est maintenant remplit d’eau et change complètement la paysage – visiter San Pedro de Atacama au Chili, et passer 1-2 jours à Salta en Argentine, supposément un superbe vestige colonial. Bref je me remets en selle! A suivre…

Isaac, Jonny, Limber, Iber

Isaac, Jonny, Limber, Iber

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Maragua – 2010 en grandes pompes

En route pour Maragua

En route pour Maragua

Après la rudesse de la mine, temps pour un peu de grand air. J’arrive le soir même à Sucre, qui se partage avec La Paz le titre de capitale (histoire compliquée à souhait – à venir dans un autre post). Nous sommes le 29 décembre, j’ai donc 2 jours pour me faire des amis avant le réveillon! Je me trouve une chambre en dortoir et commence l’exploration d’une ville qui dénote complètement avec ce que j’ai put voir de la Bolivie ces dernières semaines. Tout y est soigné, de magnifiques bâtiments de style colonial bordent des rues pavées et de belles places. On voit des voitures neuves dans les rues (la plupart du temps ce sont des véhicules d’occasion importés pour terminer leur vie en Bolivie), l’habillement est très moderne et plutôt occidental, même si on retrouve toujours les indigènes et leurs habits traditionnels (un régal de couleurs). On sent que le niveau de vie est nettement supérieur au reste du pays – un sacré contraste après La Paz et Potosi notamment. Je compte rester 3-4 semaines à Sucre pour faire du bénévolat et pratiquer mon espagnol – j’aurai donc l’occasion de vous parler de la ville dans une prochaine édition.

Claire & Wilfried

Claire & Wilfried

Le lendemain, je tombe par hasard sur Wilfried et Claire, deux grenoblois rencontrés lors de la visite de la mine. Nous voila donc en train de dîner la veille du réveillon, ils m’annoncent alors qu’ils se mettent en route le lendemain matin pour 3 jours de bivouac dans la cordillère de « Los Frailes » et me proposent de me joindre à eux. L’idée de passer un réveillon en pleine nature me plait et mon couple de Français est fort sympathique, c’est donc entendu nous passerons ensemble dans la nouvelle décennie.

Notre carosse

Notre carosse

Après quelques courses de première nécessité (saucisson, vin rouge, etc – je sais Val pas de cornichons, vraiment la misère), nous voilà donc en route pour le terminal des camions. De là et sous les yeux ahurits des locaux, nous embarquons dans… une bétaillère, moyen de locomotion de choix pour rejoindre les villages un peu reculés de la région. Nous nous entassons donc dans cette magnifique remorque décapotable avec vue imprenable sur les paysages environnants (on oublie vite l’idée de s’assoir vu le monde). Les visages sont brûlés par le soleil, les habits typiques et colorés, on transporte ce qui n’a pas été vendu le matin au marché, fleurs, légumes. Nous sommes en pleine Bolivie, un régal. Oups, petit accident du chien d’à côté, l’espace habitable vient de réduire de moitié. Un avion passe dans le ciel, je fais signe aux gamins à côté en le leur montrant du doigt, ils me regardent comme si j’étais un pignouf complètement ignorant. Ça secoue à mesure qu’on progresse dans la montagne sur une route de terre fatiguée. Après une heure de route nous arrivons finalement à Chataquila, littéralement une maison au milieu de nulle part, également point de départ d’un ancien chemin Inca qui marque le début de notre randonnée. Grand soleil et vue dégagée, le paysage est superbe et nous nous mettons gaiement en route.

Cratère de Maragua

Cratère de Maragua

Claire et Wilfried carburent et après un moment m’annoncent qu’ils se font des courses d’orientation de 40-50km les week-ends sans compter leurs 2 heures de sport quotidiennes, ça promet… Tout à fait d’accord, scandaleux de n’apprendre ça qu’une fois en route, c’est le genre de détail qu’on veut avoir AVANT de prendre sa décision. Mais bon ils font quand même des pauses de temps en temps, j’ai donc bon espoir de survivre. Pause de midi largement méritée et nous voila repartis pour rejoindre notre premier campement et un point de vue supposément spectaculaire, le cratère de Maragua. L’ascension se fait dans un paysage montagneux de strates, les teintes de rouges semblent infinies et contrastent avec le vert de la végétation, nous gagnons en altitude et n’en finissons pas de nous imprégner du paysage. J’ai beau vérifier régulièrement avec Claire et Wilfried, je suis bien le seul à souffrir des jambes – bizarre. Le soleil tape et nous transpirons à grosses gouttes. Nous arrivons finalement sur l’un des flans du volcan et découvrons le cratère tant attendu. Et nous ne sommes pas déçus, les parois sont striées en couches, en formes arrondies comme pour raconter l’histoire de leur création. Les couleurs pleuvent, la lumière est mythique, c’est tout simplement un délice. Au centre du cratère se trouve le village ou nous décidons de passer la nuit.

Réveillon à la bougie au fin fond de la Bolivie - ca vous dit?!

Réveillon à la bougie au fin fond de la Bolivie - ca vous dit?!

On pensait installer la tente mais nous laissons finalement tenter par l’auberge locale qui propose des cabanes avec repas. OK, pas très aventurier tout ça – mais on parle quand même du réveillon, faut commencer l’année du bon pied (du bon lit également!). Après un apéritif digne de ce nom (saucisson, pringles et vin rouge), nous festoyons d’une montagne de riz recouverte de deux œufs au plat et finissons le tout sur une note sucrée de mangue. Compte tenu de la fatigue de la journée (je leur ai finalement mis des pierres dans les sacs histoire qu’ils sentent un peu leurs jambes), nous prenons la sage décision de fêter le nouvel an à l’heure européenne et nous éteignons les lumières à 10h. Après un petit déjeuner non-identifié, nous nous remettons en route le lendemain matin et traversons le cratère qui n’en finit pas de nous émerveiller. A mesure que nous avançons nous croisons des petits villages et ne manquons pas de nous arrêter pour rencontrer les quelques habitants et tailler une bavette rapide. Les gens ne sont pas habitués à voir des étrangers et on sent beaucoup de curiosité dans les échanges. Les enfants nous regardent de derrière le mûr et nous crient quelques mots à l’arrachée en guise de bonjour, timides et intrigués par ces « gringos » chargés d’un gros sac qui marchent dans leurs contrées. Claire monte nombre de stratégies pour prendre les locaux en photos sans se faire voir, ces derniers n’appréciant pas d’être pris en photo (supposément effrayés que nous ne les vendions par la suite). Et elle va réussir après maints efforts!

Wilfried à l'oeuvre

Wilfried à l'oeuvre

Notre ami Wilfried quant à lui s’en donne à cœur joie avec la pauvre carte du Lonely Planet (pas sur que la dénomination « carte » soit méritée en l’occurrence) et son GPS pour arriver à débusquer les chemins. Plus facile à dire qu’à faire mais il se débrouille comme un chef. OK, on s’est descendu un 700m de dénivelé en ligne droite mais à part ça c’est un sans faute ;) . Après une bonne journée de marche et un arrêt en chemin au village de Purunkilla ou nous faisons connaissance avec les enfants locaux (tout de même à distance – ils restent très timides), nous rejoignons finalement notre campement de la nuit et posons la tente dans un confortable bras de rivière asséché, mes deux compères ayant pitié pour mon dos (apprenti campeur, je n’ai pas de tapis de sol).

