Mollendo, Pérou

Mollendo, Pérou

Oui finalement le voici. Il s’est fait attendre, mais comme toutes les bonnes choses il arrive à point. Il m’aura donc fallut un bon 6 mois et un autre voyage (au travers de l’atlantique à la voile cette fois-ci) pour écrire ce mot de la fin d’un voyage extraordinaire de 7 mois qui m’aura fait voyagé au travers de contrées magnifiques de l’Amérique du Sud. Je dédie ce post à Greg, mon plus fidèle lecteur (il vérifie encore le blog de temps en temps!).

Sucre, Bolivie

Sucre, Bolivie

Alors que vous écrit ce mot de la fin, il est 5 heures du matin. Je suis un point GPS au milieu de l’atlantique, Philip Glass accompagne mes pensées, et me voici qui navigue au travers de mes souvenirs sud-américains et me laisse planer au fil des kilomètres, des routes de poussière, des gens et paysages. 7 mois donc qui m’auront valu de découvrir l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili, l’Argentine et l’Uruguay. 7 mois de vie, de rencontres, de découvertes, 7 mois pour une autre vision du monde, plus humaine probablement, plus ouverte certainement.

Certaines personnes m’ont posé la question de savoir ce qui m’avait poussé à partir. Je leur ai répondu le plus clair du temps que j’en avais envie, pas plus compliqué que ça. Et pourtant rien n’arrive pour rien dans la vie, et ce voyage est certainement la maturation de nombre d’envies et d’une soif de vivre et de découvrir au fil des années. Le jour ou j’ai pris ma décision de tenter l’expérience, Vinciane pourra en témoigner, il m’a suffit d’érafler l’idée, elle m’a plut, je l’ai adoptée. La vie a fait que je pouvais me le permettre, j’ai décidé d’en profiter. Bien entendu l’idée de partir seul en terrain inconnu sans parler l’espagnol pendant autant de temps est un peu déstabilisante, mais a tout de même ce goût de l’inconnu, du défi qui donne envie d’avancer. Et la conviction qu’après un voyage comme ça, ce n’est pas possible de regretter peu importe ce qu’on va vivre. Et je ne le regrette pas.

Cratère de Maragua, Bolivie

Cratère de Maragua, Bolivie

On me demande souvent ce que j’en ai retiré. Excellente question, que je continue à me poser 6 mois après mon retour. Difficile de mettre des mots, même si l’expérience fut riche. Même si nombre de choses de l’extérieur sont venu ébranler l’intérieur et fêler les murs de la forteresse. J’ai ressenti beaucoup à nombre de niveaux, sentiments qui continuent de m’accompagner de différentes manières dans ma vie d’aujourd’hui.

Si je devais résumer mon expérience, je dirai que pour la première fois je me suis coupé du monde, mon monde. Et ce faisant je l’ai retrouvé, prêt à le vivre plus intensément que jamais, à y façonner une vie qui me ressemble et me correspond. Arriver à réconcilier ce qui nous rend unique avec un monde que nous n’avons pas construit, mais qu’il nous revient de vivre et de faire avancer, à notre manière et notre échelle.

Copa Cabana, Bolivie

Copa Cabana, Bolivie

Ce voyage fut l’occasion de prendre le temps, le temps des choses, des gens, de soi. Plus d’horaires à respecter si ce n’est le sien. Bus manqué? Prends le suivant. Bloqué dans un trou perdu ? Rencontre les gens qui y vivent. Le temps n’est plus synonyme que de rencontres et de découvertes – il n’existe plus que sous cette forme, ce qui nous oppresse dans notre vie de tous les jours devient une source de richesse intarissable et surprenante.

Voici un lien avec mon « best of » des photos du périple. Merci aux différents contributeurs qui m’ont permit de parer à une panne d’appareil sur la fin du parcours !

La Paz, Bolivie

La Paz, Bolivie

Le voyage en quelques chiffres

7 mois de voyages. 6 pays visités. Plus de 25,000km parcourus en bus, stop, train, bateau et à pied, pour un total de 545h passé dans les transports (oui, on parle de quasiment 23 jours non-stop !). Plus de 70 endroits visités et quelques 5,000 photos prises. Et des dizaines et des dizaines de rencontres plus belles les unes que les autres. OUF !

Quelques anecdotes toutes spéciales

Un escalier dans un quartier pauvre de Sucre en Bolivie. Je viens de m’acheter une guitare, m’assoit à deux pas du magasin pour gratter les quelques accords que je connais. Un vieux mange sa soupe et me regarde, les notes lui gravent un sourire sur les lèvres. Sa soupe terminée, il se lève et se met à danser et sauter sur place en me regardant. Il s’en va mais me fait don d’un regard qui respire la joie.

Puerto Natales

Puerto Natales

Puerto Natales dans le sud du Chili. Après quelques jours passés à l’auberge Nancy, temps de remettre les voiles. Quelques jours de cœur lourd et d’amertume. Je dis au revoir à Guillermo, qui tient le dortoir de l’auberge. Et bien que nous n’ayons échangé que quelques mots pendant le temps de mon séjour, l’étreinte du départ est émouvante et nous avons tous deux la larme à l’œil. Difficile de dire ce qui s’est passé, mais cela se passait bien au-delà des mots. Une belle rencontre.

La maman de Paulino

La maman de Paulino

Île de Chiloé dans le nord de la Patagonie chilienne, perdu le long de la côte pacifique dans une communauté indigène. Nous sommes accueillis chez Paulino, le chef du village. Sa mère reste avec lui, absolument impossible à comprendre. Nous lui achetons du pain, et de lui bredouiller un merci sincère après nous en être régalé. Sourire édenté d’une oreille à l’autre qui restera notre principal échange de ces quelques jours passés côte à côte.

Volcan Pululahua, Equateur

Volcan Pululahua, Equateur

Équateur, dans le bus qui m’emmène de Quito au volcan de Quilotoa. Je suis en Amérique du Sud depuis une semaine, tout est nouveau, incertain, intriguant. Le bus se vide à mesure que nous avançons, et je me retrouve finalement seul avec le gamin du chauffeur qui vient se coller contre moi et commence l’interrogatoire. J’essaie de comprendre avec mon espagnol bancal, et tâche de suivre le rythme effréné de ses questions. Le décor est sublime, les Andes s’étirent à perte de vue. Je n’ai aucune idée de l’endroit ou je vais atterrir ni dormir, le brouillard se lève à mesure que nous atteignons les 4,000 mètres. Je me sens vulnérable, perdu, émerveillé. Et je passerai le reste de mon voyage à essayer de vivre à nouveau cette sensation.

Chili

Caleta Tortel

Tortel, en pleine nuit et les pieds dans le sable. Sortie du camping (inondable svp !) avec Charles, mon parisien préféré. Retour sur nos passerelles de bois dans un décor de bout du monde. La lune est pleine et vient lécher les cimes des montagnes environnantes. Pas une lumière si ce n’est les étoiles qui scintillent et les quelques lumières timides du village. Le calme nous envahit, la vue nous laisse sans mot, le silence est total. Tout simplement BEAU.

Un taxi local

Un taxi local

8 heures de bus pour rejoindre Cuenca à partir de Banos en Équateur. Nous sommes à plus de 4000 mètres d’altitude, le soleil se couche sur un enchevêtrement sans fin de montagnes. Le bus file à toute allure, les passagers sont pour la plupart des indigènes locaux habillés des vêtements traditionnels faits de couleurs vives en laine d’Alpagua. L’air est un savant mélange d’odeur de feu de bois et de transpiration. Je me laisse porter par Philip Glass au piano et me sens heureux, libre sur le toit du monde.

Glacier Grey

Glacier Grey

Après 6 heures de marche, nous arrivons enfin au campement, qui plonge littéralement sur le glacier Grey. Nous sommes en Patagonie chilienne, en trek au Torres del Paine. Le ciel est percé d’innombrables étoiles, le glacier est à une dizaines de mètres, vivant et craquant. Question, réponse, je médite. Le calme est assourdissant, la nature nous reçoit dans sa plus belle tenue.

Sur le chemin du retour en direction de Lima. Le trajet dure 72 heures, le bus sillonne les côtes péruviennes dangereusement vite. Je demande Aoife en mariage devant 40 péruviens qui explosent de joie, l’ambiance est magique, le temps semble nous porter.

Mollendo, Pérou

Mollendo, Pérou

Mollendo sur la côte péruvienne. On m’avait prévenu, c’est glauque. Impossible de trouver une auberge qui tienne debout toute seule, rien à faire d’autre que de regarder les vagues s’écraser sur le béton, je suis loin de la côte d’Azur. Une journée à me lamenter, puis retournement de situation et sentiment de plénitude sur fond d’authenticité. Pas de maquillage, tout est vrai et réel sans artifice aucun. J’y passerai 2 jours de plus.

Garderie de Sucre

Garderie de Sucre

Sucre en Bolivie, garderie d’un quartier pauvre de la ville. Cela vient de se produire, les larmes perlent et les mots sont hachés. Elle a 6 ans et mettra 2 heures à se calmer. Elle a eu peur comme jamais, sa confiance est ébranlée et elle se replie un peu plus dans son monde intérieur.

.

.

Un grand merci à tous ceux qui ont rendu ce voyage si spécial, par leur présence sur ma route comme leurs messages tout au long de l’aventure. J’espère vous avoir fait vivre un peu de la magie du voyage par mes récits et photos.

Tupiza, Bolivie

Tupiza, Bolivie

 

Punta del Diablo – beach time!

Punta del diablo

Punta del diablo

Le bus de Bariloche à Buenos Aires est un véritable palace flottant. Je suis au premier rang du deuxième étage avec vue panoramique, les traditionnelles 4 rangées de fauteuils sont remplacées par 3 rangées de sièges dignes d’une première classe en avion. Vin et champagne pour accompagner les repas chauds servis par notre “steward”, nous sommes bien lotis. Et on s’enfile un 24h de bus comme si de rien était et arrivons à 8h le lendemain matin dans la capitale, (presque) frais comme des gardons. Direction une auberge dans Palermo, magnifique quartier peuplé de terrasse et petites rues charmantes. Je passerai deux jours à me promener (je connais déjà BA de mon passage en 2008) et décide de rapidement opter pour le busquebus, ferry qui nous emmène de l’autre côté du mar del plata jusqu’à Colonia en Uruguay, à deux heures de Montévidéo la capitale. Traversée tranquille, et je pose finalement mes sacs à Colonia pendant une journée.

