El Bolson – Régime argentin

El Bolson

El Bolson

Descente du bus, nous nous dirigeons tranquilement avec Raph et Delphine vers le bistro du terminal pour se dire au revoir et prendre rendez-vous pour l’été qui vient, cette fois en Suisse autour du bonne fondue. Julio et Anne-Hélène passent me prendre – cela fait maintenant un bon mois que nous nous sommes rencontrés et quittés. Et nous voici en route pour le lac Puelo, où ils habitent depuis peu. La route est agréable et les histoires fusent, nous sommes heureux de nous revoir.

Anne-Hélène et Julio

Anne-Hélène et Julio

Arrivée dans le noir après un petit arrêt pour faire le plein de viande et de vin, et nous voici accueillis par Bretzel, jeune labrador couleur chocolat qui n’en finit plus de montrer son affection. Le chalet qui les abrite est magnifique, tout fait de bois et construit selon les plans de Julio. L’ambiance est chaleureuse et je tombe rapidement sous le charme de l’endroit, pris entre deux montagnes et totalement dans la nature. Julio nous préparera cette soirée là l’une des viande les plus mémorables qu’il m’ait été donné de goûter. Cuite lentement au feu de bois  dans la cheminée, accompagnée d’une bonne bouteille et béarnaise… Comme si nous nous étions quittés la veille, nous repartons dans nos interminables discussions sur tous types de sujets, pour finalement éteindre les lumières sous un ciel scintillant d’étoiles.

Vue aérienne de El Bolson

Vue aérienne de El Bolson

Julio le lendemain se propose de me faire découvrir les charmes de sa région natale et après un solide petit déjeuner, nous embarquons dans le pick-up (Bretzel à l’arrière) pour une magnifique balade sur un des sommets environnants. Le temps change rapidement et à mesure que nous atteignons le plateau supérieur, la température tombe autour de 0. Quelques minutes plus tard, nous rejoignons l’une des arêtes et pouvons découvrir toute la vallée qui s’offre à nous – c’est tout simplement superbe! Petite pause chocolat, Bretzel se réchauffe les cordes vocales (à défaut du reste), et nous nous remettons rapidement en route pour attaquer la descente (vraiment pas chaud là-haut!). Petite pause pizza d’altitude et bière maison au refuge et nous rentrons à la chaleur de la vallée. Retour au chalet, petit maté dans le jardin suivi d’une session d’épluchage de prunes dans le jardin. L’air est doux, le paysage magnifique, Julio et Anne-Hélène me racontent leur nouvelle vie en pleine nature (après Paris pendant de nombreuses années pour les deux), le chien fait la sieste.

Balade à cheval version argentine

I'm a poor lonesome cowboy...

Lendemain, c’est aventure version argentine! Julio doit visiter un campo proche de la frontière chilienne, nous nous mettons donc en route après une visite du marché artisanal de El Bolson (les artisans sont souvent au moins aussi intéressants que leurs bibelots – genre Woodstock des années 2000) et quelques empanadas pour nous tenir au ventre. Le campo ne peut être visité dans son intégralité qu’à cheval, nous voici donc sur de superbes montures qu’il nous aura fallut attraper dans l’enclos (avec un peu d’aide dans mon cas, apprentit cowboy tout de même…). Le paysage est digne d’un western, des collines désertiques pour la plupart dénuées d’arbres dans lesquelles broutent d’énormes troupeaux de moutons et quelques vaches par-ci par là. Le soleil nous brûle le cou, l’air est frais sans trop l’être, et le paysage s’offre à nous à mesure que nous montons. 2h plus tard, nous arrivons au point de vue le plus haut du domaine et pouvons le contempler dans toute sa splendeur (OK Julio, ça vaut pas un campo de Patagonie du sud, mais quand même… ;) ). Pause saucisson et fromage, discussion avec le gérant du domaine qui nous raconte l’histoire de la région et de la propriété, et nous voici en selle pour attaquer la descente. Par intervalles petits galops pour faire bonne mesure (pas comme dans les balades de touristes, les chevaux partent au quart de tour et connaissent leur affaire – un régal qui peu à peu se transforme en supplice pour les cuisses), et nous finissons par un accueil chaleureux des chiens. Incroyable balade – John Wayne n’a qu’à bien se tenir!

Assado!

Assado!