Bains de Talula

Bains de Talula

Nous découvrons les bains thermaux de Talula non loin de là, détruits suite à un éboulement. Cela n’empêche pas l’eau volcanique de s’échapper par des brèches dans le flan de la montagne à plus 40 degrés, et la tentation est trop forte, nous finissons donc en maillot de bain dans ces eaux délicieusement chaudes, au milieu d’un paysage grandiose et un soleil couchant. La nouvelle année commence donc sous le signe de la détente et du bien-être ;) . Après un festin de pâtes à la crème (la cuisinière s’est surpassée), une séance d’observation des étoiles (pas put trouver la grande ourse…), nous voici donc au lit comme les poules à 9h.

Claire & Wilfried, RDV à Grenoble en Juin!

Claire & Wilfried, RDV à Grenoble en Juin!

Le lendemain sera plutôt tranquille avec une marche matinale de 2h (je sais, même pas de quoi s’échauffer) pour rejoindre le village de Quila Quila d’où nous comptons retrouver notre bétaillère nationale. En attendant son arrivée, nous nous faisons une orgie en règle de petits gâteaux (seule denrée alimentaire de choix dans ce coin reculé). Claire est toujours en quête de portraits et en profite pour capturer quelques clichés supplémentaires, mon appareil quant à lui rend l’âme probablement des suites de la visite de la mine à Potosi. Nous prenons finalement le chemin du retour – 3h en bétaillère décapotable, des images plein la tête et la sensation d’avoir rencontré la Bolivie dans toute son authenticité, ses paysages sauvages, ses villages reculés, ses habitants et leur mode de vie encore très traditionnel. Un vrai plaisir en très bonne compagnie – 2010 promet!

Cratère de Maragua

Cratère de Maragua

J’en profite pour souhaiter à tous plein de bonnes choses pour cette nouvelle année. Que ses mois soient parsemés d’aventures en tous genres, sans compter bien sur une santé de fer et une réussite intarissable tant sur le plan personnel que professionnel. En bref, bonne année!! :)

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Potosi – Germinal des temps modernes

Mine "La Negra"

Mine "La Negra"

Sur la route de Sucre avec cela dit un arrêt en chemin pour visiter Potosi, plus haute ville du monde à 4,000m+ d’altitude. Célèbre pour ses mines d’argent, elle fut la ville la plus riche de tout le continent au 17e siècle et une des importantes sources de revenus pour l’Espagne. A l’époque sa population dépassait celle de Londres ou Paris pourtant déjà principaux centres névralgiques d’Europe. Avec le temps la mine s’est peu à peu tarit, abandonnant la ville à sa splendeur passée. Aujourd’hui Potosi reste une ville de taille moyenne et conserve nombre de témoignages de sa grandeur d’autrefois. Les mines quant à elles restent en exploitation pour ses minéraux, cette fois-ci gérées non pas des sociétés privées mais par un système de coopératives détenues directement par les mineurs. Il n’y donc plus d’intermédiaires et les mineurs récoltent le fruit de leur travail dans leur intégralité. Est-ce le meilleur système, difficile à dire en si peu de temps – mais le tout a l’air de fonctionner.

La montagne abritant la mine

La montagne abritant la mine

L’histoire de la mine n’est pas brillante. L’exploitation a commencé au 16e siècle alors que les espagnols découvrent les réserves d’argent de la montagne et lancent son exploitation massive. Bien entendu le travail d’extraction (complètement manuel) sera l’exclusivité des indigènes locaux et esclaves noirs venus d’Afrique, bien que ces derniers ne soient pas taillés pour la rudesse des conditions de travail (surtout dut à l’altitude et les problèmes de respiration). Inutile de préciser que des millions de personnes y laisseront leur vie au fil des siècles, alors que les colons s’enrichiront à outrance. Juste une injustice de plus… Bref l’histoire de la mine est profondément entachée du sang de ses victimes, en même temps qu’elle a fasciné les hommes des siècles durant.

"Tio"

"Tio"

Alors qu’à l’époque la religion imposée (et respectée par les locaux) était le christianisme, les mineurs avaient leur propre dieu – Tio (un dieu unique, chose rare pour les indigènes qui à l’origine avaient nombre de dieux tels la terre, le soleil, etc.). Autrement dit le diable. Ils ne vénéraient ce dieu qu’une fois entrés dans la mine. Dès la sortie, ils revenaient aux croyances « publiques ». Cela est toujours vrai, et une journée à la mine commence par un passage à la statue de Tio et par une série d’offrande destinées à le calmer et assurer la sécurité des mineurs. Il est donc aspergé d’alcool à 95%, on lui colle quelques feuilles de coca, et on lui glisse dans le bec une cigarette allumée. A se demander s’ils n’essaient pas de l’achever… Cette tradition prévaut toujours aujourd’hui et notre guide, ancien mineur, n’y coupera pas.

La fine équipe

La fine équipe

Que donne la mine d’aujourd’hui? A peu de choses près, rien ne semble avoir changé. Nous attaquons la visite en enfilant la panoplie du petit mineur, à savoir bottes, veste et pantalon, sans oublier la lampe frontale. Arrêt au magasin de la mine pour acheter des cadeaux que nous remettrons aux mineurs selon la tradition. Au programme, bâton de dynamite (en vente libre à 3$ – imbattable!), alcool potable (précision importante) à 95% (j’ai essayé, tort boyaux assuré – le calvados peut aller se rhabiller), feuilles de coca et déclencheur chimique (qui libère les propriétés de la coca : coupe-faim, aide pour l’altitude, stimulant, etc.). Le tout complété d’une bonne bouteille de soda de 2 litres et nous voici parés à attaquer notre visite. J’enlève dors et déjà la notion « touristique », cette dernière impliquant un certain nombre de mesures de sécurité et protections pour s’assurer que le touriste en ressorte en un morceau de manière systématique. Dans notre cas, nous allons simplement marcher dans la mine en activité, croisant ainsi mineurs et chariots et nous faufilant dans les tunnels qu’ils utilisent couramment avec en bruits de fond quelques explosions de dynamite pour faire bonne mesure. Autant dire donc qu’il ne s’agit pas vraiment d’une petite promenade de santé avec quelques panneaux explicatifs – on est directement dans la réalité de la mine et de ses occupants.