Petite ville coloniale en bord de mer pleine de charme malgré un tourisme assez développé. Balades dans les petites rues pavées, l’automne s’annonce et les feuilles commencent à recouvrir les trottoirs de leur nostalgie. Petit assado en bord de mer pour ne pas perdre les bonnes habitudes, je passe le reste de la journée à lézarder tantôt au bord de la plage, tantôt en terrasse avec un bon bouquin. La vie est douce, et (surtout) pas trop fatiguante! ☺

Le lendemain, je me mets en route pour Montévidéo où je vais revoir la famille de Mariana, rencontrée lors de ma première visite il y a deux ans. Accueil chaleureux de Manuel, poussage de voiture histoire de sortir du stationnement du terminal, nous rejoignons rapidement son appartement qu’il me laisse pour l’occasion et pouvons finalement discuter ensemble!!!! Inutile de préciser que mon espagnol était tout simplement inexistant lors de notre première rencontre, nous nous rattrapons donc comme il faut. Le lendemain après une bonne balade sur la croisette, assado (oui, encore! On ne s’en lasse pas!) chez la maman de Mariana pendant un bon 4h, clot en beauté par un défilé de carnaval (pratique rituelle du dimanche) sous les drapeaux des différentes troupes et leurs danseuses voluptueuses (pour la plupart, quelques exceptions tout de même). Bref un accueil fantastique de la famille Cano-Comelli qui finit de me plonger sous le charme de l’Uruguay.

La plage principale

La plage principale

Après de chaleureux au-revoir, me voici donc à reprendre la route le lendemain, cette fois-ci pour Punta Del Diablo, un petit village de pêcheurs et surfeurs juste avant la frontière brézilienne. Ça fait un bon 3 mois que je rêve de me poser au bord de la plage à ne rien faire d’autre que regarder les vagues s’échouer, le temps est venu! Je me pose à l’auberge reine du coin, El Diablo Tranquilo, et là commence une semaine de… rien du tout! Balades sur la plage, lecture dans le sable, méditation sur la forme des vagues et la manière dont les surfeurs s’y prennent, c’est à peu près tout ce que je ferai pendant une semaine. Le coin est sublime, les plages s’étendent sur des kilomètres sans autre forme de civilisation que quelques cahutes ici et là, c’est un régal. Le village quant à lui reste très authentique, désert en cette saison, et l’auberge est un vrai havre de paix.

El Diablo Tranquilo

El Diablo Tranquilo

Bref un bon temps pour revivre les derniers mois et se préparer tout doucement au retour à la réalité du boulot et du reste. OK, après une semaine j’ai pas mal fait le tour et je commence à tourner en rond, il est temps de remettre le sac sur le dos. La destination? Pas certain… J’avais rencontré Aoife en début de semaine, une irlandaise sympa. Nous nous revoyons la veille de mon départ, et elle m’annonce qu’elle s’en va à Cabo Polonio pour 1-2 jours. Je lui fais mon plus beau sourire et me propose de l’accompagner, elle répond par la positive. Avec nous se joint plus tard Meredith, américaine, arrivée la veille et qui décide sur un coup de tête de nous accompagner. C’est donc entendu, nous nous mettrons en route le lendemain en après-midi! Accrochez-vous, Cabo Polonio ça déchire comme il faut!

Tagged with:
 

El Bolson – Régime argentin

El Bolson

El Bolson

Descente du bus, nous nous dirigeons tranquilement avec Raph et Delphine vers le bistro du terminal pour se dire au revoir et prendre rendez-vous pour l’été qui vient, cette fois en Suisse autour du bonne fondue. Julio et Anne-Hélène passent me prendre – cela fait maintenant un bon mois que nous nous sommes rencontrés et quittés. Et nous voici en route pour le lac Puelo, où ils habitent depuis peu. La route est agréable et les histoires fusent, nous sommes heureux de nous revoir.

Anne-Hélène et Julio

Anne-Hélène et Julio

Arrivée dans le noir après un petit arrêt pour faire le plein de viande et de vin, et nous voici accueillis par Bretzel, jeune labrador couleur chocolat qui n’en finit plus de montrer son affection. Le chalet qui les abrite est magnifique, tout fait de bois et construit selon les plans de Julio. L’ambiance est chaleureuse et je tombe rapidement sous le charme de l’endroit, pris entre deux montagnes et totalement dans la nature. Julio nous préparera cette soirée là l’une des viande les plus mémorables qu’il m’ait été donné de goûter. Cuite lentement au feu de bois  dans la cheminée, accompagnée d’une bonne bouteille et béarnaise… Comme si nous nous étions quittés la veille, nous repartons dans nos interminables discussions sur tous types de sujets, pour finalement éteindre les lumières sous un ciel scintillant d’étoiles.

Vue aérienne de El Bolson

Vue aérienne de El Bolson

Julio le lendemain se propose de me faire découvrir les charmes de sa région natale et après un solide petit déjeuner, nous embarquons dans le pick-up (Bretzel à l’arrière) pour une magnifique balade sur un des sommets environnants. Le temps change rapidement et à mesure que nous atteignons le plateau supérieur, la température tombe autour de 0. Quelques minutes plus tard, nous rejoignons l’une des arêtes et pouvons découvrir toute la vallée qui s’offre à nous – c’est tout simplement superbe! Petite pause chocolat, Bretzel se réchauffe les cordes vocales (à défaut du reste), et nous nous remettons rapidement en route pour attaquer la descente (vraiment pas chaud là-haut!). Petite pause pizza d’altitude et bière maison au refuge et nous rentrons à la chaleur de la vallée. Retour au chalet, petit maté dans le jardin suivi d’une session d’épluchage de prunes dans le jardin. L’air est doux, le paysage magnifique, Julio et Anne-Hélène me racontent leur nouvelle vie en pleine nature (après Paris pendant de nombreuses années pour les deux), le chien fait la sieste.

Balade à cheval version argentine

I'm a poor lonesome cowboy...

Lendemain, c’est aventure version argentine! Julio doit visiter un campo proche de la frontière chilienne, nous nous mettons donc en route après une visite du marché artisanal de El Bolson (les artisans sont souvent au moins aussi intéressants que leurs bibelots – genre Woodstock des années 2000) et quelques empanadas pour nous tenir au ventre. Le campo ne peut être visité dans son intégralité qu’à cheval, nous voici donc sur de superbes montures qu’il nous aura fallut attraper dans l’enclos (avec un peu d’aide dans mon cas, apprentit cowboy tout de même…). Le paysage est digne d’un western, des collines désertiques pour la plupart dénuées d’arbres dans lesquelles broutent d’énormes troupeaux de moutons et quelques vaches par-ci par là. Le soleil nous brûle le cou, l’air est frais sans trop l’être, et le paysage s’offre à nous à mesure que nous montons. 2h plus tard, nous arrivons au point de vue le plus haut du domaine et pouvons le contempler dans toute sa splendeur (OK Julio, ça vaut pas un campo de Patagonie du sud, mais quand même… ;) ). Pause saucisson et fromage, discussion avec le gérant du domaine qui nous raconte l’histoire de la région et de la propriété, et nous voici en selle pour attaquer la descente. Par intervalles petits galops pour faire bonne mesure (pas comme dans les balades de touristes, les chevaux partent au quart de tour et connaissent leur affaire – un régal qui peu à peu se transforme en supplice pour les cuisses), et nous finissons par un accueil chaleureux des chiens. Incroyable balade – John Wayne n’a qu’à bien se tenir!

Assado!

Assado!

Le dimanche arrive, nous allons pouvoir tester la tradition du Quincho! Situé sur la propriété familiale, il s’agit d’un chalet dédié… à la barbaq! Non je plaisante pas, on parle d’une vraie salle de restaurant équipée d’une cheminée de 3 mètres de large sur 1.5 mètres de profondeur, une cuisine, table de ping pong et bien sur de longues tables prêtes à accueillir les estomacs festifs de la famille, et les autres aussi d’ailleurs! Bon il faut savoir qu’un Quincho, ça se mérite. Nous avons donc un atelier déménagement l’après midi pour aider la soeur de Julio à déménager, qui se termine près du feu avec une variété impressionante de différents morceaux de viande. Alors le truc à savoir c’est qu’un assado (bbq) débute toujours avec les saucisses (chorizo en bon argentin). Le débutant inexpérimenté et affamé se jette dessus, logique. Erreur stratégique! On y va crescendo, ce qui veut dire que plus on avance dans le repas, plus les morceaux de viande sont fins et gouteux. Bref malheureux celui qui n’a plus faim pour les derniers morceaux, ce sont les meilleurs! Nous passerons ainsi une merveilleuse soirée bercée par la bonne humeur (et le caractère) des nièces de Julio et les éfluves de Brel.

Cela conclut en beauté mon séjour chez Julio et Anne-Hélène (encore un énorme merci à tous les deux pour un accueil hors pair!), et les magnifiques contrées de la région des lacs. Je quitte donc mes deux amis et verse une petite larme en quittant El Bolson et ensuite Bariloche qui resteront une étape très spéciale de mon épopée en Amérique du Sud. Une page se tourne, une autre est maintenant à écrire. Direction Buenos Aires cette fois-ci!

El Bolson

El Bolson

Tagged with:
 
Vue du bateau

Vue du bateau

Navimag. Le nom de notre palace flottant qui va nous permettre de rejoindre Puerto Montt à partir de Puerto Natales. 3 jours de traversée au total dans les vertigineux fjords de la Patagonie du sud, pour la plupart totalement déserts. Nous embarquons le soir, suivi de peu par un véritable troupeau de vaches entassées dans des camions. Triste vision de ce que nous faisons de ces chers animaux, ok pas très doués à la base, mais tout de même.

