Rurrenabaque – virée dans la pampa

Rurrenabaque

Virée dans la pampa

En route donc pour Rurrenabaque. Petite bourgade à la frontière de la forêt amazonienne et point de départ des balades dans la jungle et la pampa. Avant de rentrer dans le vif du sujet, petite parenthèse sur le transport de La Paz à Rurrenabaque – problématique intéressante. Située seulement à quelques 300km à vol d’oiseau, on pourrait penser que s’y rendre est un jeu d’enfant – erreur. 3 alternatives. Avion, décollant de La Paz et allant en un peu moins de 50mn à Rurrenabaque. Seul léger problème, décollage non-garanti parce qu’atterrissage aléatoire. Forcément une piste d’atterrissage en terre en pleine saison des pluies, c’est moins fiable. Bref l’avion va vite, mais pas sur qu’y va tout court… ni ne revient d’ailleurs, la piste d’atterrissage devenant logiquement la piste de décollage au moment du retour.

Route de Rurrenabaque

La route

Autre possibilité, les transports routiers. Avant de rentrer dans les détails logistiques, autre petite mise en contexte. Prenez une petite route de montagne – enlevez l’asphalte et pendant que vous y êtes les rambardes de sécurité. Sur ce, assurez-vous d’affuter de bons ravins de 500m de profondeur et plus, avec de préférence quelques glissements de terrain par ci par là. Prenez maintenant un tronçon de 450km, mettez-y une bonne cinquantaine de camions, une vingtaine de bus et une centaine de voitures. Pour finir, prenez une bonne poignée de poussière, arrosez de quelques bons seaux d’eau, secouez fort et vous avez la route! Sympa, non?

Sur la route de Rurrenabaque

En chemin...

Le choix du véhicule… Le bus met environ… 20h. C’est sans prendre en compte bien sur les accidents et pannes, les routes boueuses et autres incidents possibles (et probables). J’avancerai donc qu’un 20h est probablement optimiste – quand le bus arrive tout court. Et finalement la Jeep, nettement plus rapide puisque la route se fait en 10h. Autre bon côté, peu importe les conditions nous sommes à peu près surs d’arriver (en un morceau il va sans dire). Je sais, pas facile comme choix… Avec Yaël, une française rencontrée pendant une session de résolution du dit dilemme, nous décidons d’opter pour cette dernière option. Et nous nous mettons en chasse de 4 autres personnes pour se joindre à nous. 2 jours plus tard, nous voici en route la fleur au fusil avec comme compagnie un couple d’Australiens, un Anglais et une Américaine.

Arrivée à Beni

Aux alentours de Rurrenabaque

La Jeep était probablement le meilleur choix possible. Il n’empêche que 10h à se taper les chemins de terre pourris de la Bolivie, ça claque son homme (ou sa femme d’ailleurs). Bref après nombre de secousses dans à peu près toutes les directions, quelques glissements de terrains, et glissements tout court, trois péages (vu l’état de la route, un peu dur à comprendre), nous voici arrivés (morts de fatigue) dans cette petite bourgade sympathique (et minuscule) de Rurrenabaque.

Du bateau...

Du bateau...

Après une nuit bien méritée et un petit déjeuner express de 1h pour 2 œufs au plat (l’efficience est fonction de la température – et il fait chaud!), nous nous mettons en route le lendemain matin – d’abord en Jeep pendant 3 heures (un vrai dépaysement), puis en bateau pour un deux heures supplémentaire: notre premier contact avec la pampa. Nous découvrons nos premiers caïmans, oiseaux en tous genres, tortues et autres créatures rampantes ou émergeantes à la surface de l’eau. Je ne cesserai de m’émerveiller devant la grâce des oiseaux et surtout des hérons qui nous offrirons à chaque envol un superbe spectacle, flottant au ras de l’eau et s’élevant dans le ciel en de lents et fiers mouvements. Le temps est superbe, les appareils photo s’emballent, une belle entrée en matière. Nous arrivons au camp de base en milieu d’après midi, et découvrons notre palace des deux prochains jours.

Casimir

Casimir

Quelques baraques de contreplaqué, le tout badigeonné de moustiquaires en tous genres et toutes couleurs, nous tendent les bras. Le caïman local, Casimir, nous souhaite la bienvenue de dessous la cuisine. Le pauvre pourrait s’offrir un bon dentier, ça lui donnerait du mordant. Mais il est très sympathique et apparemment n’a aucune intention de nouveau dévorer (pas sur qu’il ait les dents de toutes façons), nous sommes donc rapidement en confiance. Pour le reste quelques hamacs et des douches… Douches qui sont bien sur alimentées par… la rivière. Intéressant puisque malgré le marron de la rivière, l’eau de la douche a presque l’air transparente (juste un air ceci dit). Le bon côté d’avoir une alimentation illimitée est que le volume et la pression sont assez agréables, et la température (ambiante) est bienvenue. La douche permet de faire connaissance avec grenouilles et bestioles errantes, particulièrement sur les murs et plafonds, et les quelques (nombreux) moustiques profitant de l’humidité ambiante. Un vrai plaisir, rendu possible seulement par une transpiration constante et abondante permettant d’apprécier une douche autrement plus que douteuse. Incroyable comme les circonstances peuvent littéralement transformer attentes et tolérance!

Le soir, nous survivons in extrémis à une attaque en règle de moustiques. Nous nous mettons à l’abri derrière nos moustiquaires, faisons une extermination des moustiques ayant osé s’aventurer sur notre territoire protégé, et prenons un malin plaisir à allumer nos lampes de poches. Le bruit de ces charmantes bestioles qui viennent frapper les murs tout autour ou tout simplement caresser la moustiquaire nous fait frémir de plaisir. Après 10mn, les plus téméraires arrivent finalement à se faufiler on ne sait comment, le jeu devient donc tout à coup moins drôle. Temps d’éteindre les feux sur cette première journée dans le « wild ».