Toute une aventure

Toute une aventure

Notre mine s’appelle La Negra (la noire), en exploitation depuis 1988 pour son argent et zinc. Après avoir laissé passer quelques mineurs sortant leurs chariots, nous faisons notre entrée. Nous nous enfonçons donc dans un étroit passage creusé à même la montagne haut d’un mètre 60-70, le sol est un mélange de gravats et d’eau, et nous caressons de la tête un tuyaux d’air comprimé coupé par endroits pour laisser s’échapper un peu d’air à intervalles réguliers. Pas de lumière, simplement la lueur de nos frontales qui dessinent un halo lumineux le long des murs. À mesure que nous progressons l’air se fait plus dense et la respiration ralentit. Petit arrêt à la statue de Tio pour procéder aux dites offrandes et glaner quelques explications, et surtout s’habituer au manque d’air qui combiné aux 4,000m d’altitude nous laisse le souffle court. Nous continuons à nous enfoncer dans la montagne et arrivons à un passage – il est temps d’entamer notre descente dans ses entrailles. Quelques planches de bois et rondins pour guise de passage, une échelle et nous voilà en train de descendre dans les profondeurs sombres de la mine. Le tout est glissant à souhait du fait de l’humidité constante, la poussière empêche nos lampes de voir à plus de 1 mètre, et plusieurs mètres de vide en dessous de nous assurent un silence de concentration et d’appréhension dans le groupe. Certains passages sont réellement dangereux, nous passons à un moment donné au dessus d’un trou de 4 mètres sur une planche inclinée de 20 cm de large glissante comme du savon. Je ne suis pas sensible, mais j’avoue m’être posé de sérieuses questions à certains moments. A d’autres endroits nous nous faufilons dans des fentes de guère plus de 50cm de large, autrement dit mieux vaut ne pas être claustrophobe. Le tout dans un bain de poussière et un manque d’air constant.

Pause avec les mineurs

Pause avec les mineurs

Nous passerons 2 heures à aller et venir dans le labyrinthe des passages, pour terminer notre visite avec un groupe de mineurs dans un coin reculé de la mine. Pause de midi – nous leur offrons nos cadeaux et en profitons pour discuter. Ils ont tous leur boule de feuilles de coca dans la bouche (un bon 5-7cm de diamètre) qui leur permet de tenir toute la journée sans manger (pas de toilettes dans les mines). Les traits sont usés par le labeur et les dures conditions, chaque geste et parole est économisé. Et nous faisons la connaissance de la dernière recrue de l’équipe, un garçon de 12 ans… C’est dur, surtout après ce que nous avons vu des conditions de travail et de vie. Nous pauvres âmes peinons à supporter 2 heures dans cet enfer, quand les mineurs attaquent la journée à 4-5h du matin pour ne ressortir que 10-12h plus tard, tous les jours de la semaine. Alors que notre espérance de vie va au-delà de 70 ans, la leur ne dépasse pas les 50 et s’arrête souvent début quarantaine du fait des maladies des poumons dues aux gaz et poussières qu’ils ingèrent quotidiennement. Gagnent-ils vraiment mieux leur vie? Pas évident de la savoir, les versions varient selon les guides. La chance y est tout de même pour beaucoup pour dégotter un filon d’argent qui peut rapporter beaucoup mais n’est en rien garanti.

La lumière du jour!

La lumière du jour!

Nous sortons finalement 2 heures plus tard, content de retrouver l’air libre et la lumière du soleil. Tout le monde est un peu secoué par ce qu’il vient de voir, soulagé tout de même mais morne à l’idée que 6 à 8,000 mineurs vivent cette réalité au quotidien, dans des conditions de travail d’une précarité affligeante. Tout y est manuel, les chariots sont poussés sur des morceaux de bois faisant office de rails, pas de lumière, un pauvre tuyau qui crache de l’air comprimé, des passages et descentes balisés par des planches de bois enfilées tant bien que mal. Et aucune protection contre la poussière ambiante, qui aura raison de la vie de chacun de ces mineurs mis à part quelques exceptions comme notre guide qui après 7 ans a réussit à en sortir. Il nous parle d’ailleurs des conditions et de l’espérance de vie des mineurs avec beaucoup d’émotion dans la voix, comme d’un destin truqué à l’avance.

Miniers de la "Negra"

Miniers de la "Negra"

Pour conclure cette visite forte en émotion, nous avons droit à une explosion de dynamite en règle dans la carrière avoisinante (à l’air libre heureusement). Ca claque fort. Et nous voila repartit dans notre petite vie confortable, nous oublions peu à peu ce que nous venons de voir pour nous projeter dans ce qui nous attend, un dîner en bonne compagnie, une soirée tranquille en ville, une autre destination. Malgré tout ce que nous avons put vivre et ressentir lors de cette visite, il semble que notre carapace soit impossible à percer au-delà de quelques millimètres, notre insensibilité s’assure que notre petite réalité n’est pas perturbée plus de quelques instants. Moi le premier.

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Uyuni – le désert…

Le salar d'Uyuni

Le salar d'Uyuni

La Paz, dimanche soir – 20h. Après 2 jours de pause suite à la pampa, tout juste le temps de faire la lessive et de se remettre le dos de 30 et quelques heures de Jeep en terrain hostile, nous voici repartis… cette fois pour le désert. Yaël et moi avons décidé de continuer vers le sud avant que nos chemins se séparent pour de bon, elle vers Buenos Aires ou elle va retrouver son copain et moi vers Sucre pour faire quelques semaines de volontariat. Le bus est petit à souhait, il pleut des cordes et je m’aperçois vite que l’étanchéité de ma fenêtre date d’une autre époque. Bref 12h de bonheur coincé dans un espace confiné et balloté par les aléas de la piste (parler d’une route serait exagérer). Content donc d’arriver, toujours dans l’altiplano autour de 3,500m d’altitude avec au loin les glaciers à 6,000m. Malgré les courbatures et les yeux qui peinent à rester ouverts, le spectacle est superbe. Et bien sur le réveil version locale : ils ont la spécialité de blaster (oui oui, c’est le mot) une musique locale pas toujours du meilleur goût environ 1 heure avant l’arrivée. Aucune chance de manquer le terminus (sans blague!). Pas très agréable, mais on peut dire que c’est saveur locale.

A peine descendus du bus, nous nous mettons en chasse d’un tour avec qui partir pour 3 jours de visite du salar d’Uyuni et du désert voisin pour voir geysers et autres phénomènes naturels intéressants (lacs verts, rouges, arbres de pierre, etc.). Nous trouvons notre homme et à peine l’estomac restauré et les dents brossées, nous voici repartis pour… surprise… 3 jours de Jeep! Pour nous tenir compagnie, 3 australiens se joignent à nous, et nous voici sur la route – heureux comme des papes – et complètement crevés (les australiens se sont eux aussi tapés le bus de nuit, l’ambiance est donc studieuse).

Le salar d'Uyuni

Le salar d'Uyuni

Et nous entrons dans le fameux salar d’Uyuni. Pour la petite histoire, le salar est à l’origine un lac d’une bonne centaine de kilomètres formé par le mouvement des plaques et monté à quelques 3,000m d’altitude. Ce faisant il a emprisonné avec lui une partie (tout de même minime) du pacifique. Au fil du temps l’eau a séché et n’a laissé qu’une énorme croute de sel derrière lui. Il y a probablement nombre d’autres processus et phénomènes chimiques, physiques, etc., mais je ne les connais pas et le tout me parait crédible donc je m’en contente. Pour les apprentis scientifiques, il y a wikipedia ;) . Le tout donne donc une surface plane sur des dizaines de kilomètres, un sol de sel – et c’est tout simplement hors du commun. Une personne rencontrée plus tard me dira que c’est la plus belle chose qu’elle a vue de sa vie, je ne sais pas si c’est mon cas mais il est clair que c’est extraordinaire. Les photos valent tout ce que je pourrais vous raconter…

...