J’arrive dans ma cabine et découvre mes 3 compagnons des prochains jours, vois la taille de la cabine, lilipucienne en soi, et de m’exclamer que pas très grand, mais franchement pour tout juste $150, on peut pas vraiment en demander plus (le prix régulier est de $330). Là mes chers amis me regardent des poignards dans les yeux, la collocation débute. OK j’ai payé le même prix que tout le monde, mais juste de voir leur tête était exceptionnel. Je rencontre également Raphaël et Delphine, deux amis suisssses que j’avais déjà croisé lors de ma traversée héroïque du Torres del Paine. Rapidement l’ambiance se met en place, les 4 prochains jours promettent. Réunion du soir histoire de savoir ou on va et nous prenons chacun nos quartiers respectifs. Le bateau est bien fait, une grande salle réfectoire, un bar en haut et une terrasse extérieure histoire de prendre l’air (la pluie et le vent aussi).

Navimag, le bateau

Navimag, le bateau

Le lendemain, nous découvrons un paysage absolument splendide, les fjords s’étendent à perte de vue, les loups de mer nous font de grands signes et les dauphins (oui Delphine, des dauphins!) s’en donnent à coeur joie sur les flancs du bateau. L’équipage a à coeur de rendre la traversée agréable et entre les blagues vaseuses de notre « animateur », nous avons la chance de voir quelques films ce qui change un peu la routine. Pour le reste, contemplation du paysage aux côtés de la cabine de pilotage, un peu de guitare pour faire bonne mesure, bonnes rigolades version suisse à coup de simplet et de guyerrrrrrre (yep, j’attends ma fondue!).

Delphine, Raph et moi

Delphine, Raph et moi

Deuxième jour de traversée, nous prévoyons de faire un arrêt d’une heure à Puerto Eden, littéralement le seul village (si on peut même appeler ça un village) sur toute la longueur de notre voyage (+ de 2,000km). Un peu dans le même style que Tortel, un succession de maisons plantées à fleur de montagne et bordant le fjord, relié uniquement par de sympathiques passerelles de bois. La veille pendant la présentation rapide de l’excursion, mon sang ne fait qu’un tour et je décide d’aller y passer une semaine, jusqu’au passage du prochain bateau (inutile de préciser que la route n’existe pas et que seul les bateaux de Navimag assurent le ravitaillement et le transit des voyageurs). Bref je vais voir le capitaine en second qui finalement m’annonce que ce ne sera pas possible car les autorités m’attendent à Puerto Montt (un paranos les mecs parfois…). Mes rêves d’aventure sauvage tombent à l’eau, je n’aurais pas le plaisir d’annoncer à mon Charles national que je me suis fait 1 semaine en hermite dans un trou paumé de la Patagonie qui ressemble à Tortel… Je me rattrape tout de même pendant la visite en accostant un pêcheur sur un passerelle, qui nous vendra gentiment un bon kilo de crabe, et la même chose de coquilles St Jacques. Arrivée sur le bateau, notre cuistot national avec qui nous avons sympathisé nous propose de nous faire le crabe le lendemain soir – c’est pas de la fondue mais quand même top!

Fjords à perte de vue

Fjords à perte de vue

La traversée se poursuivra tranquillement avec mes deux compères, mélange de rigolade, contemplation du paysage (on s’en lassera pas une seule seconde), lecture et autres occupations tranquilles. Beaucoup de gens m’avaient dit que le trajet serait long surtout sur la fin, mais finalement ça se fait tout seul. Après réflexion, ce sera probablement mon contact le plus fabuleux avec la nature, sauvage et complètement vierge. Rien que de penser qu’aucun être humain n’a jamais posé le pied sur la plupart des îles et montagnes alentours donne le vertige. Avant dernière nuit, nous passerons en mer ouverte, Delphine en fait des cauchemars, on nous annonce des vagues entre 2 et 10 mètres (selon les jours on s’entend), finalement la traversée sera relativement calme. Et cerise sur la bateau, l’une des vaches donnera naissance à un petit veau, baptisé Navimag compte tenu des circonstances. Hallucinant qu’on laisse monter une vache sur le point d’accoucher dans un bateau, pas forts les mecs…

Bac en direction de Chiloé

Bac en direction de Chiloé

Je pensais filer directement du côté de El Bolson pour aller passer quelques jours chez mes Julio et Anne-Hélène rencontrés en route sur la carretera austral mais me laisse finalement convaincre par Delphine et Raph de les suivre sur l’île de Chiloé pour conclure en beauté mon passage au Chili. Nous descendons du bateau et prenons directement la route pour notre prochaine destination. L’aventure continue!

Arrivée sur Castro

Arrivée sur Castro

3 heures de bus, et nous voici à Castro, capitale de notre petite île. Après une après-midi tranquille et un bon steak le soir, nous décidons le lendemain de prendre la route pour un petit point sur la carte. On sait pas trop ce qu’il y a à voir mais l’aventure nous transporte (surtout Delphine, qui nous bassine pour se taper des KM à pieds avec tout le barda!). Bref nous débarquons en milieu de journée dans le patelin de Cucao, le point identifié plus tôt sur la carte, demandons s’il y a une auberge au bord de la plage (imaginez, le pied), répondu par l’affirmative mais sans plus de précision. Donc avec tout notre matos nous voici qui terminons le chemin à pied. Rencontre de locaux, nous leur demandons à quand la prochaine auberge, réponse évasive qui a l’air de dire non, Raph et moi sommes motivés et promettons à Delphine qu’on rentre en voiture si jamais on trouve pas chaussure à notre pied. Bref au bout d’une bonne heure de marche, nous sommes toujours au bord de la route, la plage pas très loin, et toujours pas d’auberge. « OK Delphine, on va rentrer… mais c’est toi qui fait du stop! ». Jouant de tout son charme, elle va réussir à arrêter la première voiture qui nous ramènera au patelin local. De là nous prenons une chambre dans l’auberge et restaurant du village, un flamboyant bâtiment vert au bord de la route qui tient on ne sait trop comment, mais l’accueil et sympathique et l’odeur de poisson parfume toute la battisse. Vivement le souper! Temps de se reposer un petit coup, armé de bières et chips, nous nous mettons en quête d’une plage, un peu l’objectif de la chose quand même. De là apéritif en règle avant retour dans notre palace histoire de profiter des empanadas locales, belle surprise si on considère les attentes initiales (sous-terraines!). Un dernier coup de Clos (oui Charles, j’ai trinqué à ta santé t’inquiète) et nous voilà au lit.

La côte pacifique de l'île de Chiloé

La côte pacifique de l'île de Chiloé

Lendemain matin, nous décidons de tenter l’aventure et rejoindre la plage de Cole-Cole, supposémment magnifique et à « seulement » une vingtaine de KM. Provisions dans le sac, nous nous remettons en route – sur la même route – espérant rejoindre notre nouveau petit nid en début PM. Que dalle, on marche, ca commence à fatiguer sévère, quand la route devient la plage… Petit pause déjeuner et que voyons nous… un camion!! On fait du stop, il nous embarque, et nous permet de rejoindre le prochain hameau (on ne parle plus de village à ce stade). De là on nous annonce que la plage n’est plus « qu’à » deux heures de marche… y’a un truc qui fonctionne pas dans l’histoire… Mais bon pas grave on continue, traversons un bras de mer à s’en mouiller les chaussures (pour moi, mes deux amis suisses font preuve d’une patience légendaire en enlevant leurs chaussures et chaussettes – et ils garderont les pieds au sec!). Et finalement nous tombons sur ce qui ressemble de très prêt à… un auberge! Nous rencontrons à ce point ci Paulino, le président de la communauté indigène local, qui nous propose de rester dans le refuge flambant neuf, deux étages tout équipe pour nous tout seul et prix modique. On a bien pensé continuer jusqu’à la plage, mais ça a pas duré longtemps. Nous prenons donc possession des lieux et nous reposons de toutes ces émotions.

Le Paulino en action

Le Paulino en action

Les deux prochains jours seront un mélange de balade à cheval histoire de rejoindre la plage (avouez que ça a plus de charme – moins fatiguant c’est sur) et faire quelques galops (pour le plus grand plaisir de Delphine qui biche depuis son canasson), de chanson de Paulino à la guitare au coin du poêle, de rencontres francophone assez… stéréotypique (??) et de bons gueuletons (Raph s’en donne à coeur joie et nous régale). Vous ajoutez à cela le pain fait maison de la mère à Paulino, impossible à comprendre mais avec un merveilleux sourire (pas beaucoup de dents par contre). Bref un petit paradis pendant presque deux jours.

Sur le chemin du retour

Sur le chemin du retour

Dernier jour, temps de se remettre en route vers la civilisation, nous faisons donc route avec Paulino et ses étalons de 1.50m, avec les sacs sur le dos. Je vous raconte pas le passage des bras de mer, de quoi se flanquer à la flotte 10 fois. Mais pas d’accident. Il nous déposera au bout de la plage d’où nous pouvons attraper le bus qui nous ramène à Castro. Bien sur à peine déposer le pied à terre, le déluge nous tombe dessus, le timing est pas mauvais! Après une dernière soirée ensemble dans l’un des meilleurs restaurants de la ville (très belle surprise) histoire de fêter dignement notre quasi-3 semaines ensembles (je sais, ils sont courageux mes deux suisses!), nous prenons le bus du matin à 6h (on est le premier avril, mais c’est pas une blague!) en route pour Bariloce. Le Chili, c’est donc fini, mais qu’est ce que c’était BEAU!!!! Un pays plein d’authenticité, avec des paysages qui laissent rêveur et dépassent l’entendement… et me voilà qui dit au revoir à Delphine et Raph en se promettant de se retrouver très bientôt en Suisse pour partager ensemble la fameuse fondue. Ces derniers vont passer quelques jours à se balader dans le coin, de mon côté je rejoins enfin mes amis Julio et Anne-Hélène rencontrés au Chili pour passer quelques jours à leur chalet proche de El Bolson (3h de Bariloche). Et ça continue…!

Tagged with:
 
Aoife and I

Aoife and I

Buenos Aires, Tuesday April 27th 2010. 12.30, running after a taxi, rushing to the bus terminal to catch a frightening 68hrs bus ride (no mispells here, we’re indeed talking about a 3-day bus ride non-stop) to Lima, Peru. Along with me is Aoife (pronounce Ifa :) ), a beautiful and lovely girl from Ireland that has decided to spend the next … 3 days with me. As if to remind us that we were on our way to Peru and to break from Argentina and Chile’s legendary punctuality, the bus is 20mn late. Now considering the overall length of the bus ride, not such a big deal right?

