Punta del Diablo – beach time!

Punta del diablo

Punta del diablo

Le bus de Bariloche à Buenos Aires est un véritable palace flottant. Je suis au premier rang du deuxième étage avec vue panoramique, les traditionnelles 4 rangées de fauteuils sont remplacées par 3 rangées de sièges dignes d’une première classe en avion. Vin et champagne pour accompagner les repas chauds servis par notre “steward”, nous sommes bien lotis. Et on s’enfile un 24h de bus comme si de rien était et arrivons à 8h le lendemain matin dans la capitale, (presque) frais comme des gardons. Direction une auberge dans Palermo, magnifique quartier peuplé de terrasse et petites rues charmantes. Je passerai deux jours à me promener (je connais déjà BA de mon passage en 2008) et décide de rapidement opter pour le busquebus, ferry qui nous emmène de l’autre côté du mar del plata jusqu’à Colonia en Uruguay, à deux heures de Montévidéo la capitale. Traversée tranquille, et je pose finalement mes sacs à Colonia pendant une journée.

Petite ville coloniale en bord de mer pleine de charme malgré un tourisme assez développé. Balades dans les petites rues pavées, l’automne s’annonce et les feuilles commencent à recouvrir les trottoirs de leur nostalgie. Petit assado en bord de mer pour ne pas perdre les bonnes habitudes, je passe le reste de la journée à lézarder tantôt au bord de la plage, tantôt en terrasse avec un bon bouquin. La vie est douce, et (surtout) pas trop fatiguante! ☺

Le lendemain, je me mets en route pour Montévidéo où je vais revoir la famille de Mariana, rencontrée lors de ma première visite il y a deux ans. Accueil chaleureux de Manuel, poussage de voiture histoire de sortir du stationnement du terminal, nous rejoignons rapidement son appartement qu’il me laisse pour l’occasion et pouvons finalement discuter ensemble!!!! Inutile de préciser que mon espagnol était tout simplement inexistant lors de notre première rencontre, nous nous rattrapons donc comme il faut. Le lendemain après une bonne balade sur la croisette, assado (oui, encore! On ne s’en lasse pas!) chez la maman de Mariana pendant un bon 4h, clot en beauté par un défilé de carnaval (pratique rituelle du dimanche) sous les drapeaux des différentes troupes et leurs danseuses voluptueuses (pour la plupart, quelques exceptions tout de même). Bref un accueil fantastique de la famille Cano-Comelli qui finit de me plonger sous le charme de l’Uruguay.

La plage principale

La plage principale

Après de chaleureux au-revoir, me voici donc à reprendre la route le lendemain, cette fois-ci pour Punta Del Diablo, un petit village de pêcheurs et surfeurs juste avant la frontière brézilienne. Ça fait un bon 3 mois que je rêve de me poser au bord de la plage à ne rien faire d’autre que regarder les vagues s’échouer, le temps est venu! Je me pose à l’auberge reine du coin, El Diablo Tranquilo, et là commence une semaine de… rien du tout! Balades sur la plage, lecture dans le sable, méditation sur la forme des vagues et la manière dont les surfeurs s’y prennent, c’est à peu près tout ce que je ferai pendant une semaine. Le coin est sublime, les plages s’étendent sur des kilomètres sans autre forme de civilisation que quelques cahutes ici et là, c’est un régal. Le village quant à lui reste très authentique, désert en cette saison, et l’auberge est un vrai havre de paix.

El Diablo Tranquilo

El Diablo Tranquilo

Bref un bon temps pour revivre les derniers mois et se préparer tout doucement au retour à la réalité du boulot et du reste. OK, après une semaine j’ai pas mal fait le tour et je commence à tourner en rond, il est temps de remettre le sac sur le dos. La destination? Pas certain… J’avais rencontré Aoife en début de semaine, une irlandaise sympa. Nous nous revoyons la veille de mon départ, et elle m’annonce qu’elle s’en va à Cabo Polonio pour 1-2 jours. Je lui fais mon plus beau sourire et me propose de l’accompagner, elle répond par la positive. Avec nous se joint plus tard Meredith, américaine, arrivée la veille et qui décide sur un coup de tête de nous accompagner. C’est donc entendu, nous nous mettrons en route le lendemain en après-midi! Accrochez-vous, Cabo Polonio ça déchire comme il faut!

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El Bolson – Régime argentin

El Bolson

El Bolson

Descente du bus, nous nous dirigeons tranquilement avec Raph et Delphine vers le bistro du terminal pour se dire au revoir et prendre rendez-vous pour l’été qui vient, cette fois en Suisse autour du bonne fondue. Julio et Anne-Hélène passent me prendre – cela fait maintenant un bon mois que nous nous sommes rencontrés et quittés. Et nous voici en route pour le lac Puelo, où ils habitent depuis peu. La route est agréable et les histoires fusent, nous sommes heureux de nous revoir.

Anne-Hélène et Julio

Anne-Hélène et Julio

Arrivée dans le noir après un petit arrêt pour faire le plein de viande et de vin, et nous voici accueillis par Bretzel, jeune labrador couleur chocolat qui n’en finit plus de montrer son affection. Le chalet qui les abrite est magnifique, tout fait de bois et construit selon les plans de Julio. L’ambiance est chaleureuse et je tombe rapidement sous le charme de l’endroit, pris entre deux montagnes et totalement dans la nature. Julio nous préparera cette soirée là l’une des viande les plus mémorables qu’il m’ait été donné de goûter. Cuite lentement au feu de bois  dans la cheminée, accompagnée d’une bonne bouteille et béarnaise… Comme si nous nous étions quittés la veille, nous repartons dans nos interminables discussions sur tous types de sujets, pour finalement éteindre les lumières sous un ciel scintillant d’étoiles.

Vue aérienne de El Bolson

Vue aérienne de El Bolson

Julio le lendemain se propose de me faire découvrir les charmes de sa région natale et après un solide petit déjeuner, nous embarquons dans le pick-up (Bretzel à l’arrière) pour une magnifique balade sur un des sommets environnants. Le temps change rapidement et à mesure que nous atteignons le plateau supérieur, la température tombe autour de 0. Quelques minutes plus tard, nous rejoignons l’une des arêtes et pouvons découvrir toute la vallée qui s’offre à nous – c’est tout simplement superbe! Petite pause chocolat, Bretzel se réchauffe les cordes vocales (à défaut du reste), et nous nous remettons rapidement en route pour attaquer la descente (vraiment pas chaud là-haut!). Petite pause pizza d’altitude et bière maison au refuge et nous rentrons à la chaleur de la vallée. Retour au chalet, petit maté dans le jardin suivi d’une session d’épluchage de prunes dans le jardin. L’air est doux, le paysage magnifique, Julio et Anne-Hélène me racontent leur nouvelle vie en pleine nature (après Paris pendant de nombreuses années pour les deux), le chien fait la sieste.

Balade à cheval version argentine

I'm a poor lonesome cowboy...

Lendemain, c’est aventure version argentine! Julio doit visiter un campo proche de la frontière chilienne, nous nous mettons donc en route après une visite du marché artisanal de El Bolson (les artisans sont souvent au moins aussi intéressants que leurs bibelots – genre Woodstock des années 2000) et quelques empanadas pour nous tenir au ventre. Le campo ne peut être visité dans son intégralité qu’à cheval, nous voici donc sur de superbes montures qu’il nous aura fallut attraper dans l’enclos (avec un peu d’aide dans mon cas, apprentit cowboy tout de même…). Le paysage est digne d’un western, des collines désertiques pour la plupart dénuées d’arbres dans lesquelles broutent d’énormes troupeaux de moutons et quelques vaches par-ci par là. Le soleil nous brûle le cou, l’air est frais sans trop l’être, et le paysage s’offre à nous à mesure que nous montons. 2h plus tard, nous arrivons au point de vue le plus haut du domaine et pouvons le contempler dans toute sa splendeur (OK Julio, ça vaut pas un campo de Patagonie du sud, mais quand même… ;) ). Pause saucisson et fromage, discussion avec le gérant du domaine qui nous raconte l’histoire de la région et de la propriété, et nous voici en selle pour attaquer la descente. Par intervalles petits galops pour faire bonne mesure (pas comme dans les balades de touristes, les chevaux partent au quart de tour et connaissent leur affaire – un régal qui peu à peu se transforme en supplice pour les cuisses), et nous finissons par un accueil chaleureux des chiens. Incroyable balade – John Wayne n’a qu’à bien se tenir!

Assado!

Assado!

Le dimanche arrive, nous allons pouvoir tester la tradition du Quincho! Situé sur la propriété familiale, il s’agit d’un chalet dédié… à la barbaq! Non je plaisante pas, on parle d’une vraie salle de restaurant équipée d’une cheminée de 3 mètres de large sur 1.5 mètres de profondeur, une cuisine, table de ping pong et bien sur de longues tables prêtes à accueillir les estomacs festifs de la famille, et les autres aussi d’ailleurs! Bon il faut savoir qu’un Quincho, ça se mérite. Nous avons donc un atelier déménagement l’après midi pour aider la soeur de Julio à déménager, qui se termine près du feu avec une variété impressionante de différents morceaux de viande. Alors le truc à savoir c’est qu’un assado (bbq) débute toujours avec les saucisses (chorizo en bon argentin). Le débutant inexpérimenté et affamé se jette dessus, logique. Erreur stratégique! On y va crescendo, ce qui veut dire que plus on avance dans le repas, plus les morceaux de viande sont fins et gouteux. Bref malheureux celui qui n’a plus faim pour les derniers morceaux, ce sont les meilleurs! Nous passerons ainsi une merveilleuse soirée bercée par la bonne humeur (et le caractère) des nièces de Julio et les éfluves de Brel.

Cela conclut en beauté mon séjour chez Julio et Anne-Hélène (encore un énorme merci à tous les deux pour un accueil hors pair!), et les magnifiques contrées de la région des lacs. Je quitte donc mes deux amis et verse une petite larme en quittant El Bolson et ensuite Bariloche qui resteront une étape très spéciale de mon épopée en Amérique du Sud. Une page se tourne, une autre est maintenant à écrire. Direction Buenos Aires cette fois-ci!

El Bolson

El Bolson

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