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Après 2 bonnes heures de route, nous tombons sur l’île du poisson (rappel : nous sommes sur un lac asséché) ou ne poussent que des cactus, mais alors pas des moitié de cactus. Et en quantité SVP. De toutes les tailles, ils ont élu domicile sur ce gros caillou au milieu de nulle part, dans un climat chaud et sec en été, et crissement froid en hiver – un vrai paradis pour eux donc. À tel point que certains atteignent plus de 1,000 ans et au-delà de 12 mètres de hauteur. C’est l’heure de jouer avec les effets d’optiques (non, pas encore capable de sauter à 4 mètres de hauteur…) et de se remplir des perspectives alentours (François, un vrai bonheur!). Petite séance photo avec Gozilla, lunch sans sel svp et nous voila repartit pour la prochaine étape. Après quelques heures de route et un paysage qui devient désertique et montagneux, nous nous arrêtons pour passer la nuit dans un hôtel de sel. Effectivement, les murs jusqu’aux lits viennent des carrières de sel locales. Un peu style hôtel de glace, sans la température (Katja, parfait pour toi). Surprise, nous avons l’eau chaude et même quelques heures d’électricité, autant dire un vrai luxe inattendu et bienvenu. C’est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos amis australiens, très sympathiques, ainsi que la patronne qui n’hésite pas à venir se poster devant la table chaque fois qu’un plat nous est servit. Quand nous lui demandons des verres pour boire du vin, elle nous apporte sans hésiter… 6 verres (nous sommes 5) – indéniable sens de l’hospitalité. Après les dernières 24h, inutile de préciser que la viande est mise au torchon à 20h et n’en sors pas avant 7h le lendemain matin (scandaleusement tôt en effet).

Flamants roses

Flamants roses

Le deuxième jour est le temps de découvrir les magnifiques lacs de la région, plantés au milieu d’un des déserts les plus secs du monde (allez comprendre comment on peut avoir des lacs au milieu du désert…). Et nous faisons connaissance avec les flamants roses, une autre superbe surprise, attirés par la richesse des points d’eau en minéraux – qui leur donnent des couleurs inattendues, jaunes, rouge, vert. Les paysages défilent et n’en finissent pas de nous surprendre, on ne se lasse pas et les appareils photos chauffent de tant de grandiose. Petit arrêt pour faire la connaissance de l’arbre de pierre, sculpté par le temps, le vent et le sable. Il est là, planté au milieu du désert avec des formes impossibles et imposantes. Petite séance photo de groupe, et nous rejoignons le dernier point de vue de la journée, le lac coloré (rouge plus exactement). Un vent à décorner les bœufs nous accueille à tel point que je fous en l’air ma portière en l’ouvrant avec un vent arrière, fracassant le mécanisme, et nous progressons jusqu’au bord du lac sur une montagne de (non ce n’est pas de la neige) borax (me rappelle pas le nom). Nous avons littéralement l’impression de voler tellement le vent est fort (je commence sérieusement à me prendre pour superman), et le spectacle nous laisse sans voix (pas moyen d’ouvrir la bouche de toute façon, au risque de se transformer en une mine de borax).

Les geysers

Les geysers

Nous finissons la journée dans une auberge pas loin du lac, également pourvue d’eau chaude (nous n’en finissons pas d’être surpris), à 4,200m. La nuit se passe par à coups, l’altitude nous empêchant de dormir de façon continue, et nous décollons finalement vers 5h du matin (dur les voyages!). Nous allons admirer le lever de soleil sur les geysers qui crachent leurs fumées et répandent une forte odeur de souffre. Magnifique spectacle sur une lumière surnaturelle, la terre boue sous nos yeux et laisse rêveur. On aurait presque envie de tremper le doigt (mais on évite quand même). Une chose est sure, les mesures de sécurité sur site sont légères, on peut s’aventurer à quelques centimètres des geysers, certaines partie sont d’ailleurs un peu trop molles à mon goût. Mais l’expérience est incroyable. Après 15mn à se gaver des fumées toxiques, nous voila repartis vers le lac vert, qui malgré son nom est plutôt sombre, le vert se révélant théoriquement avec la lumière de l’après midi. Très beau site tout de même, avec 2 volcans à près de 6,000m qui surplombent le lac.

Aguas calientes

Aguas calientes

Et pour finir le tour en beauté, nous nous arrêtons à « aguas calientes », source d’eau chaude directement issue du volcan avoisinant se jetant dans le lac, avec au passage une pause dans la petite piscine naturelle qui fera office de jacuzzy à notre petite troupe, heureuse de pouvoir se prélasser tranquillement et de décanter toutes ces images aussi surprenantes les unes que les autres. 1h de pause et nous voila sur le chemin du retour, au milieu de ciels orageux de toutes parts. Nous échapperons tout de même à la tempête (probablement mieux, pas vraiment envie de pousser un 4×4 au milieu du désert).

Une équipe de choc

Une équipe de choc

Arrivée le soir du 3e jour – des images plein la tête et du sable plein la bouche. Alors que nos amis australiens décident de reprendre la route pour Potosi le lendemain matin, Yaël et moi prenons la sage décision de louer une chambre à l’auberge histoire de passer le temps jusqu’au départ de notre train, à … 2.30h du mat. Bien d’accord, complètement fêlé! D’autant qu’il n’y avait plus de place en première classe, nous allons donc voyager, non pas en première classe, non plus en deuxième classe, mais bien en TROISIEME classe (sur une échelle de trois). Je fais partie de ces personnes qui sont toujours à la recherche de l’authentique, de l’original, je me réjouis donc. Yaël est moins enthousiaste, mais vu qu’on va avoir la tête dans les choux, on va roupiller et tout va être pour le mieux.

Tupiza

Tupiza

Avant de continuer, petit point à noter. La plupart du temps dans les transports, je dirai que les premières 60% du temps sont tout à fait acceptables, voire agréables. Après un moment, une certaine monotonie s’installe, on commence à regarder la montre et se dire que ce serait bien qu’on arrive. Les dernières 15% sont souvent un peu dures, mais comme l’indique le chiffre ce sont les dernières 15%. On prend donc son mal en patience et ça passe. Tout ça pour dire que nous voila à la gare à 2.30 du mat, les yeux tout croûtés, on grimpe tant bien que mal dans le train, et là on découvre la troisième classe – une veille de noël (nous sommes le 24 au matin). OK les boliviens ne sont pas gros, mais là ils ont vraiment exagérés avec les sièges. Entre les gens et les paquets et autres objets non-identifiés, nous nous ENTASSONS (pas d’exagération) dans le wagon pour former un tout très compact (probablement plus sur en cas de collision – avons-nous découvert l’air bag version bolivienne?). Pour revenir à notre règle des 60%, ce coup-ci c’est plutôt la règle des 0%. À peine « insérés » dans nos sièges respectifs, nous regardons la montre pour découvrir – oh malheur – que nous ne sommes pas encore partis! Un bon 7h de calvaire va s’en suivre. Phénomène typique : assoupissement, réveil en sursaut, coup d’œil sur la montre plein d’espoir, pour découvrir que 10mn ont passées… DAMN! Petit rayon de soleil, nous faisons face à deux petites grand-mères absolument adorables, en habit typique et un visage de tous les âges. Le petit matin nous apporte le soleil ainsi qu’un paysage tout de même très beau. L’état d’esprit n’est pas vraiment à la villégiature mais nous prenons cependant connaissance du décor de western qui s’offre à nous. Finalement après nombre de gares et autant de faux espoirs, nous arrivons à Tupiza, proche de la frontière argentine, ou nous comptons jouer aux cowboys avant de reprendre nos chemins respectifs.