We’re prepared. Foods of all kinds (will have to get through the fruits and saucisson before hitting Chile though, freaks about fresh products), sleepy souvenirs from awesome Meredith, and of course a few drops of red wine to make the whole thing slide in more easily. So we get onboard our vessel (not glorious, but it’s been worse – Charles, at least a semi-cama, well sort of), and naturally attract the attention of all the other passengers, peruvians for the most part, looking at us like we’re just crazy (must agree with them). In other words, we’re the only gringos that decided to lose 3 days of their life in a bus versus a 3hrs flight. Sure, that makes sense – this trip is supposed to be about adventure, isn’t it.

First day is quite uneventful, we keep falling in and out of conscioussness (thanks Meredith, you rock!), the road is straight and the landscape passes by quick. Jose, one of the drivers, seems to have a passion for crappy folkloric music, and takes great pleasure in sharing it with us for 5hrs non-stop. Forget about listening to your own music, the sound level makes sure you don’t miss any of that beautiful piece of local culture. First stop around 8pm, to learn that we’d better fill our stomach, our next stop being the following day in the afternoon. OK, so they actually don’t intend to feed us, great. Not that bus food is so exciting in the first place, but still that’s food. We thus enjoy a nice pollo assado, look at our watch (6hrs passed, 62hrs to go) and go back to our respective seats. The ambiance is quiet except for the « best of » DVD of Wesley Snipes blasting through the crappy bus speakers… until 2AM, at which point I get down to the drivers’ cabin and tell them straight to cut the crap and let us sleep. No objection.

Second day follows, not very different from the first. Aoife and I talk, sleep, listen to some homemade musical playlists while enjoying the ride. And Jose, who takes pride into entertaining the crowd, puts in the Rocky series. Never thought I could sit through 4 episodes of it in a raw, quite a performance in itself. For those wondering, he actually gets his ass kicked by mister T in the 3rd episode. But the beauty of it is that you get to see the next part right away, so the hero gets back and wins at the end (yeah!). Our fellow passengers are still quiet, we finally feel like a part of it all. Stop at the argentinian border, the custom agents are breaking records of speed with an average time of 7.5 minutes per stamp, quite sysmetrical for Aoife to her great relief. Chile is just about as fast, and we finally break the ice with some other passengers curious to know what planet we come from. Quick look at each other, we’ve almost gone through half the trip and are still alive and somewhat in a decent condition. Quick thought of Meredith who keeps supporting us despite the distance… And Aoife of course gets her bag checked by custom agents, but this time she did manage not to spill powder milk all over the examination table, always embarassing considering its ressemblance to some undesirable substance when crossing borders. Quick stop to get some food (we might make it after all), and off we go for a second night in our palace on wheels. Our kind Jose even thinks of turning off the movies by 1am, definitely a positive progression in the trip.

Third day – by far the most interesting… yeah I know you’re getting impatient, but we’re getting there! Laborious border crossing to Peru, after what we go for the final stretch of the journey. Only 20hrs to go (wowow!). Stop in Tacna for some food, Aoife keeps being asked if we’re married, and after answering negatively, gets all sorts of proposals punctuated by comments on her beautiful blue eyes (must agree with that) and reassurance that coincidently they are single as well… Amusing. The afternoon is dedicated to salsa education (better than folklor music, but after 3 hrs you still get tired of it). And I did get tired of it, decided to assume my disconfort and stood up to go see Jose and tell him to « please turn it down a bit, we got the picture »). As soon as the others see me up, hands start clapping in the air, the gringo wants to dance!! And then what can you do… so I tried to dance in the alley (struggling, Gwen you would not have been very proud of me, but admit that a bus is not ideal), and after much screaming and encouragement from the crowd, decide to forget trying to get the sound down and go back quietly to my sit. Was kind of nice anyways :)

The party is starting!

The party is starting!

Last stop of the day to satisfy our stomach and for Aoife to try the famous Inka Cola (gross if you want my opinion, tastes like bubble gum). We stock up beers for the night and here we go again, on the bus, the salsa blasting through the speakers (how many fricking hours of that crap does Jose have!!!). And as we leave our last stop and the bus driver gets excited on the cliffy roads of the peruvian coast (scary, good thing it’s dark outside), our new friends get all warmed up. I try to hit the restroom, and once again I’m not in the alley that the whole crowd starts screaming again. They want to see the gringo dance again. And what the heck, let’s do it. So here we go, dancing in the alley, on the sits, everyone is holding on their cameras and the flashes go in all direction. The ambiance is crazy, the people all fired up, the party is started. Small break on my end, quick chat with Aoife and crook smile, eyes lit up on both sides, this is it, we’re going for the big dive. Only listening to our hearts, we stand up as one, signal Jose to shut the music for a few moments, we’ve an announcement to make! All eyes are on us, the tension and excitement in the air is palpable, cameras handy, they know something BIG is coming.

This is it!

This is it!

And that’s when it happened. In my broken spanish and in front of 50 amused faces, I… proposed to Aoife. Yes Vasso, I know what that implies in english ;) . And like music playing in my ears, Aoife said the magical « yes » word, actually « si » as we were in spanish mode. And that was out, the whole bus was screaming and applauding, flashes went crazy, people dancing and singing, others coming to congratulate us. And of course next thing you know, they all started screaming « un beso, un beso!!! », which we completed with an obvious pleasure. And the party went even crazier, happiness spreading like thunder, laughter and amazement only matched by the driver’s obvious enthusiasm making balance hard to achieve. So that was it, in just a moment and a few words, Aoife and I were engaged – beautiful moment shared with beautiful people. Overwhelmed by emotion, we sat down and decided to sheer with a beer, actually two… ok make it three! That’s when we realized we were missing a big part! All that emotion made us forget that an engagement required… an engagement ring! Quick look and smile at our neighbor, an adorable lady of about 50, to see if by any chance we could borrow her ring. Which she gladly agreed to, clearly proud and honored to be an active contributor to the surrounding happiness. And off we go again. Jose, shut that music down! Silence, everyone is watching, and slowly the ring slides onto Aoife’s finger, followed immediately by a pure explosion of joy in the whole bus, it’s now formal, we’re engaged! And the whole crowd to go and scream one more time « un beso, un beso!! ». And for us to enjoy another most fabulous kiss in front of a survolted crowd… Life is more beautiful than ever, we’re floating in time (and our seats).

To conclude on this incredible evening, our sweet neighbor lady asks me to approach and takes my hand, to discreetly let a ring slide into it. The look in her face at that very moment was a poem in itself, where you feel she’s making a sacrifice but generosity and love is just stronger. Incredibly moving moment, Aoife and I just can’t help but to smile and melt in front of this incredible lady. Of course we tell that we can’t accept it, but it was SO SWEET!!!!! An absolutely beautiful moment, probably one of the most magical one of the past 7 months travelling. We thought this bus journey would be hell, and it transformed our life, made us feel like rarely before…

After a last night of crazy driving through the beautiful lands of Peru, it is time for us to leave the « love bus » (as opposed to the « love boat », just in case that wasn’t obvious), we’re in Lima. Jose says goodbye and makes us promise to name our first kid Cruz del Sur (the name of the bus company). Aoife and I look at each other with a smile, then decide that CeDeS might be more appropriate (poor kid, imagine…).

And of course you wonder what is going to happen next… Well, after much discussion together, we figured that maybe it was a bit fast, and statistically estimated that our marriage would probably last between 6 and 8 months, a bit short considering all the trouble to go through to organize everything and all… So we’ll not actually get married (yes, what a disappointment…), but what a bus ride I tell you. So that’s it, hope you enjoy that bus ride as much as we did.

Torres del Paine – au coeur de la Patagonie

Glacier Grey

Glacier Grey

Puerto Natales est le point de départ pour les randonnées autour du Torres del Paine, l’un des sites les plus célèbres en Amérique du sud pour le trek. Sa principale attraction, 3 tours qui surplombent le massif montagneux, faites de granites avec des parois abruptes. Bien que d’une altitude raisonnable autour de 2,500m, peu peuvent prétendre en avoir fait l’ascension du fait de vents violents et un temps souvent peu clément. Nous arrivons de El Calafate en milieu de journée et nous dirigeons rapidement vers l’auberge Nancy qui va nous accueillir le temps de finaliser notre préparation avant de repartir en trek, cette fois pour 5 jours. Yep, 5 jours de bivouac, jamais j’aurais crut que je m’embarquerai dans une telle entreprise!

Aux abords du glacier Grey

Aux abords du glacier Grey

L’auberge est un régal d’accueil, toute la famille de Nancy y met du sien, Victor le cadet à la location d’équipement, Andrea qui gère l’agence de voyage, et Guillermo qui tient l’extension de l’auberge qui offre des dortoirs. Le courant passe rapidement et les deux jours que nous y passerons seront très agréables. Session d’information histoire de se mettre dans le bain, et nous voilà en quête des dernières choses qui nous manquent avant le grand départ. Après une journée libre histoire de se dégourdir les jambes, nous nous élançons finalement. 4h de voyage en bus et bateau pour rejoindre le point de départ de la randonnées et nous voilà en position. Le premier jour sera probablement l’un des plus beaux puisqu’après 3h de marche, nous verrons apparaître au fond de la vallée le glacier Grey. Même après le Perito Moreno, les sensations sont incroyables. Le tout couronné d’un bon vent de 100km/h. Nous pourrons l’admirer de très prêt, à peine 50m, et n’en finiront pas de le contempler jusqu’à l’extinction de la lumière. Coucher de soleil superbe sur une glace alliant toutes les teintes possibles et imaginables de bleu. Petite parenthèse pour ceux qui se demandent d’où vient cette magnifique couleur et ses différents tons. La glace telle que nous la connaissons, surtout dans le congélateur, a tendance à prendre la couleur blanche du fait de l’air pris à l’intérieur. C’est également le cas des glaciers à leur surface. À mesure que la neige s’accumule et durcit, elle compresse par son poids la glace du dessous, et en chasse progressivement l’air. Et une glace avec une faible teneur en air… prend la couleur bleu. Ce qui explique que plus on va profond dans la calotte de glace, plus elle devient bleue foncé (héhé, forcément!).