Le dimanche arrive, nous allons pouvoir tester la tradition du Quincho! Situé sur la propriété familiale, il s’agit d’un chalet dédié… à la barbaq! Non je plaisante pas, on parle d’une vraie salle de restaurant équipée d’une cheminée de 3 mètres de large sur 1.5 mètres de profondeur, une cuisine, table de ping pong et bien sur de longues tables prêtes à accueillir les estomacs festifs de la famille, et les autres aussi d’ailleurs! Bon il faut savoir qu’un Quincho, ça se mérite. Nous avons donc un atelier déménagement l’après midi pour aider la soeur de Julio à déménager, qui se termine près du feu avec une variété impressionante de différents morceaux de viande. Alors le truc à savoir c’est qu’un assado (bbq) débute toujours avec les saucisses (chorizo en bon argentin). Le débutant inexpérimenté et affamé se jette dessus, logique. Erreur stratégique! On y va crescendo, ce qui veut dire que plus on avance dans le repas, plus les morceaux de viande sont fins et gouteux. Bref malheureux celui qui n’a plus faim pour les derniers morceaux, ce sont les meilleurs! Nous passerons ainsi une merveilleuse soirée bercée par la bonne humeur (et le caractère) des nièces de Julio et les éfluves de Brel.

Cela conclut en beauté mon séjour chez Julio et Anne-Hélène (encore un énorme merci à tous les deux pour un accueil hors pair!), et les magnifiques contrées de la région des lacs. Je quitte donc mes deux amis et verse une petite larme en quittant El Bolson et ensuite Bariloche qui resteront une étape très spéciale de mon épopée en Amérique du Sud. Une page se tourne, une autre est maintenant à écrire. Direction Buenos Aires cette fois-ci!

El Bolson

El Bolson

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Aoife and I

Aoife and I

Buenos Aires, Tuesday April 27th 2010. 12.30, running after a taxi, rushing to the bus terminal to catch a frightening 68hrs bus ride (no mispells here, we’re indeed talking about a 3-day bus ride non-stop) to Lima, Peru. Along with me is Aoife (pronounce Ifa :) ), a beautiful and lovely girl from Ireland that has decided to spend the next … 3 days with me. As if to remind us that we were on our way to Peru and to break from Argentina and Chile’s legendary punctuality, the bus is 20mn late. Now considering the overall length of the bus ride, not such a big deal right?

We’re prepared. Foods of all kinds (will have to get through the fruits and saucisson before hitting Chile though, freaks about fresh products), sleepy souvenirs from awesome Meredith, and of course a few drops of red wine to make the whole thing slide in more easily. So we get onboard our vessel (not glorious, but it’s been worse – Charles, at least a semi-cama, well sort of), and naturally attract the attention of all the other passengers, peruvians for the most part, looking at us like we’re just crazy (must agree with them). In other words, we’re the only gringos that decided to lose 3 days of their life in a bus versus a 3hrs flight. Sure, that makes sense – this trip is supposed to be about adventure, isn’t it.

First day is quite uneventful, we keep falling in and out of conscioussness (thanks Meredith, you rock!), the road is straight and the landscape passes by quick. Jose, one of the drivers, seems to have a passion for crappy folkloric music, and takes great pleasure in sharing it with us for 5hrs non-stop. Forget about listening to your own music, the sound level makes sure you don’t miss any of that beautiful piece of local culture. First stop around 8pm, to learn that we’d better fill our stomach, our next stop being the following day in the afternoon. OK, so they actually don’t intend to feed us, great. Not that bus food is so exciting in the first place, but still that’s food. We thus enjoy a nice pollo assado, look at our watch (6hrs passed, 62hrs to go) and go back to our respective seats. The ambiance is quiet except for the « best of » DVD of Wesley Snipes blasting through the crappy bus speakers… until 2AM, at which point I get down to the drivers’ cabin and tell them straight to cut the crap and let us sleep. No objection.

Second day follows, not very different from the first. Aoife and I talk, sleep, listen to some homemade musical playlists while enjoying the ride. And Jose, who takes pride into entertaining the crowd, puts in the Rocky series. Never thought I could sit through 4 episodes of it in a raw, quite a performance in itself. For those wondering, he actually gets his ass kicked by mister T in the 3rd episode. But the beauty of it is that you get to see the next part right away, so the hero gets back and wins at the end (yeah!). Our fellow passengers are still quiet, we finally feel like a part of it all. Stop at the argentinian border, the custom agents are breaking records of speed with an average time of 7.5 minutes per stamp, quite sysmetrical for Aoife to her great relief. Chile is just about as fast, and we finally break the ice with some other passengers curious to know what planet we come from. Quick look at each other, we’ve almost gone through half the trip and are still alive and somewhat in a decent condition. Quick thought of Meredith who keeps supporting us despite the distance… And Aoife of course gets her bag checked by custom agents, but this time she did manage not to spill powder milk all over the examination table, always embarassing considering its ressemblance to some undesirable substance when crossing borders. Quick stop to get some food (we might make it after all), and off we go for a second night in our palace on wheels. Our kind Jose even thinks of turning off the movies by 1am, definitely a positive progression in the trip.