Nick le cowboy

Nick le cowboy

Tupiza est une petite bourgade très sympathique plantée au milieu d’une sorte de désert qui rappelle les bons vieux western spaghettis. Montagnes usées par les précipitations d’un rouge ocre, cactus en tous genres et un temps sec sont autant d’appel du pied pour prendre un cheval et partir galoper dans les steppes locales. Ce que nous faisons dès le 2e jour. Les chevaux sont très beaux et ne demandent qu’à s’élancer en avant dès que le terrain le permet. Nous passerons la porte du diable jusqu’au canyon des incas avant de retourner en fin de journée le sourire aux lèvres et les hanches en compote. 1 jour de repos pour se remettre de toutes ces aventures et nous repartirons le jour suivant avec Nick et Beth (membres de l’équipe lors de la pampa) pour un tour d’une journée complète en Jeep, à cheval et en vélo, qui s’avérera une catastrophe du début à la fin. Le matin, engueulade avec l’agence de voyage qui organise le tour, le temps est gris, les pauvres chevaux sont au bout du rouleau, et les vélos roulent on ne sait par quel miracle! La bonne compagnie rendra le tout quand même très agréable et nous finissons par en rire tellement tout s’accumule. Pour finir par une course en vélo dans la boue déclenchant systématiquement un grand sourire des locaux amusés de voir ces gringos tout couverts de boue… :)

De là nos routes se séparent définitivement et je repars le cœur un peu gros vers Sucre au nord alors que le reste de la troupe se met en selle pour l’Argentine… Une page du voyage se tourne, j’ai effectivement décidé de poser mon baluchon quelques semaines histoire de vivre avec les locaux et aider les enfants. Sur le chemin, je compte m’arrêter à Potosi juste le temps de visiter les mines d’argent qui ont rendues la région célèbre. A suivre…

Une fin en beauté

Une fin en beauté

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Rurrenabaque – virée dans la pampa

Rurrenabaque

Virée dans la pampa

En route donc pour Rurrenabaque. Petite bourgade à la frontière de la forêt amazonienne et point de départ des balades dans la jungle et la pampa. Avant de rentrer dans le vif du sujet, petite parenthèse sur le transport de La Paz à Rurrenabaque – problématique intéressante. Située seulement à quelques 300km à vol d’oiseau, on pourrait penser que s’y rendre est un jeu d’enfant – erreur. 3 alternatives. Avion, décollant de La Paz et allant en un peu moins de 50mn à Rurrenabaque. Seul léger problème, décollage non-garanti parce qu’atterrissage aléatoire. Forcément une piste d’atterrissage en terre en pleine saison des pluies, c’est moins fiable. Bref l’avion va vite, mais pas sur qu’y va tout court… ni ne revient d’ailleurs, la piste d’atterrissage devenant logiquement la piste de décollage au moment du retour.

Route de Rurrenabaque

La route

Autre possibilité, les transports routiers. Avant de rentrer dans les détails logistiques, autre petite mise en contexte. Prenez une petite route de montagne – enlevez l’asphalte et pendant que vous y êtes les rambardes de sécurité. Sur ce, assurez-vous d’affuter de bons ravins de 500m de profondeur et plus, avec de préférence quelques glissements de terrain par ci par là. Prenez maintenant un tronçon de 450km, mettez-y une bonne cinquantaine de camions, une vingtaine de bus et une centaine de voitures. Pour finir, prenez une bonne poignée de poussière, arrosez de quelques bons seaux d’eau, secouez fort et vous avez la route! Sympa, non?

Sur la route de Rurrenabaque

En chemin...

Le choix du véhicule… Le bus met environ… 20h. C’est sans prendre en compte bien sur les accidents et pannes, les routes boueuses et autres incidents possibles (et probables). J’avancerai donc qu’un 20h est probablement optimiste – quand le bus arrive tout court. Et finalement la Jeep, nettement plus rapide puisque la route se fait en 10h. Autre bon côté, peu importe les conditions nous sommes à peu près surs d’arriver (en un morceau il va sans dire). Je sais, pas facile comme choix… Avec Yaël, une française rencontrée pendant une session de résolution du dit dilemme, nous décidons d’opter pour cette dernière option. Et nous nous mettons en chasse de 4 autres personnes pour se joindre à nous. 2 jours plus tard, nous voici en route la fleur au fusil avec comme compagnie un couple d’Australiens, un Anglais et une Américaine.

Arrivée à Beni

Aux alentours de Rurrenabaque

La Jeep était probablement le meilleur choix possible. Il n’empêche que 10h à se taper les chemins de terre pourris de la Bolivie, ça claque son homme (ou sa femme d’ailleurs). Bref après nombre de secousses dans à peu près toutes les directions, quelques glissements de terrains, et glissements tout court, trois péages (vu l’état de la route, un peu dur à comprendre), nous voici arrivés (morts de fatigue) dans cette petite bourgade sympathique (et minuscule) de Rurrenabaque.

Du bateau...

Du bateau...

Après une nuit bien méritée et un petit déjeuner express de 1h pour 2 œufs au plat (l’efficience est fonction de la température – et il fait chaud!), nous nous mettons en route le lendemain matin – d’abord en Jeep pendant 3 heures (un vrai dépaysement), puis en bateau pour un deux heures supplémentaire: notre premier contact avec la pampa. Nous découvrons nos premiers caïmans, oiseaux en tous genres, tortues et autres créatures rampantes ou émergeantes à la surface de l’eau. Je ne cesserai de m’émerveiller devant la grâce des oiseaux et surtout des hérons qui nous offrirons à chaque envol un superbe spectacle, flottant au ras de l’eau et s’élevant dans le ciel en de lents et fiers mouvements. Le temps est superbe, les appareils photo s’emballent, une belle entrée en matière. Nous arrivons au camp de base en milieu d’après midi, et découvrons notre palace des deux prochains jours.