Torres del Paine

Torres del Paine

Lendemain, direction vallée des Français à environ 20km de marche. Nous rejoignons le campement Britanico et prenons le lendemain matin la route sans les sacs (pas désagréable) pour nous enfoncer dans la vallée et admirer le cirque des montagnes et glaciers alentours. Le sentiment d’être envahit par le grandiose de la nature est total. Petit moment de contemplation et nous attaquons la descente, récupérons nos sacs et continuons la route jusqu’au prochain refuge, quelques 15 km plus loin. Nuit sous les constellations d’étoiles, et nous repartons le 4e jour pour la partie finale de la randonnée et la découverte des fameuses tours. Arrivée au campement sans encombres, le soleil est de la partie et la marche se fait facilement d’autant que les sacs sont presque vides de nourriture. J’attendrai le lendemain matin pour découvrir ces montagnes aux formes inattendues, à mesure que le soleil se lève. Pas un nuage. Petite déception tout de même, nous n’aurons pas droit aux couleurs rouge orange se reflétant sur les tours comme sur les cartes postales. La photo ci-contre est en fait un généreux don de Raphaël qui restera une nuit de plus et y aura droit le matin suivant (aucune justice!). Mais même sans la lumière le tout est magnifique (et froid!) et aura valut les 4 jours que ça nous a pris pour les voir, et la dernière nuit ou le thermomètre est quand même descendu à -5.

Petit coin de Patagonie

Petit coin de Patagonie

Après la vue des tours, temps de plier bagage et de se remettre en route pour Puerto Natales que nous rejoignons en milieu d’après midi. La première bière et le repas du soir sont un véritable soulagement, l’ambiance est joyeuse autour de la table dans notre charmante auberge. Guillermo se joint à nous et nous festoyons gaiement – pas trop tard quand même, on est bien claqués et les feux s’éteignent peu avant minuit. Nous aurons couvert en 5 jours de marche un peu plus de 100km, pas si difficile du fait de conditions climatiques clémentes.Le lendemain, journée libre pour nous remettre de nos émotions, et le suivant notre petite troupe se met en route pour Punta Arenas, point le plus au sud de mon voyage au bord du détroit de Magellan, d’où nous allons nous séparer. Je rentrerai le lundi matin à Puerto Natales afin d’embarquer sur le ferry qui me ramènera à Puerto Montt et marquera un virage important de mon voyage puisque pour la première fois en presque 6 mois, je ferai route vers le Nord. De là il me restera un peu plus d’un mois avant ma remontée finale vers Quito en Equateur d’ou je m’envole le 6 mai. Le programme reste encore à finaliser, les 4 jours de traversée au milieu des fjords de Patagonie me laissent largement le temps d’y penser…

Patagonie argentine – ça déchire!

Le Fitz Roy

Le Fitz Roy

Nous voici donc arrivés en terre argentine, en route vers… UNE VILLE! Ça fait bien 10 jours qu’on a rien vu de tel, on serait presque excités. Et on découvre El Chalten… Finalement les petits villages et la brousse, c’était pas si mal! Seule activité locale, le tourisme, la rue principale est donc une longue succession d’auberges et restaurants en tous genres. Notable cela dit, une vue imprenable sur notre prochain objectif, le Fitz Roy, superbe montagne de granit escarpée culminant à plus de 3,000m. Je retrouve par hasard comme prévu Helen, mon australienne rencontrée dans la pension de famille de Sucre qui elle remonte le pays depuis Ushuaia avec deux amies. Rapidement les Chile Chico se mettent à fuser, les langues se délient et une bonne complicité s’installe dans le groupe. Auquel s’ajoutent deux américains qui ont également fait la route depuis Villa O’Higgins, Dylan et Laura. C’est décidé, nous partirons ensemble le lendemain pour 3 jours de randonnée et bivouac autour du Fitz Roy – ça promet (je déteste toujours le camping je vous rassure).

C'est partit!

C'est partit!

Lendemain matin, départ relax à 11h par un vent à décorner les bœufs, avec des rafales dépassant les 100km/h. Notre petit groupe (de 7 tout de même) se met donc en route avec beaucoup d’entrain. Nous monterons jusqu’au pied du Fitz Roy, ou nous comptons passer la première nuit. L’ascension se fait tranquillement, le soleil est au RDV et le vent se calme un peu pour nous laisser profiter du paysage qui s’offre à nous, BÔ! Du camping qui a vraiment des airs de Gaza, un chemin nous permet de rejoindre la base du Fitz Roy et le lac de glacier qu’il surplombe. On parle officiellement de 2km couvert selon le guide en 1.5h, ça monte sévère. Le Charles est pas très chaud pour monter maintenant, mieux de garder la vue pour le lever de soleil réputé superbe du fait de l’orientation de la montagne, mais capitule finalement devant l’enthousiasme du groupe d’attaquer la montée directement. Avec Dylan nous sommes devant et envoyons la purée – 45 minutes pour rejoindre le sommet. Le reste du groupe y va plus cool et nous rejoins 30 minutes plus tard. Et Charles de s’exclamer une fois en haut « putain je vous l’avais dit, fallait attendre demain matin! La lumière est vraiment pourrie!!! ». Pas content mon petit parisien, mais malgré la lumière (vraiment pourrie), il finit tout de même par regarder autour et profiter d’un paysage à couper le souffle. Nous sommes vraiment à la base du Fitz Roy, à 1,000m, et pouvons admirer les parois quasi-verticales jusqu’au sommet culminant à plus de 3,000m. Vraiment impressionnant! T’inquiètes Charles, on montera demain matin pour le lever de soleil, tu vas l’avoir ta lumière!

Le Fitz Roy au lever du soleil

Le Fitz Roy au lever du soleil

Descente en trombe, temps de nourrir nos chers estomac. Après quoi Charles va réussir à se perdre en chemin pour la vaisselle, faire trempette dans l’eau de glacier histoire de vérifier les propriétés du gore-tex. Extinction des feus. On tape à la tente, Helen nous annonce qu’elle va s’attaquer à la montée avec Laura. Il est 6h du mat. On se regarde avec Charles, pas moyen de mettre le nez dehors alors qu’on est bien au chaud dans la tente (tout est relatif, on est quand même toujours en camping, mais certain que dehors c’est pire). Finalement on s’en fout de la lumière. Yep… jusqu’à ce qu’on voit les photos des filles au petit déjeuner, on est dégoutés. J’admets à Charles qu’il avait finalement raison, la lumière de la veille était complètement pourrie comparée à celle du matin. On est verts…

Les filles dans le vent

Les filles dans le vent

Les deux prochains jours seront dans la lignée du premier, des paysages magnifiques, un vent qui alterne entre petite brise agréable et rafales dépassant les 100-120km/h. Notre petite équipe se porte bien et alterne autour du seul réchaud que nous nous partageons. Les histoires et blagues fusent en tous sens, la bonne humeur est de rigueur, le soleil nous accompagne en même temps que quelques condors planant dans la vallée. Retour le troisième jour à El Chalten pour une pizza locale bien méritée. Tout juste le temps de prendre une douche, boire un dernier verre de cidre, et notre équipe se sépare, nos Australiennes se mettant en route pour El Bolson au nord, le reste pour El Calafate, camp de base du très fameux glacier Perito Moreno. Trois heures de route et nous voilà arrivés à El Calafate, autre ville essentiellement touristique sans forcément beaucoup de charme. Après un bon sandwich tardif histoire de se remettre les idées en place, un avocat qu’on a sauvagement découpé avant qu’il atteigne sa maturité, nous voilà au lit.

Le fameux Perito Moreno

Le fameux Perito Moreno

Lendemain décollage tôt histoire d’admirer ce cher glacier Perito Moreno. Nous embarquons dans le taxi à 7.30h du mat et faisons tranquillement route vers notre prochain lieu d’ébahissement que nous rejoignons une heure plus tard. Sous les cris de vierge effarouchée de Laura (elle est très vocale), nous découvrons petit à petit le glacier se dessiner au bord du lac, il est ENORME. Large de plusieurs kilomètres, haut d’un bon 50-60m, il s’étend à perte de vue et se perd dans les montagnes qu’il borde. C’est impossible, complètement disproportionné, les teintes de bleu fusent devant nos yeux qui ont du mal à croire ce qu’ils voient. Nous resterons deux heures à observer ce monstre de glace en attendant que des pans se fracassent dans l’eau pour notre plus grand plaisir. Et nous aurons de la chance puisque deux morceaux de façades absolument énormes tomberont sous nos yeux ébahis dans un grondement de tonnerre – et les cris de Laura. Comme dirait Dylan, incroyable de pouvoir être témoin de la nature en transformation quand on sait que d’habitude les processus d’évolution de la terre prennent des milliers voire millions d’années. Le froid et le vent ont finalement raison de notre volonté, nous remettons le cap sur El Calafate pour une après-midi libre à jouer sur internet et relaxer.

Malgré mes rêves d’Asie du sud-est rapidement évaporés, je décide de suivre Laura et Dylan à Puerto Natales au Chili histoire de faire le fameux Torres del Paine, soi-disant la mecque du trekking en Amérique du sud. Charles quant à lui est déjà en route pour le sud et la terre de feu. A bientôt donc, de retour en terre chilienne cette fois-ci!

Note: many thanks to Helen, Shannon, Laura and Dylan for sharing their pictures as my cameras is out of order!

Charles et moi

Charles et moi

Tortel – bout du monde…

Tortel - au détour d'une passerelle

Tortel - au détour d'une passerelle

La prochaine ville au sud se prénomme Cochrane et mis à part une route absolument magnifique longeant les glaciers et sommets à 3,000m, la ville en elle-même est sans grand intérêt. J’y arrive après 8h de route, pour repartir le lendemain pour le prochain et dernier patelin sur la carte avant Villa O’Higgins, Tortel…

Les Fjords autour de Tortel

Les Fjords autour de Tortel

Dans le bus, ou plutôt devrais-je dire mini-van, je fais la connaissance de Charles, un parisien fou de Patagonie qui a finalement fait le grand saut. Nous voyagerons ensemble bien au-delà des contrées chilienne et rapidement une grande complicité s’installe. C’est avec lui que je rencontrerai Tortel et tous les charmes de ce petit hameau perdu dans les montagnes et fjords de la Patagonie. Après 3h de route, nous arrivons à destination.

Tortel!

Tortel!