Third day – by far the most interesting… yeah I know you’re getting impatient, but we’re getting there! Laborious border crossing to Peru, after what we go for the final stretch of the journey. Only 20hrs to go (wowow!). Stop in Tacna for some food, Aoife keeps being asked if we’re married, and after answering negatively, gets all sorts of proposals punctuated by comments on her beautiful blue eyes (must agree with that) and reassurance that coincidently they are single as well… Amusing. The afternoon is dedicated to salsa education (better than folklor music, but after 3 hrs you still get tired of it). And I did get tired of it, decided to assume my disconfort and stood up to go see Jose and tell him to « please turn it down a bit, we got the picture »). As soon as the others see me up, hands start clapping in the air, the gringo wants to dance!! And then what can you do… so I tried to dance in the alley (struggling, Gwen you would not have been very proud of me, but admit that a bus is not ideal), and after much screaming and encouragement from the crowd, decide to forget trying to get the sound down and go back quietly to my sit. Was kind of nice anyways :)

The party is starting!

The party is starting!

Last stop of the day to satisfy our stomach and for Aoife to try the famous Inka Cola (gross if you want my opinion, tastes like bubble gum). We stock up beers for the night and here we go again, on the bus, the salsa blasting through the speakers (how many fricking hours of that crap does Jose have!!!). And as we leave our last stop and the bus driver gets excited on the cliffy roads of the peruvian coast (scary, good thing it’s dark outside), our new friends get all warmed up. I try to hit the restroom, and once again I’m not in the alley that the whole crowd starts screaming again. They want to see the gringo dance again. And what the heck, let’s do it. So here we go, dancing in the alley, on the sits, everyone is holding on their cameras and the flashes go in all direction. The ambiance is crazy, the people all fired up, the party is started. Small break on my end, quick chat with Aoife and crook smile, eyes lit up on both sides, this is it, we’re going for the big dive. Only listening to our hearts, we stand up as one, signal Jose to shut the music for a few moments, we’ve an announcement to make! All eyes are on us, the tension and excitement in the air is palpable, cameras handy, they know something BIG is coming.

This is it!

This is it!

And that’s when it happened. In my broken spanish and in front of 50 amused faces, I… proposed to Aoife. Yes Vasso, I know what that implies in english ;) . And like music playing in my ears, Aoife said the magical « yes » word, actually « si » as we were in spanish mode. And that was out, the whole bus was screaming and applauding, flashes went crazy, people dancing and singing, others coming to congratulate us. And of course next thing you know, they all started screaming « un beso, un beso!!! », which we completed with an obvious pleasure. And the party went even crazier, happiness spreading like thunder, laughter and amazement only matched by the driver’s obvious enthusiasm making balance hard to achieve. So that was it, in just a moment and a few words, Aoife and I were engaged – beautiful moment shared with beautiful people. Overwhelmed by emotion, we sat down and decided to sheer with a beer, actually two… ok make it three! That’s when we realized we were missing a big part! All that emotion made us forget that an engagement required… an engagement ring! Quick look and smile at our neighbor, an adorable lady of about 50, to see if by any chance we could borrow her ring. Which she gladly agreed to, clearly proud and honored to be an active contributor to the surrounding happiness. And off we go again. Jose, shut that music down! Silence, everyone is watching, and slowly the ring slides onto Aoife’s finger, followed immediately by a pure explosion of joy in the whole bus, it’s now formal, we’re engaged! And the whole crowd to go and scream one more time « un beso, un beso!! ». And for us to enjoy another most fabulous kiss in front of a survolted crowd… Life is more beautiful than ever, we’re floating in time (and our seats).

To conclude on this incredible evening, our sweet neighbor lady asks me to approach and takes my hand, to discreetly let a ring slide into it. The look in her face at that very moment was a poem in itself, where you feel she’s making a sacrifice but generosity and love is just stronger. Incredibly moving moment, Aoife and I just can’t help but to smile and melt in front of this incredible lady. Of course we tell that we can’t accept it, but it was SO SWEET!!!!! An absolutely beautiful moment, probably one of the most magical one of the past 7 months travelling. We thought this bus journey would be hell, and it transformed our life, made us feel like rarely before…

After a last night of crazy driving through the beautiful lands of Peru, it is time for us to leave the « love bus » (as opposed to the « love boat », just in case that wasn’t obvious), we’re in Lima. Jose says goodbye and makes us promise to name our first kid Cruz del Sur (the name of the bus company). Aoife and I look at each other with a smile, then decide that CeDeS might be more appropriate (poor kid, imagine…).