Casimir

Casimir

Quelques baraques de contreplaqué, le tout badigeonné de moustiquaires en tous genres et toutes couleurs, nous tendent les bras. Le caïman local, Casimir, nous souhaite la bienvenue de dessous la cuisine. Le pauvre pourrait s’offrir un bon dentier, ça lui donnerait du mordant. Mais il est très sympathique et apparemment n’a aucune intention de nouveau dévorer (pas sur qu’il ait les dents de toutes façons), nous sommes donc rapidement en confiance. Pour le reste quelques hamacs et des douches… Douches qui sont bien sur alimentées par… la rivière. Intéressant puisque malgré le marron de la rivière, l’eau de la douche a presque l’air transparente (juste un air ceci dit). Le bon côté d’avoir une alimentation illimitée est que le volume et la pression sont assez agréables, et la température (ambiante) est bienvenue. La douche permet de faire connaissance avec grenouilles et bestioles errantes, particulièrement sur les murs et plafonds, et les quelques (nombreux) moustiques profitant de l’humidité ambiante. Un vrai plaisir, rendu possible seulement par une transpiration constante et abondante permettant d’apprécier une douche autrement plus que douteuse. Incroyable comme les circonstances peuvent littéralement transformer attentes et tolérance!

Le soir, nous survivons in extrémis à une attaque en règle de moustiques. Nous nous mettons à l’abri derrière nos moustiquaires, faisons une extermination des moustiques ayant osé s’aventurer sur notre territoire protégé, et prenons un malin plaisir à allumer nos lampes de poches. Le bruit de ces charmantes bestioles qui viennent frapper les murs tout autour ou tout simplement caresser la moustiquaire nous fait frémir de plaisir. Après 10mn, les plus téméraires arrivent finalement à se faufiler on ne sait comment, le jeu devient donc tout à coup moins drôle. Temps d’éteindre les feux sur cette première journée dans le « wild ».

En quête de l'anaconda

En quête de l'anaconda

Lendemain matin, l’excitation du groupe est à son comble, l’esprit d’aventure nous submergeant. Nous voici donc embarqués en bateau et après 1 heure à admirer les fauves locaux se réveiller, nous sommes arrivés. Ou, pas certain. Nous nous mettons donc en route à pied cette fois-ci dans un champ qui s’étire à perte de vue. Les herbes hautes rendent la progression difficile, le soleil nous brûle la nuque et nous pouvons rapidement nager dans nos vêtements. Un vrai bonheur! Au bout d’une demi-heure, nous faisons une pause histoire de reprendre notre souffle et l’idée nous vient soudain de demander au guide l’objet de ce supplice de transpiration et de fatigue. Pour apprendre que nous avons encore un bon 30mn de marche pour possiblement éventuellement voir un anaconda, si bien sur nous avons de la chance. Ignorants que nous sommes, personne ne sait vraiment à quoi ressemble cette créature mystérieuse, et nous décidons de garder la surprise pour l’arrivée. Après un autre 30mn de supplice, nous arrivons à un petit groupe d’arbre (l’ombre est la bienvenue) et voyons notre guide se mettre en chasse du fameux animal. Pour revenir 15mn plus tard avec le fameux anaconda… OK, si je suis critique, je dirai qu’on s’est tapé tout ça pour un @#$%#$ de serpent quelconque, qui ne nous a rien demandé et surtout pas qu’on vienne le déranger en plein milieu de sa sieste. Bref on se remet rapidement en route pour le retour, la mine un peu morne et le moral dans les chaussettes de devoir se retaper ce maudit champ sous un soleil de plomb…

Sunset bar

Sunset bar

Retour au camp de base pour reprendre notre souffle, manger et faire une sieste avant l’autre activité phare de la journée, la pêche au Piranha. Excitant, non?! Entre temps petite pause dans un hamac histoire de faire une sieste, avec réveil par la pluie donnant son nom à la forêt (rain forest) – un véritable déluge. Et nous voici repartis en bateau (après avoir écopé toute la flotte qui s’est abattue sur l’embarcation) pour la fameuse pêche aux carnivores. Les appâts, comme de juste, sont de petits morceaux de steak enfilés sur nos hameçons de fortune. Durée de vie de l’appât une fois entré en contact avec l’eau – environ 10 sec. Après nombre de tentatives et quelques centaines de grammes de viande, notre guide va finalement attraper l’une des sales bestioles qui se gavent de nos appâts depuis une heure – au moins 10cm de long! Pas étonnant qu’on n’arrive pas à en prendre, vu que notre hameçon fait un bon 2 cm. Mais tout de même très écologique. La deuxième partie de la journée est donc aussi passionnante que la première, et le groupe cache littéralement sa joie. Quelques piqures de moustiques plus loin, nous voici de retour au camp pour conclure cette incroyable journée d’aventures d’une bonne bière (fraiche! – un luxe qu’on n’apprécie pas pleinement avant d’être au milieu de la jungle, croyez moi).

Héron

Farewell du héron

Dernier jour, avant de nous remettre en route pour la civilisation, nous reprenons le bateau (vous aurez comprit qu’il s’agit du principal moyen de locomotion sur place) pour cette fois-ci aller nager avec les dauphins roses (je sais, inconnu au bataillon avant). Le bon côté de la chose est que ces derniers attaquent les caïmans, nager avec eux est donc une bonne garantie de survie. Après avoir scanné les berges en quêtes de museaux dentés errants malgré la présence de nos amis dauphins, nous nous glissons donc dans l’eau d’un marron trouble (probablement mieux de ne pas voir ce qui se passe en dessous…). Après quelques minutes à profiter de l’eau tiède et des délicieuses (quoi que douteuses) sensations que procure la boue sur laquelle reposent nos pieds, nous sentons tout à coup des assauts rapides et saccadés s’apparentant à de mini-morsures. Là, panique, les filles se mettent à crier, on est certain que les piranhas auront raison de notre peau. Notre guide explose de rire et nous rassure que ce ne sont que de petites sardines. Des sardines en pleine pampa – yeah right. Mais on s’habitue finalement à ces petites chatouilles anonymes. Les dauphins quant à eux ne se laissent pas beaucoup admirer – grande déception de ne pas les voir sauter et faire des galipettes comme dans « Seaworld ». C’est le problème des animaux sauvages, ils manquent clairement de discipline…

Finalement nous nous lancerons sur le long chemin du retour, 2 heures de bateaux, 3 heures de Jeep jusqu’à Rurrenabaque, et un bon 11h de Jeep jusqu’à La Paz. Que du bonheur. De là, nos deux amis Australiens décident de rester quelques jours sur place pour tenter de survivre à la route la plus dangereuse du monde, l’Américaine et l’Anglais se met en route pour le Pérou, et Yaël et moi prenons la route pour les déserts de sel dans le sud ouest de la Bolivie.

Toute une aventure! Et côté animaux, on s’est fait plaisir – les photos en témoignent.

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La Paz – ville de fous

Marché El Alto

Marché El Alto

En vrac : altitude (quasiment 4,000m), capitale, bruit, pollution, gens, montagnes, circulation, densité, vivant… c’est de la FOLIE! Une ville qui n’arrête jamais, ça bouge, sort de tous les coins, l’espace n’a pas le temps de se vider que déjà il se remplit, des gens, des voitures partout, des trous dans les murs avec des restaurants et autres magasins de broc. Un vrai bordel – et c’en est enivrant tellement il y a de l’énergie, de la vie. Ça donne la sensation d’un gigantesque corps vivant, toutes les molécules semblent totalement déconnectées et pourtant ça marche, ça avance, recule, tourne, monte et descend, dans un tourbillon de bruit, de pollution, d’odeurs. Il suffit de marcher dans les rues pour avoir l’impression de faire partie de ce tout qui dérange et agresse, en même temps qu’il nous entraine dans sa valse ininterrompue. Juste une énorme source d’énergie qui semble ne jamais tarir.

Vue de La Paz

Vue de La Paz

L’arrivée en bus commence par les banlieues, tentacules urbaines poussiéreuses noyées dans la circulation. Bâtiments à demi-construits, routes de terre – nous approchons. Dans le bus, remplit pour la plupart de touristes, le silence tendu trahit un mélange d’excitation et d’appréhension. On découvre, observe, ne sachant comment interpréter cette zizanie ambulante. Et cette question au bout des lèvres, de savoir si c’est vraiment la destination qu’on a choisit, en même temps que notre fascination pour cet inconnu et ce nouveau grandit. Nous arrivons sur une sorte de rocade, et tout à coup la ville s’offre à nous d’un regard. Nous plongeons littéralement dans La Paz qui se trouve encastrée entre les montagnes – c’est tout simplement magnifique. Les dernières lueurs de jour caressent les flancs de la ville, qui s’étend dans chaque recoin possible des pentes montagneuses. Très vite nous arrivons dans le chaos local, la circulation, les vendeurs ambulants, nous nous remplissons des odeurs et bruits inconnus, agressants, enivrants. Nous y sommes.

Rue Sanagada

Rue Sanagada

Beaucoup de monde parle de l’insécurité comme le principal danger de la ville. Il suffit de quelques instants pour s’apercevoir que le réel risque vient de se faire couper en deux par des bus qui ont oublié que les piétons n’ont pas le luxe d’un pare-choc. La priorité est un concept qui n’a tout simplement pas été inventé ici, pour les piétons en tous cas. Un petit air de Darwinisme dans une ville ou tout semble pousser de manière organique et sauvage. Et ça fonctionne, comme par miracle cette zizanie forme un tout cohérent. C’est incroyable à voir, probablement impossible à vivre mais en ces quelques jours, je ne ressens que de la fascination. Je me sens entraîné par toute cette vie, dans un décor tout simplement ahurissant de montagnes et de constructions hétérogènes.

Jeune Bolivien

Jeune Bolivien

J’arrive juste après le suffrage présidentiel qui a vu la réélection du candidat sortant, Evo Morales. La ville en est encore à reprendre son souffle après la fête qui a suivit le verdict, le président étant extrêmement populaire (normal vous allez me dire, il vient de se faire réélire!). Tags sur les murs, affiches à moitié décollées, on s’en est donné à cœur joie. La Bolivie est un cas assez intéressant : indépendante depuis quelques 200 cent ans, elle a connut quasiment autant de gouvernements et l’instabilité est le quotidien d’un peuple à majorité indigène et rural. L’un des pays les plus riches en ressources naturelles du continent (notamment la plus grande réserve mondiale de Lithium), il en est malheureusement le plus pauvre probablement le fruit d’un manque de gestion et d’une instabilité et corruption notoires. Ceci dit le nouveau président, outre le fait d’avoir survécut un premier mandat et gagné son droit à un deuxième, semble avoir à cœur de changer les choses et de vraiment faire avancer le pays. L’engouement populaire est en tous cas éloquent.

Marché El Alto

Marché El Alto

Je passerai une bonne semaine à La Paz, essentiellement à déambuler dans les rues et me laisser porter par la folie ambiante. Après le calme et la torpeur de Copacabana, la vie passe tout à coup en mode accéléré. Ce que j’appréhendais pendant les premières semaines de mon voyage, essentiellement l’inconnu d’une vie qui dépasse son propre entendement, devient rapidement de la fascination. La découverte de la nouveauté pour moi apparaît être un équilibre entre appréhension et excitation, et je réalise qu’avec le temps cette dernière prend le dessus – la peur fait progressivement place à la soif de découverte, de vie. Ca dérange, et c’est délicieux. Le dimanche, visite du marché « El Alto » dans les hauteurs de la ville, un gigantesque amoncellement de… tout. Et une vue à couper le souffle sur la ville dans toute sa grandeur. Les photos sont belles, mais ne font pas honneur à l’immensité d’une ville impossible.

Route de la mort

Route de la mort

Et comme tout bon touriste, je décide avant de quitter la ville de me lancer sur la route de la mort, autrement surnommée route la plus dangereuse du monde. Charmant, n’est ce pas? En quelques mots, on parle d’une descente en vélo sur l’ancienne route qui relie La Paz à Coroico et la partie amazonienne du pays. Départ à 4,700m d’altitude, arrivée 63km plus loin et 3,500m plus bas. La route est principalement constituée d’un chemin de terre à flanc de montagne, avec des ravins de plusieurs centaines de mètre qui nous narguent tout au long du parcours. Facile. Fait intéressant, avant l’ouverture de la nouvelle route (goudronnée) il y a 3 ans, cette route était la seule reliant les deux villes et l’accès principale à la région amazonienne de la Bolivie. Donc ce même chemin de terre était plein de bus, voitures et camions, se partageant un chemin par moment pas plus large que 3 mètres. De là est venue sa charmante réputation, après nombre de disparition de véhicule dans les pentes avoisinantes. Autre fait intéressant à cette époque, il était déjà possible de descendre cette même route en vélo – avec la circulation cette fois-ci. (comme dans les jeux vidéos de voiture, quand on peut choisir avec ou sans l’option circulation J). La descente n’en est pas moins superbe, avec des pointes à près de 30km/h – ca décoiffe. Inutile de préciser que l’équipement est au top pour la sécurité (t’inquiète mam’s, je fais attention ;) ) avec vélos à suspension intégrale, combinaison, casque, etc. La totale. Et ça marche – un des gars du groupe lancé à pleine vitesse va faire un soleil, tomber sur la tête et se relever comme si de rien était (avec tout de même de bons bleus pour les prochains jours). Toute une aventure et des paysages encore une fois tout simplement exceptionnels (voir l’album).

Après la folie de La Paz, en route tranquillement vers Rurrenabaque, à la frontière de la forêt amazonienne, histoire de se dégriser un peu avec 3 jours de pampas (François, petite pensée pour toi). Au programme, caïmans et autres animaux sauvages, chaleur, humidité et moustiques en tous genres!

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De Puno, je me mets donc en route pour Copacabana. Je monte dans le bus de l’une des deux compagnies qui font la liaison entre les deux villes. Et je regarde les touristes qui ont choisit l’autre embarquer dans un vieux bus prêt à rendre l’âme. Petit sourire intérieur en me disant que mon choix fut éclairé et petite pensée pour ces pauvres gens qui vont se taper 3h de route dans un tas de ferraille… jusqu’au moment ou 5mn avant l’heure prévue de départ, un des gars nous annonce que notre bus vient de tomber en panne – on a beau lui indiquer que le meilleur moyen de valider cette hypothèse est d’essayer de le mettre en marche, il ne veut rien savoir. Bref nous nous retrouvons à embarquer… dans l’autre bus – belle ironie du sort. Un mauvais esprit avancera par la suite que les compagnies ont regroupé les deux bus pour économiser… d’un autre côté vu la quantité de fumée noire que dégage notre bolide, c’est certainement un bon coup pour l’environnement.