Tortel, Tortel, Tortel… par ou commencer… ville de 500 habitants coincée au fond d’une vallée de fjords et glaciers complètement inhabitée. Avant la construction de la route en 2003, impossible d’y accéder autrement que par avion (un gros coucou de 6 places) ou par voie d’eau avec un bateau assurant le ravitaillement tous les 4 mois. Particularité, les maisons sont construites à flan de montagne et sont reliées uniquement par… des passerelles de bois. On oublie le concept de la route, il n’y en a pas. Tout le village est donc relié par ces longs chemins de bois qui sillonnent la montagne et longent une eau de glacier d’un vert azur. Pour ceux qui ont vu « La grande séduction », l’esprit est le même. On pourrait penser que faire le tour est rapide… erreur! Il nous faudra un bon 45mn pour couvrir le patelin d’un bout à l’autre, et déboucher sur une magnifique plage à l’entrée du fjord, secondée par un camping (inondable SVP). Selon nos calculs savants, on en a pour un bon 4km de marche pour rejoindre les dernières maisons. Pas mal pour un trou paumé!

Une des nombreuses passerelles

Une des nombreuses passerelles

Munis de nos gros sacs, nous nous mettons à la recherche d’une auberge pour accueillir nos âmes pleine d’émerveillement devant ce petit trésor bien gardé. Petit passage à Yellowsur, auberge qui se dit offrir tous les services requis par deux backpackers comme nous, rapidement disqualifiée quand nous découvrons l’intérieur en état avancé de délabrement et la chambre pour deux personnes laissant un bon 15cm entre les lits (et je reste gentil). Merci mais non merci. Nous continuons notre avancé et transpirons à forces de marches alors que le village se révèle à nous… dans toute sa longueur! Finalement nous arriverons à l’auberge de Louisa, chaleureuse et sympathique. Après une négociation acharnée et s’être fait expliqué que «Si senor,  yo tengo que cargar diez mil, no menos… » avec une douce voix de négociatrice avisée, nous nous en tirons pour 8,000 pesos, pas si mal. Nous investissons nos quartiers et décidons qu’il est temps de renflouer l’estomac. Nous allons donc à l’un des seuls restaurants, le Mirador, et dégustons pour notre plus grand plaisir l’un des meilleurs saumons qu’il nous ait été donné de manger, directement pêché dans la rivière Baker qui se jette dans le fjord. Un vrai délice. Le reste de la journée est passé à déambuler et profiter des derniers rayons de soleil qui se posent doucement sur les montagnes alentours – la lumière est un peu pourrie pour la photo (dixit Charles), mais c’est quand même ravissant.

...

...

Fin d’après midi, nous découvrons deux nouveaux locataires d’âge mûr d’origine allemande dans notre repère de pirate. La première rencontre est sympathique, nous écoutons le meneur du groupe (de 2) nous expliquer comment il y a 20 ans, « there was nobody! nobody! », de nous raconter ses péripéties dans la région et nous parler des glaciers alentours. Je pense qu’on y aura droit au moins 5 fois en 24h, alors que notre ami va chaque fois manquer de s’étouffer tellement il est essoufflé et s’excite. Pendant ce temps son compère Paulo reste ma foi très mystérieux et silencieux, on voit quand même les yeux bouger de temps en temps nous rassurant sur son encéphalogramme. OK, j’avoue que deux trois fois on l’a presque secoué pour voir s’il bougeait encore… Son compère quant à lui n’a de cesse de crier de manière incessante son nom, ça donne des « Paulo!!! » qui raisonnent le long de nos chères passerelles, et nos oreilles par la même occasion…

...

...

Histoire de finir la journée en beauté, nous allons faire du ravitaillement au magasin du coin (qui ouvre à 16h, on déconne pas avec la sieste par ici) et rencontrons deux belges qui ont établit leurs quartiers dans le camping dit « inondable », fameuse idée quand on sait que Tortel se tape de la pluie à peu près tous les jours de l’année. Et Marino de s’exclamer à chaque deux phrases « c’est vraiment d’l'abus! ». Ils sont venus passer quelques jours et sont maintenant là depuis quasiment 2 semaines, vivant dans l’angoisse d’une pluie abondante et soudaine, mais trop flemmards pour bouger. C’est qu’à Tortel, y’a de l’inertie! Nous passerons un moment avec eux le soir dans leur petit nid de Damoclès, et profiterons d’un paysage qui laisse rêveur, les montagnes enneigées éclairées par le scintillement des étoiles et une lune presque pleine laissant les passerelles se dessiner sous nos pieds. Moment de contemplation, nous sommes heureux.

Le Javier

Le Javier

Deuxième jour, réveil relax et douche avec vue sur le fjord (la mère Louisa fait décidément bien les choses). 11h, Charles fait un peu d’internet (je sais! Internet au bout du monde!) pendant que je suis posé sur… une passerelle (pas vraiment le choix mais c’est très plaisant, je recommande) à gratter de la guitare. Et là, la rencontre de l’année va arriver, je vois Javier s’approcher et me saluer, salut retourné illico, et s’attarder sur ma guitare avec un regard qui en dit long. Pas besoin de s’épancher dans les politesses, je lui passe l’engin et le voilà qui s’excite sur les cordes avec un certain talent. Il voit que ça me plaît, propose de me jouer SA chanson de Tortel, et s’exécute de manière magnifique. A tel point que je prend mon ipod et l’enregistre – vous pouvez d’ailleurs en profiter en écoutant l’enregistrement en ligne. Très rapidement nous sympathisons, Charles nous rejoins, et il est convenu que nous lui rendrons une petite visite de courtoisie le soir même avec de quoi rafraichir les gosiers. Le reste de la journée est assez similaire au premier à quelques variantes près, et nous finissons l’après-midi avec la rencontre de Michelle, qui loge dans l’auberge de Javier (le monde de Tortel est vraiment petit!).

Javier le cuistot

Javier le cuistot

Javier qui se révèle un bon cuistot, et nous fais (surprise) du saumon (je sais, vous l’attendiez pas celle là). OK, il est surgelé et ça vaut pas celui de Sylvia (du resto Mirador), mais c’est quand même très bon et convivial. Nous retrouvons avec un plaisir… discutable nos deux allemands qui sont chacun armé d’une brique de la piquette locale, le fameux « Clos ». L’air de rien ils vont se l’enfiler leur litre de vin chacun, avec des verres à bières remplis à rabord. Même le Paulo montre une activité motrice (à défaut de cérébrale – pas qu’elle existe pas, mais on en a pas vraiment été témoins) particulièrement assidue lors du remplissage et vidage du verre. Ça finira avec de grands cris ponctués de « 20 years ago!!! », « Hey french man! » (ça c’est moi, il a pas vraiment compris que j’avais un nom… mais pour sa défense il se souvient tout de même de mes origines), et de grands coups de poing sur la table. Notre Javier national fait mine de ne pas faire attention et s’empare de la guitare pour nous enjouer la soirée de ses contes et légendes de Tortel. Un superbe moment en bonne compagnie qui se termine dans les vapeurs de vin bon marché et les cordes qui raisonnent dans notre tête. Temps de mettre la viande au torchon, nous attaquons demain matin LA randonnée de Tortel avec Javier et Michelle.

Pause Pisco Sour!

Pause Pisco Sour!

On se retrouve à 10h et nous voilà partis pour la randonnée. Presque. Nous suivons notre joyeux Javier qui fait tout de même un dernier arrêt au magasin fraichement ouvert et prend de quoi adoucir notre épopée. Un pack de 6 bières, non en fait on va en prendre deux de plus (faudrait quand même pas manquer en chemin), et des clopes pour faire bonne mesure. On se regarde avec Charles, « il est complètement fêlé le mec! » :) . Javier nous arrête tous les 30 mètres pour nous raconter l’histoire de Tortel et les potins de tel ou tel habitant, la sortie du village est colorée. Après un gros 15mn de marche sur le sentier, temps de faire la première pause. Ouverture de bière, cigarette… il est 11h. Et Javier s’en donne à cœur joie, et n’en finit plus de raconter des histoires qui sont finalement assez banales mais son enthousiasme et sa bonne humeur nous laissent pendus à ses lèvres. 30mn plus tard, temps de se remettre en route. On marche un autre 30mn, et il est temps de faire la prochaine pause. À la troisième, on a droit à un bon Pisco sour accompagné de sandwichs qu’il a concocté à notre insu avant de partir – adorable ce Javier. Nous pouvons ce faisant admirer une vue panoramique du village et des fjords alentours, une pure merveille. Le reste de la randonnée sera à peu de choses près le même enchainement, les histoires se rallongeant tout de même à mesure que l’alcool fait son effet sur notre hôte (et nous-même d’ailleurs). Bref on mettra un bon 5h à faire une randonnées de… 2h. On s’évitera le calcul douloureux de la vitesse moyenne, très légèrement faussée par les « quelques » pauses sur le chemin. Belle performance!

Aux abords du village

Aux abords du village

Histoire de conclure cette belle journée et parce qu’on l’a quand même bien mérité, nous décidons avec Charles de se soigner au saumon de Sylvia – pas tous les jours qu’on peut manger du saumon sauvage du Rio Baker tout de même! Le ventre est plein et les souvenirs fusent, Tortel fut un grand moment du voyage pour nous deux. Rien qu’à se remémorer ces trois jours, on en peut plus de rire – quelle découverte. Le lendemain est le temps du départ et après un au revoir chaleureux avec Javier, nous voici de nouveau sur la route cette fois en direction de Villa O’Higgins d’où est censé partir un bateau dans 2 jours pour nous faire passer la frontière vers l’Argentine et El Chalten.

Vue du village

Vue du village

Petite parenthèse pour vous parler du transport. Car dans ces régions reculées, ben c’est pas gagné. Nous arrivons à Tortel le lundi. Le prochain bus de Tortel à Villa O’Higgins est le mardi en après-midi, le suivant la semaine suivante. Le problème est que Charles et moi accrochons bien sur Tortel et on se verrait bien passer quelques jours (nous y passerons finalement 3). Faire du stop, on oublie, les voitures n’existent pas. Après avoir longuement discuté avec Diego fraichement réveillé de sa sieste (peu importe l’heure de la journée, nous le vérifierons après une étude scientifique et des visites aléatoires à intervalles réguliers), nous réalisons que c’est pas gagné. Son travail de chargé touristique consiste à distribuer des fascicules. Si on pose une question, il l’ouvre et découvre avec nous son contenu, très utile. Il a quand même une bonne tête le Diego, avec Charles on l’aime bien. Finalement nous découvrons quand même qu’il y a un bus qui passe à 20km de Tortel et rejoins Villa O’Higgins. Faut maintenant juste trouver un moyen de se rendre à l’intersection pour attraper le bus. Javier nous conseille alors de prendre contact avec Pépé (le papa de Diego – vraiment un petit monde!), qui a un pick-up et pourrait nous emmener au croisement moyennant une maigre rémunération de… $30! Ben faut savoir ce qu’on veut dans la vie. Finalement on y arrive, mais c’était du sport. Mon Charles est rassuré, nous allons pouvoir attraper le bateau de samedi et passer en Argentine à la date prévue.