En quête de l'anaconda

En quête de l'anaconda

Lendemain matin, l’excitation du groupe est à son comble, l’esprit d’aventure nous submergeant. Nous voici donc embarqués en bateau et après 1 heure à admirer les fauves locaux se réveiller, nous sommes arrivés. Ou, pas certain. Nous nous mettons donc en route à pied cette fois-ci dans un champ qui s’étire à perte de vue. Les herbes hautes rendent la progression difficile, le soleil nous brûle la nuque et nous pouvons rapidement nager dans nos vêtements. Un vrai bonheur! Au bout d’une demi-heure, nous faisons une pause histoire de reprendre notre souffle et l’idée nous vient soudain de demander au guide l’objet de ce supplice de transpiration et de fatigue. Pour apprendre que nous avons encore un bon 30mn de marche pour possiblement éventuellement voir un anaconda, si bien sur nous avons de la chance. Ignorants que nous sommes, personne ne sait vraiment à quoi ressemble cette créature mystérieuse, et nous décidons de garder la surprise pour l’arrivée. Après un autre 30mn de supplice, nous arrivons à un petit groupe d’arbre (l’ombre est la bienvenue) et voyons notre guide se mettre en chasse du fameux animal. Pour revenir 15mn plus tard avec le fameux anaconda… OK, si je suis critique, je dirai qu’on s’est tapé tout ça pour un @#$%#$ de serpent quelconque, qui ne nous a rien demandé et surtout pas qu’on vienne le déranger en plein milieu de sa sieste. Bref on se remet rapidement en route pour le retour, la mine un peu morne et le moral dans les chaussettes de devoir se retaper ce maudit champ sous un soleil de plomb…

Sunset bar

Sunset bar

Retour au camp de base pour reprendre notre souffle, manger et faire une sieste avant l’autre activité phare de la journée, la pêche au Piranha. Excitant, non?! Entre temps petite pause dans un hamac histoire de faire une sieste, avec réveil par la pluie donnant son nom à la forêt (rain forest) – un véritable déluge. Et nous voici repartis en bateau (après avoir écopé toute la flotte qui s’est abattue sur l’embarcation) pour la fameuse pêche aux carnivores. Les appâts, comme de juste, sont de petits morceaux de steak enfilés sur nos hameçons de fortune. Durée de vie de l’appât une fois entré en contact avec l’eau – environ 10 sec. Après nombre de tentatives et quelques centaines de grammes de viande, notre guide va finalement attraper l’une des sales bestioles qui se gavent de nos appâts depuis une heure – au moins 10cm de long! Pas étonnant qu’on n’arrive pas à en prendre, vu que notre hameçon fait un bon 2 cm. Mais tout de même très écologique. La deuxième partie de la journée est donc aussi passionnante que la première, et le groupe cache littéralement sa joie. Quelques piqures de moustiques plus loin, nous voici de retour au camp pour conclure cette incroyable journée d’aventures d’une bonne bière (fraiche! – un luxe qu’on n’apprécie pas pleinement avant d’être au milieu de la jungle, croyez moi).

Héron

Farewell du héron

Dernier jour, avant de nous remettre en route pour la civilisation, nous reprenons le bateau (vous aurez comprit qu’il s’agit du principal moyen de locomotion sur place) pour cette fois-ci aller nager avec les dauphins roses (je sais, inconnu au bataillon avant). Le bon côté de la chose est que ces derniers attaquent les caïmans, nager avec eux est donc une bonne garantie de survie. Après avoir scanné les berges en quêtes de museaux dentés errants malgré la présence de nos amis dauphins, nous nous glissons donc dans l’eau d’un marron trouble (probablement mieux de ne pas voir ce qui se passe en dessous…). Après quelques minutes à profiter de l’eau tiède et des délicieuses (quoi que douteuses) sensations que procure la boue sur laquelle reposent nos pieds, nous sentons tout à coup des assauts rapides et saccadés s’apparentant à de mini-morsures. Là, panique, les filles se mettent à crier, on est certain que les piranhas auront raison de notre peau. Notre guide explose de rire et nous rassure que ce ne sont que de petites sardines. Des sardines en pleine pampa – yeah right. Mais on s’habitue finalement à ces petites chatouilles anonymes. Les dauphins quant à eux ne se laissent pas beaucoup admirer – grande déception de ne pas les voir sauter et faire des galipettes comme dans « Seaworld ». C’est le problème des animaux sauvages, ils manquent clairement de discipline…

Finalement nous nous lancerons sur le long chemin du retour, 2 heures de bateaux, 3 heures de Jeep jusqu’à Rurrenabaque, et un bon 11h de Jeep jusqu’à La Paz. Que du bonheur. De là, nos deux amis Australiens décident de rester quelques jours sur place pour tenter de survivre à la route la plus dangereuse du monde, l’Américaine et l’Anglais se met en route pour le Pérou, et Yaël et moi prenons la route pour les déserts de sel dans le sud ouest de la Bolivie.

Toute une aventure! Et côté animaux, on s’est fait plaisir – les photos en témoignent.

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One Response to “Rurrenabaque – virée dans la pampa”

  1. Daddy says:

    INtéressant la jungle!!!

    J’aime tes photos. Il y en a de très chouettes

    Une année de rencontres, d’entreprises et d’amour

    Je t’embrasse

    Daddy

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