Copacabana

Copacabana

La route longe le lac Titikaka et c’est un régal, un peu tape-cul quand même mais on se dit que ça fait partie du charme – et ça permet d’apprécier l’authenticité des routes, de beaux chemins de terre. Passage de la frontière quelques kilomètres avant Copacabana et nous voilà finalement en Bolivie. Nous découvrons Copacabana, petit village callé entre deux montagnes et bordant le lac. À quelques 3,800m d’altitude au milieu des Andes, on se croirait au bord de la mer, incroyable. Finalement j’aurais mon petit village côtier, juste un peu plus haut que je l’avais imaginé. Je passerai les 4 prochains jours à ne faire absolument RIEN, et c’est très bien. Réveil le matin à un bon 10h, petit déjeuner suivi d’une séance de lecture dans un hamac. Vers midi, mon estomac me décide à dépenser un peu de cette énergie en phase de recomposition pour aller glaner le long du lac et m’avachir sur une terrasse faisant face au lac. Sur ce après une excellente truite locale et mon Fanta rituel (en intraveineuse pendant mon séjour), je vais sois lire dans un coin, retourner à mon hamac voir si j’y suis, ou bien marcher un peu histoire de justifier le repas suivant. La vie est dure quoi. Bon le troisième jour, je me décide quand même à m’activer et me lancer dans une randonnée de… 1h (faut pas exagérer non plus, je suis en convalescence tout de même). Grande expédition qui débute le matin (10.30 histoire de pas déranger les habitudes durement établies) avec un passage au marché ou je m’approvisionne en fruits et légumes, charcuterie et pain. J’en ai pour au moins deux jours, mais pas grave ça servira toujours. En passant le marché est un vrai petit paradis, tout un tas de produits frais à des prix imbattables, et toujours ce petit sourire un peu moqueur, mais attendrit tout de même, de ces chères vendeuses qui me regardent aller et essayer d’articuler ce dont j’ai besoin.

Copain

Copain

Me voici donc en route avec un sac à dos plein comme c’est pas permit. J’arrive comme prévu une bonne heure plus tard, monte en haut de la falaise longeant la plage, tombe nez à nez avec un mouton pas très accueillant qui me fait bien sentir que c’est son bout de falaise et non le mien et se met à bêler à intervalles réguliers son mécontentement. Je marche un peu plus et me trouve LE spot, quelques arbres histoire d’avoir de l’ombre et une vue imprenable sur le lac (ok je sais c’est une falaise). Je passerai un bon 30mn à manger, 1h à lire et 2h à dormir. Là petite pensée pour les chers amis en train de travailler à Montréal. La vie est pas mal quand même.

Le lendemain j’avais prévu de continuer dans mon élan en allant faire du Kayak, mais ça n’arrivera jamais. Le hamac a gagné la bataille. Grosse déception je sais.

Sur la route de Yampupata

Sur la route de Yampupata

Et finalement le jour suivant, je me mets en route pour l’île du soleil, l’attraction locale. Apparemment il s’agit du berceau de la civilisation Inca, avec le premier temple dédié au soleil (d’où le nom de l’île, logique). J’avais pensé à l’origine rejoindre l’île en kayak (un bon 30km), mais étant donné que j’ai sauté le tour d’essai la veille, j’abandonne vite l’idée – vaillante mais fatigante. Ceci dit je me sens courageux et plutôt que de rejoindre l’île par bateau directement de Copacabana, je décide de suivre la proposition du Lonely Planet qui est de longer la côte pendant un bon 20km jusqu’en face de l’île, et de là de prendre un bateau pour rejoindre le sud de l’île (vous avez probablement pas tout compris – c’est normal). Je me fais donc violence le matin pour décoller tôt (9h, performance de la semaine) et me fait un bon 4h de marche en plein cagnard dans un décor de rêve (voir l’album). Je rencontre sur le chemin une espagnole avec qui nous ferons la route et traverserons quelques petits villages charmants avant d’arriver à Yampupata, fin de la randonnée. De là, nous embarquons avec Roberto qui nous emmène dans le sud de l’île. Je passe la nuit dans une petite auberge avec vue sur le lac (l’avantage d’être sur une île), rien de très excitant, et me mets en route le lendemain matin (8.30h – je m’impressionne) pour le nord de l’île. Encore une fois un panorama superbe et une vue imprenable sur le lac. Je fais le gros du chemin sans rencontrer âme qui vive, et finirait la balade par la visite des ruines incas tout au nord. Autant dire qu’après Machu Picchu, les ruines sont assez fadasses. Sur ce je rentrerai par étape sur Copacabana, du nord de l’île au village d’à côté, là bateau qui nous emmène au sud de l’île, et de là bateau qui nous emmène à Copacabana.

Vues de Isla del Sol

Vues de Isla del Sol

Petit fait intéressant – les habitants ont tout compris au commerce. En arrivant dans le port du sud, c’est un 5 bolivianos. En marchant vers le nord, je tombe sur un autre point de péage, cette fois-ci 15 bolivianos pour accéder au nord de l’île. Là je leur explique que leurs copains du sud sont quand même vachement moins chers et qu’ils pourraient s’aligner sur la compétition, mais on me rétorque que c’est une autre organisation et que c’est comme ça. Pas vraiment conciliant et assez monopolistique comme attitude. Arrivé proche des ruines, un autre 5 bolivianos pour voir quelques rangées de pierres alignées. Et arrivé au port du nord, on m’explique de manière sympathique que le retour sur Copacabana va me coûter 25 bolivianos, alors que les billets achetés à partir de la côte coûtent en moyenne 15 bolivianos. Et de m’expliquer que sur la côte, y’a de la concurrence. Sur place, y’a pas l’choix – au moins ça a le mérite d’être clair. OK, 1 bolivianos vaut à peu près 0.15$, mais quand même c’est un peu fatiguant à la longue. Ca donne vraiment l’impression qu’ils essaient de tirer le maximum de jus des touristes – non pas que ce soit leur intention bien sur!

Coucher de soleil sur le lac

Coucher de soleil sur le lac

Quand même des supers balades et des paysages qui laissent rêveurs. Petite parenthèse pour parler des couchers de soleil qui sont de loin les plus beaux qu’il m’ait été donné de voir. Désolé pour les photos un peu répétitives… mais avouez que c’est quand même superbe. Et comme le titre l’indique, cette impression perpétuelle d’être sur le toit du monde tout en se sentant au bord de la mer. Imbattable.

Arrive quand même le temps de se remettre en route, cette fois pour La Paz. Et content de repasser dans l’action. Le repos a du bon, mais je réalise que je ne suis pas très bon à ne rien faire malgré mon goût pour le hamac. Cela lance en tous cas officiellement mon séjour en Bolivie qui promet de ne pas être de tout repos.

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