Villa O'Higgins

Villa O'Higgins

7h plus tard et une bonne dose de poussière plus loin, nous arrivons à Villa O’Higgins, dernière étape chilienne. Nous allons loger à l’auberge El Mosco et rencontrer son propriétaire, Jorge, complètement excentrique le pauvre. Le coin est paumé (original) et la ville énorme (500 habitants). La place d’arme (comprendre place principale du village) comme de juste fait la moitié du village. Les gens sont sympa. Le soir, on rencontre César, capitaine du bateau que nous devons prendre dans deux jours, qui nous invite gentiment à nous joindre à lui pour aller à la pêche à la truite histoire de bien conclure la journée. Nous rentrons avec 3 superbes truites (pas grâce à moi je vous rassure) que Jorge va nous faire au BBQ, un vrai délice! Samedi arrive, temps d’embarquer sur le bateau qui nous fait traverser le lac O’Higgins. Nous arrivons à la douane chilienne, obtenons notre tampon de sortie, et une autre aventure commence, la marche.

Traversée du lac O'Higgins

Traversée du lac O'Higgins

Nous devons marcher un bon 22km pour atteindre la frontière argentine, d’où nous prendrons un bateau et une navette qui nous ramèneront à la civilisation. Après maintes tergiversations, nous décidons avec Charles d’attaquer la randonnée avec nos sacs et déclinons la navette. Nous voici donc partis par un soleil de plomb avec notre sac (et guitare dans mon cas) sur le dos. Le tout commence par une ascension de 400m de dénivelé sur 6km avant de rejoindre le plateau d’où nous apercevrons de loin le Fitz Roy, majestueux au fond de la vallée (nous en ferons la montée – voir le prochain post). Nous transpirons à grosses gouttes mais la balade est chouette, et après un bon 4h de marche, rejoignons le lac Desierto qui marque le passage en Argentine. Grosse déception, le ferry censé nous amener à El Chalten ne nous a pas attendu (vraiment vexant!). Consolation tout de même, nous campons à deux pas du poste de douane au bord du lac, avec en vue de fond le Fitz Roy. C’est beau. Le lendemain, nous rejoignons finalement la civilisation comme prévu qui marque la fin de notre superbe épopée sur la carretera austral. Que de souvenirs, définitivement un morceau de choix de mon voyage.

Javier et le fiston

Javier et le fiston

Tagged with:
 

Carretera austral – l’aventure!

Sur la route de Cochrane

Sur la route de Cochrane

Me voilà donc sur la route pour la Patagonie, pays des fjords et glaciers, du froid et du mauvais temps. Deux possibilités, aller au sud par la fameuse route 40 en Argentine, ou bien tracer au Chili et descendre la carretera austral. Cette dernière m’a été décrite comme étant complètement paumée, avec un chemin forestier pour toute route et traversant des villages de pionniers supposés sans intérêt. Le tout arrosé d’une pluie abondante et incessante, avec des bus à fréquence aléatoire. Bref, on sait quand on part mais dur de dire quand et ou on arrive, ni dans quel état. Cette description alléchante finit de me convaincre, je vais prendre le chemin des écoliers, long tout de même de plus de 1,200km. L’aventure démarre donc de Futaleufu, petit village perdu dans les montagnes bordant la frontière chilienne – à une journée de voyage depuis Bariloche.

Du stop en musique

Du stop en musique

Descente du bus, je me renseigne pour savoir à quelle heure part le prochain bus pour le sud. Question mal posée, quel JOUR part le bus… 2 jours d’attente – ca commence bien! Jamais fait de stop, c’est le temps donc d’essayer. Les locaux me regardent bizarrement mais je ne me démonte pas pour autant. Je mets donc mon barda sur le dos et me voilà au bord de la route à attendre le prochain bon samaritain. Qui ne se fait pas attendre, j’attends 10 minutes et voit Manuel s’arrêter avec son pick-up. Il peut me descendre jusqu’à Santa Lucia à 120km au sud, c’est déjà ça de pris. Après une descente en mode « rally » au milieu des montagnes et lacs, la route est absolument magnifique, je découvre Villa Santa Lucia, paumée au fond de la vallée avec des maisons de brocs et un bon 300 habitants – ok, 250. Pas de problème, je me pose au bord de la route, il est midi et après mon premier succès de la journée, je me sens en veine. Mon pouce reste levé un bon 15mn, pas de voitures. Je me décide à m’asseoir. 45mn plus tard, toujours pas une voiture, je sors la guitare et Pink Floyd s’en donne à cœur joie. Au bout d’une heure, 1 voiture passe (WOW). Je me dis qu’elle est pour moi, je l’ai tout de même bien méritée. Ces ingrats ne vont même pas s’arrêter, plutôt ils vont me recouvrir d’une légère poussière ocre. Mais rien n’y fait, je suis motivé! Inutile de préciser que je suis en plein cagnard sans crème solaire (finie la veille), la faim me tenaille l’estomac. L’excitation du départ commence à faire place à une attente frustrante. On dit souvent que faire du stop est fonction de la bonne volonté des gens, ça fonctionne… quand il y a des voitures! Je rencontre Jolly Jumper, pauvre cheval errant sur la route, quelques vaches me regardent avec leur tronche brillante d’intelligence, et je me débat avec la horde de temps qui sont parait-il très populaires en Patagonie (et tenaces les salopiauds).

Villa Santa Lucia

Villa Santa Lucia

2 heures et demi… ras le bol je me dirige vers le magasin du village. Le prochain bus est le lendemain matin, probablement plus sur pour arriver quelque part. Je pose donc mes affaires, sors ma guitare et nous passerons avec le propriétaire du magasin et la horde de gamins du village le reste de la journée au bord de la route à compter les voitures (sur les doigts d’une main quand même), jouer de la guitare et vider des bières. Finalement toute une expérience et l’imprévu du voyage, les gens sont absolument adorables et nous partagerons un très bon moment. La mama me préparera un dîner digne de ce nom avec riz, saucisse et salade de tomates (papa, un vrai délice), et nous finirons la journée sur quelques accords de guitare et le sourire des enfants contents d’avoir de la compagnie. Après une bonne nuit de sommeil pour cuver les bières et me remettre de mes émotions, temps de remettre les voiles au sud. Objectif, rejoindre Coyhaique d’ici la fin de la journée (oui Charles, LE Coyhaique), point central de la carretera austral. Je reprend mon poste au bord de la route, cette fois rempli d’espoir par le bus. Une voiture arrive, à tout hasard je lève le pouce, et la voiture s’arrête! Je fais la connaissance de Julio (Argentin) et Anne-Hélène (Française) qui proposent de me descendre 100km au sud à Puyuhuapi, petit village de pêcheur. De là je me dis que je pourrais toujours attraper le bus pour descendre plus au sud, et en plus faire leur connaissance. J’embarque. Nous partons rapidement dans des discussions passionnantes et variées, ponctuées d’arrêts le long de la route histoire de faire quelques photos et profiter du paysage et du temps (toujours grand beau – est-on vraiment en Patagonie?!). Prochain arrêt, nous manquons de nous faire renverser par LE bus qui arrive à toute berzingue en sortie de virage. Oops, on oublie donc d’arriver à Coyhaique en fin de journée, va falloir réajuster les plans.

Anne-Hélène et Julio

Anne-Hélène et Julio

Nous arriverons finalement à Puyuhuapi pour un déjeuner tardif et poussons un peu après le village au restaurant des eaux thermales, petit coin de paradis fleurit au bord du lac. Vous prenez un superbe lac suisse entouré de montagnes, enlevez les touristes, les grands chalets au bord de l’eau, les bateaux et autres embarcations nautiques, et vous y êtes. Charmant! Après le déjeuner et une bonne dose de soleil, mes deux compagnons ne sont pas fatigués de moi (je sais, incroyable!) et me proposent d’aller voir le glacier voisin avec eux. Cool! Après une marche de 45mn, que nous essayerons de couvrir en 30mn – sans succès, nous pouvons finalement admirer mon premier glacier perché dans un col et source de maintes cascades. C’est un régal, beau, magnifique, les mots manquent. Temps de redescendre, Anne-Hélène décide de prendre les choses en main et nous courrons avec Julio derrière elle histoire de tenir le rythme – insoutenable! Ces derniers ont décidé de poser la tente au pied du glacier, il est temps pour moi de les remercier chaudement après une journée inattendue en excellente compagnie, récupérer mon barda et de faire le chemin vers Puyuhuapi histoire d’y passer la nuit. Il est 20h – j’ai 20km à couvrir en passant par l’autoroute locale (toujours autant de voiture, ça en donne le vertige). Le soleil se couche, je mets mes écouteurs et commence ma marche vers le village.