And of course you wonder what is going to happen next… Well, after much discussion together, we figured that maybe it was a bit fast, and statistically estimated that our marriage would probably last between 6 and 8 months, a bit short considering all the trouble to go through to organize everything and all… So we’ll not actually get married (yes, what a disappointment…), but what a bus ride I tell you. So that’s it, hope you enjoy that bus ride as much as we did.

Patagonie argentine – ça déchire!

Le Fitz Roy

Le Fitz Roy

Nous voici donc arrivés en terre argentine, en route vers… UNE VILLE! Ça fait bien 10 jours qu’on a rien vu de tel, on serait presque excités. Et on découvre El Chalten… Finalement les petits villages et la brousse, c’était pas si mal! Seule activité locale, le tourisme, la rue principale est donc une longue succession d’auberges et restaurants en tous genres. Notable cela dit, une vue imprenable sur notre prochain objectif, le Fitz Roy, superbe montagne de granit escarpée culminant à plus de 3,000m. Je retrouve par hasard comme prévu Helen, mon australienne rencontrée dans la pension de famille de Sucre qui elle remonte le pays depuis Ushuaia avec deux amies. Rapidement les Chile Chico se mettent à fuser, les langues se délient et une bonne complicité s’installe dans le groupe. Auquel s’ajoutent deux américains qui ont également fait la route depuis Villa O’Higgins, Dylan et Laura. C’est décidé, nous partirons ensemble le lendemain pour 3 jours de randonnée et bivouac autour du Fitz Roy – ça promet (je déteste toujours le camping je vous rassure).

C'est partit!

C'est partit!

Lendemain matin, départ relax à 11h par un vent à décorner les bœufs, avec des rafales dépassant les 100km/h. Notre petit groupe (de 7 tout de même) se met donc en route avec beaucoup d’entrain. Nous monterons jusqu’au pied du Fitz Roy, ou nous comptons passer la première nuit. L’ascension se fait tranquillement, le soleil est au RDV et le vent se calme un peu pour nous laisser profiter du paysage qui s’offre à nous, BÔ! Du camping qui a vraiment des airs de Gaza, un chemin nous permet de rejoindre la base du Fitz Roy et le lac de glacier qu’il surplombe. On parle officiellement de 2km couvert selon le guide en 1.5h, ça monte sévère. Le Charles est pas très chaud pour monter maintenant, mieux de garder la vue pour le lever de soleil réputé superbe du fait de l’orientation de la montagne, mais capitule finalement devant l’enthousiasme du groupe d’attaquer la montée directement. Avec Dylan nous sommes devant et envoyons la purée – 45 minutes pour rejoindre le sommet. Le reste du groupe y va plus cool et nous rejoins 30 minutes plus tard. Et Charles de s’exclamer une fois en haut « putain je vous l’avais dit, fallait attendre demain matin! La lumière est vraiment pourrie!!! ». Pas content mon petit parisien, mais malgré la lumière (vraiment pourrie), il finit tout de même par regarder autour et profiter d’un paysage à couper le souffle. Nous sommes vraiment à la base du Fitz Roy, à 1,000m, et pouvons admirer les parois quasi-verticales jusqu’au sommet culminant à plus de 3,000m. Vraiment impressionnant! T’inquiètes Charles, on montera demain matin pour le lever de soleil, tu vas l’avoir ta lumière!

Le Fitz Roy au lever du soleil

Le Fitz Roy au lever du soleil

Descente en trombe, temps de nourrir nos chers estomac. Après quoi Charles va réussir à se perdre en chemin pour la vaisselle, faire trempette dans l’eau de glacier histoire de vérifier les propriétés du gore-tex. Extinction des feus. On tape à la tente, Helen nous annonce qu’elle va s’attaquer à la montée avec Laura. Il est 6h du mat. On se regarde avec Charles, pas moyen de mettre le nez dehors alors qu’on est bien au chaud dans la tente (tout est relatif, on est quand même toujours en camping, mais certain que dehors c’est pire). Finalement on s’en fout de la lumière. Yep… jusqu’à ce qu’on voit les photos des filles au petit déjeuner, on est dégoutés. J’admets à Charles qu’il avait finalement raison, la lumière de la veille était complètement pourrie comparée à celle du matin. On est verts…

Les filles dans le vent

Les filles dans le vent

Les deux prochains jours seront dans la lignée du premier, des paysages magnifiques, un vent qui alterne entre petite brise agréable et rafales dépassant les 100-120km/h. Notre petite équipe se porte bien et alterne autour du seul réchaud que nous nous partageons. Les histoires et blagues fusent en tous sens, la bonne humeur est de rigueur, le soleil nous accompagne en même temps que quelques condors planant dans la vallée. Retour le troisième jour à El Chalten pour une pizza locale bien méritée. Tout juste le temps de prendre une douche, boire un dernier verre de cidre, et notre équipe se sépare, nos Australiennes se mettant en route pour El Bolson au nord, le reste pour El Calafate, camp de base du très fameux glacier Perito Moreno. Trois heures de route et nous voilà arrivés à El Calafate, autre ville essentiellement touristique sans forcément beaucoup de charme. Après un bon sandwich tardif histoire de se remettre les idées en place, un avocat qu’on a sauvagement découpé avant qu’il atteigne sa maturité, nous voilà au lit.

Le fameux Perito Moreno

Le fameux Perito Moreno

Lendemain décollage tôt histoire d’admirer ce cher glacier Perito Moreno. Nous embarquons dans le taxi à 7.30h du mat et faisons tranquillement route vers notre prochain lieu d’ébahissement que nous rejoignons une heure plus tard. Sous les cris de vierge effarouchée de Laura (elle est très vocale), nous découvrons petit à petit le glacier se dessiner au bord du lac, il est ENORME. Large de plusieurs kilomètres, haut d’un bon 50-60m, il s’étend à perte de vue et se perd dans les montagnes qu’il borde. C’est impossible, complètement disproportionné, les teintes de bleu fusent devant nos yeux qui ont du mal à croire ce qu’ils voient. Nous resterons deux heures à observer ce monstre de glace en attendant que des pans se fracassent dans l’eau pour notre plus grand plaisir. Et nous aurons de la chance puisque deux morceaux de façades absolument énormes tomberont sous nos yeux ébahis dans un grondement de tonnerre – et les cris de Laura. Comme dirait Dylan, incroyable de pouvoir être témoin de la nature en transformation quand on sait que d’habitude les processus d’évolution de la terre prennent des milliers voire millions d’années. Le froid et le vent ont finalement raison de notre volonté, nous remettons le cap sur El Calafate pour une après-midi libre à jouer sur internet et relaxer.

Malgré mes rêves d’Asie du sud-est rapidement évaporés, je décide de suivre Laura et Dylan à Puerto Natales au Chili histoire de faire le fameux Torres del Paine, soi-disant la mecque du trekking en Amérique du sud. Charles quant à lui est déjà en route pour le sud et la terre de feu. A bientôt donc, de retour en terre chilienne cette fois-ci!

Note: many thanks to Helen, Shannon, Laura and Dylan for sharing their pictures as my cameras is out of order!

Charles et moi

Charles et moi

Bariloche – Aux portes de la Patagonie

Vue du lac de Bariloche

Vue du lac de Bariloche

La route de Bariloche passe par la fameuse route des 7 lacs (qui en compte 8 si vous avez bien suivi), le paysage est donc un régal et le beau temps au RDV. Une fois sur Bariloche, je prend mes quartiers à l’auberge 1004 – tout un poème en soi. Située au dernier étage du bâtiment le plus haut de la ville, la vue sur le lac et les montagnes environnantes y est tout simplement extraordinaire. Les photos de coucher de soleil sont prises du balcon. Un endroit qui vaut le détour à lui tout seul. Le plan est donc de passer quelques jours avant de remettre les voiles plus au sud.

Au départ de Cathedral

Au départ de Cathedral

Après une après-midi à relaxer et se balader, je rencontre Mara d’Allemagne avec qui nous prévoyons de faire le « circuito chico » en vélo le lendemain (tour de vélo de 30km). Finalement le lendemain matin, temps pourri. Pour le vélo, on repassera. Cela dit on prend notre petit déjeuner avec Cécile et Thomas, qui eux partent pour 3 jours de randonnées dans la montagne avoisinante. L’idée est alléchante malgré le temps (toujours aussi pourri), nous décidons donc de suivre nos deux amis et après une heure à courir dans tous les sens pour faire le sac et les courses, nous voici donc en pistes pour 3 jours de marche dans la boue! Merveilleuse perspective, vraiment. Le départ de la station Cathedral se fait dans la brume – on est pas bien, vraiment.

Vue du refuge de Frey

Vue du refuge de Frey

Nous marchons donc toute l’après-midi, profitons d’éclaircies passagères pour nous régaler du spectacle des lacs et montagnes qui nous entourent. Après un bon 4h, nous arrivons au refuge Frey, notre étape pour la nuit. Dans mon élan « nature », j’ai décidé d’emprunter une tente histoire de vivre l’expérience jusqu’au bout. Pas malin des fois. Donc au lieu de dormir dans le refuge, au chaud, dans un lit, je me tape une nuit en tente sous la pluie sans tapis de sol avec des vents de 40-50km/h. La température frôle le 0, logique. Vu que j’ai pas de tapis de sol j’utilise ma couverture de survie pour isoler, que je met dans le mauvais sens bien entendu (pareil, jamais j’aurais crut qu’il y avait un sens!), donc qui m’isole de la chaleur. @#$%!!!. Et comme Mara a eut l’excellente idée de nous faire trinquer à la bière locale pour clore le premier jour de rando (Berliner, excellente en passant), je suis obligé de me lever à 3h du mat (après une bataille féroce avec moi-même – dont vous devinerez l’issue…) histoire de vidanger. Conclusion, je déteste le camping, c’est vraiment pas mon truc (désolé Claire et Wil, c’est comme ça). Je préviens donc le groupe, pas moyen que je dorme en tente la prochaine nuit, je prend d’office une place en refuge même si c’est la dernière.

Arrivée au sommet

Arrivée au sommet

Lendemain matin, grognon. Nous nous mettons en route dans un ciel de brume avec tout de même quelques rayons de soleil et même un arc en ciel. Là, on monte et pas qu’un peu – ils ont pas vraiment compris le concept des tunnels je pense. Donc on monte un pic, on le descend, on reprend les mêmes et on fait le pic suivant, et ainsi de suite. Après la première heure et demi, le GPS nous indique que nous venons de nous taper 700m (à vol d’oiseau). C’est encourageant, il nous reste juste un peu plus de 7km. Sur ce la pluie se met à redoubler et nous atteignons rapidement un état d’humidité digne d’une couche Pampers (usagée il va sans dire…). Rajoutez à ça la marche dans des marécages et champs de boue et le tableau est presque complet. Presque puisqu’alors que nous attaquons le dernier pic et atteignons les 2,000 mètres, la pluie se transforme logiquement… en neige! Yep, le processus est le même dans l’hémisphère sud je confirme. Donc en plus d’être complètement trempé on se les pèle – génial le grand air. Petite pensée pour ma chère tante Simone qui serait paniquée à ce stade de l’expédition.

Sur le chemin du retour

Sur le chemin du retour

Finalement nous arriverons quelques 6h plus tard à bon port, au refuge Jakob du lac du même nom (je pense d’ailleurs que c’est le refuge qui a pris le nom du lac et non l’inverse… à vérifier). Petite cerise sur le gâteau tout de même, le chemin aux abords du refuge est coupé par un torrent (plein d’eau, logique), et pas de pont (toujours plus sympa). Alors que les autres se demandent comment passer cette nouvelle épreuve humide, mon sang ne fait qu’un tour et je me lance dans la traversée les pieds dans l’eau. Premier pas sur la rive, je m’enfonce dans la boue jusqu’au genoux – le bain de pied est donc plus qu’indiqué. Je précise tout de même que mes pompes étaient aussi humides que le torrent AVANT la traversée, le différentiel était donc superflu. Les autres (qui ont quant à eux les pieds encore secs – aucune idée comment ils ont fait) se décident à traverser, les chaussures… à la main. Le temps dans le refuge sera consacré au séchage de nos pauvres vêtements, et nos âmes qui ont également pris la flotte. La nuit au sec est un vrai régal, et nous nous remettons en selle le lendemain matin frais et reposés, les pieds dans l’eau dans mon cas, pas eu le temps de sécher. La descente vers Bariloche va se faire tranquillement, avec tout de même quelques passages dignes de la veille, notamment un torrent au-dessus du vide avec une ligne de vie pour unique support. Et un pont sur le point de rendre l’âme – une personne à la fois SVP. Arrivée à l’auberge, bière, on souffle, la vue est belle et comme pour nous narguer, le soleil est de retour. Si j’étais parano, je dirai qu’il s’est fait un malin plaisir de s’éclipser le temps de notre randonnée…

Circuito chico

Circuito chico

Lendemain, c’est repos pour tous – journée libre. Après un réveil très tardif, je fais un tour au supermarché du coin histoire de nourrir son homme (saucisson de survie et les à côtés), j’attrape un bus et vais me reposer sur une petite plage charmante à 20km de la ville. Là sur mon rocher faisant face au lac de Bariloche, je sors ma guitare et laisse mes doigts se détendre sur les cordes en même temps que j’emmagasine soleil et chaleur. Un plaisir après les derniers jours. Et nous finirons d’honorer les lieux le lendemain avec circuito chico, tour de vélo que nous étions censé faire le premier jour. Vous pourrez vous en donner à cœur joie avec les photos, c’est tout simplement magnifique et le temps nous fait finalement honneur. Bon la partie moins sympa, c’est que faut se taper les côtes, mais le bon côté est que logiquement quand on monte… ben on descend après! Petite crevaison, cellule de crise, réparation et nous voilà repartis. On va éviter le cheval pour les deux prochains jours, mais dans l’ensemble une super journée qui sonne la fin de mon bref séjour dans les environs. Le temps est annoncé beau pour la prochaine semaine, temps de mettre le cap au sud qui d’habitude est pluvieux la plupart du temps. Après une dernière journée en ville histoire de faire quelques courses et vider les dernières bouteilles avec les amis, il est temps pour moi de remettre mon sac sur le dos (aouch! ca fait mal!).

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Argentina!

San Martin de los Andes

San Martin de los Andes

L’aventure bolivienne se termine donc sur une note grandiose puisque je refais le désert de sel avec l’eau cette fois-ci et c’est un paysage surprenant et presque irréel qui finit mon séjour en beauté. La cerise sur le gâteau. Du désert je passe donc la frontière pour rejoindre San Pedro de Atacama au Chili, d’où je compte me diriger tranquillement vers Mendoza pour rejoindre mes parents et passer avec eux les 10 jours suivants.

Désert d'Atacama

Désert d'Atacama

Petite surprise à San Pedro – petit village au milieu du désert, très mignon mais absolument rien à faire et des prix qui battent les records – les bus vers l’Argentine sont complets pour les dix prochains jours. Donc changement de plans. Avec Jayna qui a décidé de faire un petit bout de chemin avec moi, nous nous dirigeons donc vers la station de bus sans trop savoir quelle sera la prochaine destination, et allons innover en matière de prise de décision. Nous décidons d’ignorer ce que peut dire le guide, et nous adressons simplement au premier couple de touristes en leur demandant où ils vont. Tiens, des Français. Et ils nous disent Arica, nous leur demandons si c’est bien, ils nous disent que c’est censé être sympa, nous nous consultons brièvement des yeux, hochons tous deux la tête, c’est donc là que nous irons. Bon c’est à 12h de San Pedro et au nord, donc dans la direction opposée de Santiago et Mendoza où je dois retrouver mes parents, mais qu’à cela ne tienne c’est là que nous irons. Le soir nous voilà donc en route pour cette grande ville côtière ma foi fort sympathique et pas trop touristique (grand changement de San Pedro). Nous passerons quelques jours très sympathiques à alterner entre plage et balades sous un soleil de plomb.

Deux parents en Argentine

Deux parents en Argentine

Le dimanche, temps de se remettre en selle pour le sud cette fois-ci, et c’est un 30 heures de bus qui m’attend pour rejoindre les parents à Santiago. Au point ou j’en suis… Et finalement ça se fait très bien, la route est superbe puisque je longe la côte tout le long, et les bus là-bas sont de vrais palaces roulants. Bon je concède que je suis tout de même heureux d’arriver d’autant que je revois mes parents après 6 mois depuis la dernière rencontre. Nous fêterons d’ailleurs les retrouvailles en grandes pompes au restaurant de viking du coin avec une viande exceptionnelle, le tout bien entendu arrosé de l’élixir local. Le lendemain nous nous mettons en route pour Mendoza en bus, un bon 5 heures dans un paysage superbe. Nous frôlerons des yeux le mont Aconcagua, plus haut sommet d’Amérique du sud culminant tout de même à un bon 6,9962m (respectable vous en conviendrez). Et le lendemain de notre arrivée en territoire argentin, nous voici sur la route en direction du sud dans notre carrosse local, une magnifique Chevrolet Corsa grande comme une boite à sardine roulante. Je vous passerai les « elle est vraiment très con cette voiture » du pater qui jalonneront la route… Clairement Chevrolet n’est pas allemand! ;)

En route...

En route...

Nous ferons ainsi 2 jours de route avec tout de même de belles étapes gastronomiques histoire de valider la réputation du boeuf argentin et du vin, et se remettre de ces longues tranches de route dans un paysage principalement de steppes. Pour faire bonne mesure, nous alternerons entre bitume et pistes de terre – cette dernière particulièrement dangereuse pour notre gomme de formule 1. Cela dit papa fait ça avec style puisqu’il attendra de se retrouver dans un centre urbain de taille importante (au moins 5,000 habitants!) avant de crever, facilitant ainsi la réparation et minimisant le temps d’attente. Nous aurons le plaisir de affaire avec « Jo rapido » qui effectivement nous fera le nécessaire en un temps record de 10mn. Nous revoici sur la route donc pour conclure un bon 1,500km, trois jours plus tard. Nous arrivons finalement à San Martin de los Andes dans la région des lacs, juste au-dessus de la Patagonie.

Aux alentours de San Martin

Aux alentours de San Martin

Pour inaugurer l’endroit et fêter la fin du trajet (un peu longuet quand même, bien que la compagnie soit tout simplement exceptionnelle), nous nous faisons un restaurant à Parilla (comprenez BBQ) servant de petits steaks de 400g (les formats réguliers font 800gr – nous aurons la décence de ne pas demander la taille des gros formats…). Sur ce nous nous trouvons un repère de bandits tout en bois et nous mettons en quête de… légumes! Bon c’est pas brillant mais on y arrivera quand même. Ce soir, c’est salade – quand même pas abuser, 500gr de viande par jour ça suffit! Nous nous émerveillons également devant le spectacle qui s’offre à nous. San Martin est une colonie d’étrangers qui voyant le paysage de montagnes, lacs et forêts, ont décidé de faire une mini-suisse en Argentine. Le contexte s’y prête, il manque simplement les chalets en bois et autre artéfacts typiques (genre des châteaux et autres excentricités de gens simples), et c’est bon, on s’y croirait. Sérieusement la ville est très mignonne et soignée, au bord d’un lac et au milieu d’un paysage tout simplement à couper le souffle (oui encore un!). Ça ressemble aux Alpes mais la végétation change, les lacs se suivent et ne se ressemblent pas, et le tout reste très sauvage.

Le volcan Lanin

Le volcan Lanin

Nous passerons ainsi les trois jours suivants à se balader et profiter de ce magnifique spectacle de nature sauvage. J’aurai beau essayer de convaincre mes parents de faire trempette, sans succès, ils sont catégoriques. Le tout alimenté de grandes discussions sur tous types de sujets, un plaisir dans un contexte qui se prête à l’échange et l’ouverture. Nous irons également admirer le volcan Lanin qui a façonné les montagnes et lacs de toute la région au fil de quelques (millions) d’années. Sommet conique impressionnant recouvert de neige. Maman est aux anges. Pour les lamas par contre, on repassera…

Parilla en cours de réalisation

Parilla en cours de réalisation

À la fin du deuxième jour, nous nous lancerons avec papa dans l’allumage de notre premier barbecue argentin – très différent et beaucoup plus technique, il va sans dire. Après de maints efforts, et la section politique, sport et économie du journal local, nous ferons de magnifiques braises dignes (attention, faut que la braise soit vraiment blanche – hyper important!) d’accueillir nos « ojos de bife » fraichement pêchés à la boucherie du coin (qui a un nom assez cool bien que je l’ai oublié – maman?). Un franc succès.

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Nous conclurons le tout par une belle balade sur la route des 7 lacs (du marketing, puisque la route en compte en fait 8 – mais 7 ça fait mieux c’est certain), qui n’en finit pas de surprendre et d’émerveiller. Des paysages absolument grandioses qui ravissent tous les sens. Viens finalement le temps de se séparer, les parents reprenant la route de Santiago et moi me dirigeant (doucement quand même, on va pas se stresser tout de même) vers le sud avec un premier stop à Bariloche. De là j’attaque la Patagonie, un des points culminants de mon voyage. Cette semaine en excellente compagnie fut un vrai plaisir et un temps privilégié, et une belle coupure du reste du voyage. Un gros merci donc à vous deux chers parents pour votre visite et votre accueil même à des milliers de KM de la maison, ce fut absolument génial!

Petite parenthèse pour conclure sur le contraste entre le Chili et l’Argentine, et la Bolivie. Outre les prix qui sont (pardonnez l’expression) DEBILES (ok, je partais perdant avec la Bolivie, mais quand même), on change littéralement de monde. Tant au niveau des infrastructures (j’ai redécouvert les bienfaits de l’asphalte) que de la culture et des gens, il y a un vrai fossé difficile à réconcilier avec le passage d’une simple frontière virtuelle. La Bolivie en vient d’ailleurs rapidement à me manquer de par son dépaysement et sa culture principalement indigène. Mais cela fait partit du voyage et c’est intéressant de s’interroger sur les raisons qui ont amorcé un tel différentiel entre des pays pourtant voisins… Allez, sur ce on se revoit du côté de Bariloche!

Zapala

Zapala