Mon premier glacier!! :)

Mon premier glacier!! :)

Le soleil couchant se découpe sur les montagnes, l’air est frais mais agréable, la musique parfaite, je suis heureux. Aucune idée de quand je vais croiser une voiture ni ou et quand je vais dormir, mais peu importe je me laisse emporter par la magie du moment. 45 minutes plus tard, toujours pas vu une voiture, mon barda pèse une tonne et le soleil a presque finit de se coucher (malgré mes espoirs que le soleil couchant ne se couche finalement pas complètement, beaucoup plus beau). Ma bonne humeur naïve vacille peu à peu, mais pas grave, je dormirai au bord de la route s’il le faut, j’en mourrait pas. Après réflexion, j’ai rien à manger, ça c’est moins cool. Finalement après une heure à errer sur la route et le dos en morceau – que vois-je… des phares de voiture! Je me pose sérieusement la question de ne pas l’arrêter et de profiter de la nature environnante pour passer la nuit et poursuivre l’aventure jusqu’au bout… mais à la réflexion… non, quand même pas exagérer tout de même! Je m’arme de mon sourire le plus charmant, la voiture s’arrête (sauvé!), et je réalise avec plaisir qu’il s’agit du gardien du parc du glacier qui me propose de passer la nuit chez lui. La nuit est tombée, on se les pèle grave, la proposition est donc acceptée avec plaisir (presque même du soulagement au grand dam de ma fierté d’aventurier). L’arrivée au village se fait une demi-heure plus tard (je vous raconte pas si j’avais dut me taper tout çà à pied, l’enfer…), je m’installe dans mes quartiers, quatre murs avec un matelas (un vrai paradis après la perspective de dormir au bord de la route… ok j’y ai pas vraiment crut pas, mais l’idée m’a quand même traversée l’esprit). Quelques tranches de salami jetées sur du pain, une bière, mon sac trempé (pas vu qu’il pataugeait dans l’eau pendant mon dîner de fortune au bord du lac), et me voilà au dodo après une journée ma foi assez surprenante et sympathique. OK j’ai pas beaucoup avancé au sud mais la rencontre de Julio et Anne-Hélène et nos interminables discussions furent un vrai régal – que nous comptons d’ailleurs poursuivre au bord du lac Puelo proche de Bariloche, ou ils habitent.

Ponton de Puyuhuapi

Ponton de Puyuhuapi

Je pensais partir directement pour Coyhaique (encore) mais décide finalement de passer une journée de plus avec le peu de pesos qu’il me reste (pas de banque bien entendu) et après un réveil tardif et un semblant de petit déjeuner, me voilà au bout du ponton à jouer de la guitare sur le lac, pour finir en beauté la journée avec un tour de kayak sur le lac sous un grand soleil (vraiment des histoires ce soi-disant mauvais temps en Patagonie…!). Lendemain matin, 7h, me voilà finalement dans le bus en route vers Coyhaique (si si, je vous assure!) que je rejoins vers midi après un voyage absolument magnifique alternant entre lacs et glaciers suspendus, une vraie merveille!

Sur la route de Cochrane

Sur la route de Cochrane

Coyhaique, une journée de vacances histoire de définir les prochaines étapes de l’itinéraire… Et après mure réflexion, je me décide à continuer sur la route des écoliers et de garder le cap au sud. Mon guide me quitte puisqu’il ne traite pas de la partie sud de Coyhaique, je me réfère donc aux dires d’autres voyageurs qui m’ont parlé d’un moyen de rejoindre la frontière argentine et El Chalten par le sud de la carretera austral, partant d’un petit patelin qui s’appelle Villa O’Higgins. De là, il devrait y avoir un bateau amenant à la frontière, et un bon 20km de marche dans les montagnes avant de rejoindre la partie argentine. La fleur au fusil, je repars le lendemain donc pour… le sud. Je sais, je l’ai déjà dit! L’aventure en terre patagonienne continue…

Toujours sur la route de Cochrane - vraiment beau!

Toujours sur la route de Cochrane - vraiment beau!

Tagged with:
 

Bariloche – Aux portes de la Patagonie

Vue du lac de Bariloche

Vue du lac de Bariloche

La route de Bariloche passe par la fameuse route des 7 lacs (qui en compte 8 si vous avez bien suivi), le paysage est donc un régal et le beau temps au RDV. Une fois sur Bariloche, je prend mes quartiers à l’auberge 1004 – tout un poème en soi. Située au dernier étage du bâtiment le plus haut de la ville, la vue sur le lac et les montagnes environnantes y est tout simplement extraordinaire. Les photos de coucher de soleil sont prises du balcon. Un endroit qui vaut le détour à lui tout seul. Le plan est donc de passer quelques jours avant de remettre les voiles plus au sud.

Au départ de Cathedral

Au départ de Cathedral

Après une après-midi à relaxer et se balader, je rencontre Mara d’Allemagne avec qui nous prévoyons de faire le « circuito chico » en vélo le lendemain (tour de vélo de 30km). Finalement le lendemain matin, temps pourri. Pour le vélo, on repassera. Cela dit on prend notre petit déjeuner avec Cécile et Thomas, qui eux partent pour 3 jours de randonnées dans la montagne avoisinante. L’idée est alléchante malgré le temps (toujours aussi pourri), nous décidons donc de suivre nos deux amis et après une heure à courir dans tous les sens pour faire le sac et les courses, nous voici donc en pistes pour 3 jours de marche dans la boue! Merveilleuse perspective, vraiment. Le départ de la station Cathedral se fait dans la brume – on est pas bien, vraiment.

Vue du refuge de Frey

Vue du refuge de Frey

Nous marchons donc toute l’après-midi, profitons d’éclaircies passagères pour nous régaler du spectacle des lacs et montagnes qui nous entourent. Après un bon 4h, nous arrivons au refuge Frey, notre étape pour la nuit. Dans mon élan « nature », j’ai décidé d’emprunter une tente histoire de vivre l’expérience jusqu’au bout. Pas malin des fois. Donc au lieu de dormir dans le refuge, au chaud, dans un lit, je me tape une nuit en tente sous la pluie sans tapis de sol avec des vents de 40-50km/h. La température frôle le 0, logique. Vu que j’ai pas de tapis de sol j’utilise ma couverture de survie pour isoler, que je met dans le mauvais sens bien entendu (pareil, jamais j’aurais crut qu’il y avait un sens!), donc qui m’isole de la chaleur. @#$%!!!. Et comme Mara a eut l’excellente idée de nous faire trinquer à la bière locale pour clore le premier jour de rando (Berliner, excellente en passant), je suis obligé de me lever à 3h du mat (après une bataille féroce avec moi-même – dont vous devinerez l’issue…) histoire de vidanger. Conclusion, je déteste le camping, c’est vraiment pas mon truc (désolé Claire et Wil, c’est comme ça). Je préviens donc le groupe, pas moyen que je dorme en tente la prochaine nuit, je prend d’office une place en refuge même si c’est la dernière.

Arrivée au sommet

Arrivée au sommet

Lendemain matin, grognon. Nous nous mettons en route dans un ciel de brume avec tout de même quelques rayons de soleil et même un arc en ciel. Là, on monte et pas qu’un peu – ils ont pas vraiment compris le concept des tunnels je pense. Donc on monte un pic, on le descend, on reprend les mêmes et on fait le pic suivant, et ainsi de suite. Après la première heure et demi, le GPS nous indique que nous venons de nous taper 700m (à vol d’oiseau). C’est encourageant, il nous reste juste un peu plus de 7km. Sur ce la pluie se met à redoubler et nous atteignons rapidement un état d’humidité digne d’une couche Pampers (usagée il va sans dire…). Rajoutez à ça la marche dans des marécages et champs de boue et le tableau est presque complet. Presque puisqu’alors que nous attaquons le dernier pic et atteignons les 2,000 mètres, la pluie se transforme logiquement… en neige! Yep, le processus est le même dans l’hémisphère sud je confirme. Donc en plus d’être complètement trempé on se les pèle – génial le grand air. Petite pensée pour ma chère tante Simone qui serait paniquée à ce stade de l’expédition.

Sur le chemin du retour

Sur le chemin du retour

Finalement nous arriverons quelques 6h plus tard à bon port, au refuge Jakob du lac du même nom (je pense d’ailleurs que c’est le refuge qui a pris le nom du lac et non l’inverse… à vérifier). Petite cerise sur le gâteau tout de même, le chemin aux abords du refuge est coupé par un torrent (plein d’eau, logique), et pas de pont (toujours plus sympa). Alors que les autres se demandent comment passer cette nouvelle épreuve humide, mon sang ne fait qu’un tour et je me lance dans la traversée les pieds dans l’eau. Premier pas sur la rive, je m’enfonce dans la boue jusqu’au genoux – le bain de pied est donc plus qu’indiqué. Je précise tout de même que mes pompes étaient aussi humides que le torrent AVANT la traversée, le différentiel était donc superflu. Les autres (qui ont quant à eux les pieds encore secs – aucune idée comment ils ont fait) se décident à traverser, les chaussures… à la main. Le temps dans le refuge sera consacré au séchage de nos pauvres vêtements, et nos âmes qui ont également pris la flotte. La nuit au sec est un vrai régal, et nous nous remettons en selle le lendemain matin frais et reposés, les pieds dans l’eau dans mon cas, pas eu le temps de sécher. La descente vers Bariloche va se faire tranquillement, avec tout de même quelques passages dignes de la veille, notamment un torrent au-dessus du vide avec une ligne de vie pour unique support. Et un pont sur le point de rendre l’âme – une personne à la fois SVP. Arrivée à l’auberge, bière, on souffle, la vue est belle et comme pour nous narguer, le soleil est de retour. Si j’étais parano, je dirai qu’il s’est fait un malin plaisir de s’éclipser le temps de notre randonnée…

Circuito chico

Circuito chico

Lendemain, c’est repos pour tous – journée libre. Après un réveil très tardif, je fais un tour au supermarché du coin histoire de nourrir son homme (saucisson de survie et les à côtés), j’attrape un bus et vais me reposer sur une petite plage charmante à 20km de la ville. Là sur mon rocher faisant face au lac de Bariloche, je sors ma guitare et laisse mes doigts se détendre sur les cordes en même temps que j’emmagasine soleil et chaleur. Un plaisir après les derniers jours. Et nous finirons d’honorer les lieux le lendemain avec circuito chico, tour de vélo que nous étions censé faire le premier jour. Vous pourrez vous en donner à cœur joie avec les photos, c’est tout simplement magnifique et le temps nous fait finalement honneur. Bon la partie moins sympa, c’est que faut se taper les côtes, mais le bon côté est que logiquement quand on monte… ben on descend après! Petite crevaison, cellule de crise, réparation et nous voilà repartis. On va éviter le cheval pour les deux prochains jours, mais dans l’ensemble une super journée qui sonne la fin de mon bref séjour dans les environs. Le temps est annoncé beau pour la prochaine semaine, temps de mettre le cap au sud qui d’habitude est pluvieux la plupart du temps. Après une dernière journée en ville histoire de faire quelques courses et vider les dernières bouteilles avec les amis, il est temps pour moi de remettre mon sac sur le dos (aouch! ca fait mal!).

Tagged with: